Angèle Dubeau pour une dernière fois sur scène

 

Le public québécois entretient une relation bien particulière avec Angèle Dubeau, au point de l’appeler par son petit nom « Angèle » lorsqu’il la rencontre. Après 40 ans de carrière, la violoniste qui a démocratisé la musique classique a choisi de mettre fin à la vie épuisante de la tournée. C’est loin d’être une « crise de la quarantaine », la musicienne a bien réfléchi avant d’annoncer sa décision.

« C’est un adieu de tournée. Je vais rester violoniste. Ce que je veux c’est du temps, c’est une denrée très rare pour moi. Je vais penser à moi. Je vais me mettre à faire un peu plus de yoga. Le corps est usé et moi je veux jouer encore du violon. Si je ne diminue pas mon horaire, je vais me faire mal pas mal plus vite », confie la femme de 55 ans, dont le 41e album sortira en octobre.

Angèle Dubeau entamait samedi, une courte, mais intense, tournée dans une trentaine de salles du Québec. Intitulé Pour une dernière fois, ce spectacle sera l’occasion pour la musicienne de dire merci à son public, qui a toujours été très fidèle, mais aussi aux diffuseurs avec qui elle a développé une belle relation pendant toutes ces années. Toutes catégories confondues, elle a été l’artiste qui est le plus souvent allée dans leurs salles. Le public de la région aura la chance de la voir à l’œuvre avec son orchestre La Pietà le 29 septembre à la salle Pauline-Julien, à Sainte-Geneviève, ainsi que le 12 novembre à la salle Albert-Dumouchel, à Salaberry-de-Valleyfield.

«  La discipline d’un musicien ressemble beaucoup à celle d’un sportif. Non seulement ça, mais ce sont des mouvements de répétition. Le corps est usé et moi je veux jouer encore du violon. »

Survol d’une carrière

Pour ce spectacle avec La Pietà, elle est allée piger dans son large répertoire : Ludovico Einaudi, Antonio Vivaldi, Philip Glass, François Dompierre, Joe Hisaishi, Max Richter (sujet principal de son prochain album) sont quelques-uns des compositeurs desquels elle a choisi des œuvres pour ce dernier rendez-vous avec le public. Ce qui donne en quelque sorte un portrait de ses projets, de sa carrière, mais aussi de sa vie. « Je sais que le public va aimer, mais aussi ce sont des œuvres marquantes pour moi. Les gens vont avoir une grande diversité et l’émotion va être là », lance-t-elle.

Les spectateurs auront également droit aux pièces Smile, du film Modern Times, ainsi que Mon amie Max, de la trame sonore composée par François Dompierre du film du même titre. Ces deux morceaux se trouvent d’ailleurs sur les albums Silence on joue 1 et Silence on joue 2. Ce dernier étant en nomination à l’ADISQ, cette année, dans la catégorie Album de l’année – Classique – Orchestre et grand ensemble, la musicienne pourrait remporter son 16e Félix en carrière. Cette nomination est bien la preuve de l’ampleur de son talent, mais aussi de sa grande présence sur la scène musicale québécoise et du travail qu’elle a accompli pour rendre la musique classique accessible.

Le classique plus sexy

« Quand j’ai commencé, les musiciens classiques ne parlaient pas sur scène. À mes débuts, à 14 ans, dans mes premiers concerts je parlais, c’était comme une petite révolution. Je voyais qu’en perçant la bulle et en faisant le geste de m’approcher des gens, automatiquement ma musique était plus près d’eux. Mes programmes, je les ai toujours conçus pour que l’enrobage soit plus accessible. J’ai toujours vu mon choix de répertoire sans limites. Une bonne musique, c’est une bonne musique », de raconter Angèle Dubeau.

Avec des projets plus accessibles, comme les deux opus Silence on joue où elle interprète des musiques de films et d’émission comme Game of throne et Downton abbey, ainsi qu’en réinterprétant des musiques de jeux vidéo, la musicienne a fort probablement fait découvrir la musique classique à de nombreuses personnes. Dans les prochaines semaines, lorsqu’elle restera pour rencontrer son public après le spectacle, comme elle le fait depuis 40 ans, ils seront nombreux à vouloir lui dire de vive voix : Merci Angèle!

« Mon 39e album, c’était un portrait de Ludovico Einaudi, qui d’ailleurs a dépassé les 15 millions de streams dans le monde. C’est extraordinaire. Il  y a un point positif avec le streaming, que tous les musiciens devraient se répéter, c’est qu’il ne s’est jamais écouté autant de musique qu’aujourd’hui. »

 

 

 

 

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