En santé, notre bande dessinée?

JDL BD Québec_wbL’air de rien, ce week-end en sera assurément un historique pour la bande dessinée québécoise. Alors que l’adaptation cinématographique de Paul à Québec sort en salle, Maryse Dubuc et Marc Delafontaine lancent, quant à eux, le septième tome de leur excellente série Les Nombrils, dont deux films sont en préproduction. Ces deux séries phares contribuent indéniablement à initier de nouveaux lecteurs au médium et à susciter (enfin) l’intérêt des médias. Malgré une apparente vitalité – après tout, une dizaine d’événements annuels lui est exclusivement consacré – qu’en est-il de ce fameux « âge d’or » de la bande dessinée québécoise dont plusieurs parlent?
Certes, la BDQ compte une quinzaine d’éditeurs spécialisés (La mauvaise tête, Mécanique Générale, Front Froid, Lounak, Pow Pow, Vent D’Ouest, L’Oie de Cravan, Glénat Québec) et généralistes (Boomerang, Michel Quintin, Québec Amérique, Perro Éditeur, etc.). Mais, outre les éditions La Pastèque et Presses Aventure (avec la série jeunesse à succès L’Agent Jean), les éditeurs francophones locaux peinent à vendre 500 exemplaires d’un titre.
Au-delà de la forte concurrence des marchés européen et américain – carrefour culturel oblige! – comment peut-on expliquer cet immobilisme? À l’éducation. Celle des libraires, bibliothécaires, enseignants, organisateurs d’événements et journalistes qui ne savent pas comment aborder le médium, mais aussi à celle d’éditeurs. Car si plusieurs impriment des albums, trop peu en éditent. Aux lecteurs potentiels qui, pour des considérations budgétaires, idéologiques, temporelles ou identitaires (se reconnaissent-ils dans leur BD comme dans leur cinéma, théâtre et télévision?), passent leur chemin.
Bien qu’elle affiche un indiscutable et réjouissant dynamisme, la BDQ demeure néanmoins en quête de lecteurs. En serez-vous?

À propos de l'auteur

Jean-Dominic Leduc

Chroniqueur

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1 commentaire

  1. Albatorak

    Et si le vrai problème était… 1) les sujets abordé … 2) la qualité visuelle des produits qui ne plait pas à un large auditoire… Considérons un instant cette possibilité, même si elle déplait aux créateurs et leurs lecteurs! C’est comme au cinéma, s’il y a 8 films à l’affiche, le cinéphile choisira celui qui correspondra le plus à son goût.

    https://surlatabledechevet.files.wordpress.com/2014/07/capture-d_c3a9cran-2015-09-12-c3a0-21-09-47.png

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