Les deux ukulélés

Lundi dernier; fête de la Reine, de Dollard ou des Patriotes, on ne le sait plus… L’important, vous me direz, c’est que vous aviez congé. Je roulais sur mon « scooter ». (Oui, je le sais. J’ai pogné une bulle il y a de ça deux semaines et je me cherche plein d’excuses pour rouler avec.)

Sans but précis, je débarque sur la rue Monkland à Montréal dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Un beau petit coin de l’île où l’architecture est un peu à l’anglaise et où les petites boutiques originales pullulent. Sur le trottoir, devant un magasin de bonbons, deux jeunes d’environ douze ans jouent du ukulélé et, devant eux, leur étui est rempli de petite monnaie. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un ukulélé, c’est l’équivalent d’une guitare qu’on aurait laissé trop longtemps dans la sécheuse.

Je donne une pincée de monnaie aux deux musiciens recrus et ils prennent le temps de me dire : « Merci beaucoup monsieur, bonne journée! » Je suis impressionné par leur gentillesse, mais ce n’était que le début. Un homme, visiblement ivre et dépareillé, s’approche des deux comparses et leur demande comment ils ont fait pour ramasser autant de monnaie. Un des jeunes répond : « On joue de la musique et on sourit, c’est tout. » L’autre jeune s’approche du clochard et lui tend quelques pièces de monnaie. Ce dernier les remercie et s’en va. Tous les témoins se sont avancés pour dire aux enfants à quel point leur geste était exceptionnel et à leur tour, ces passants leur ont donné encore plus d’argent.

Je me serais cru dans une fable, mais tout ça s’est bien déroulé à Montréal le 19 mai 2014 et pour moi, maintenant, cette journée n’est plus celle des « Patrio-Reines », c’est la journée des jeunes joueurs de ukulélés.

À propos de l'auteur

Etienne Dano

Chroniqueur

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