Vivre des succès avec l’adaptation scolaire

Dans le cadre du 50e anniversaire de l’école secondaire de la Cité-des-Jeunes, VIVA média se penche sur le volet adaptation scolaire de l’établissement, un secteur non négligeable de l’organisation scolaire qui aide l’élève en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage à réussir sur le plan de l’instruction, de la socialisation et de la qualification.

À l’école secondaire de la Cité-des-jeunes, l’adaptation scolaire dénombre en 2015-2016 220 élèves âgés de 12 à 21 ans. Ces derniers cumulent deux années ou plus de retard scolaire.

« L’adaptation scolaire est une voie qui permet de faire les apprentissages des programmes officiels du Ministère en évitant la pression du rythme des classes ordinaires et en permettant à l’élève de vivre des réussites », souligne François Pelletier, directeur adjoint du secteur de l’adaptation scolaire et des parcours de formation axés sur l’emploi. Cette transition est essentiel, puisque ces élèves ont vécu plusieurs échecs et en ont parfois perdu la motivation de s’investir dans leurs apprentissages.

Sur les 17 groupes d’adaptation scolaire, 8 sont formés d’élèves suivant des cours du premier cycle du secondaire (et dans la moitié de ces groupes, on doit faire un retour sur certaines notions du 2e ou 3e cycle du primaire). Ils concentrent leurs efforts sur les matières telles que le français, les mathématiques et les sciences, tout en ayant la possibilité de s’investir dans des concentrations en art et multimédia, éducation physique et plein air de même que cuisine du monde.

« Ces élèves ne vivent pas de performance académique, mais parfois, ils excellent ailleurs, en arts ou en cuisine par exemple. L’adaptation scolaire leur permet de vivre des succès. Il faut les convaincre qu’ils sont bons et qu’ils valent autant qu’un autre élève », partage Chantale,  enseignante d’arts et multimédias en adaptation scolaire. L’enseignante ajoute qu’en adaptation scolaire, les enseignants dotent leurs élèves d’outils qui leur seront utiles dans la vie, davantage que dans le programme régulier du secondaire.

Pourquoi enseigner en adaptation scolaire? « Parce que je crois en eux. Je veux amener chaque élève au maximum de ses capacités », souligne Véronique Léger, enseignante d’adaptation scolaire.

Parcours axé sur l’emploi

Si l’élève en adaptation scolaire réussit ses cours de deuxième secondaire, il peut réintégrer le programme régulier. À la Cité-des-Jeunes, 40 % des élèves inscrits en adaptation scolaire réintégreront les classes régulières. S’il est âgé de plus de 16 ans, l’élève peut s’inscrire à la formation aux adultes. Par contre, si, à 15 ans, l’élève n’atteint pas ces acquis, il est orienté vers une formation axée sur l’emploi.

L’élève qui n’aura pas réussi sa deuxième secondaire est orienté vers le programme FMS, Formation à un métier semi-spécialisé (deux groupes à la Cité-des-Jeunes). Ils y suivent des cours de français, de mathématiques et d’anglais, en plus de cours préparatoires au marché du travail.

Les élèves sont également amenés à faire un travail d’introspection : ils identifient leurs caractéristiques personnelles et leurs champs d’intérêt. Ils choisissent ensuite un métier parmi 150 choix (mécanicien, cuisinier, boulanger, commis, préposé à la marchandise, aide-coiffeuse, etc.). Ils seront placés en stage progressif dans une entreprise de la région. Au terme de leur formation, ils devront avoir accompli 66 jours de stage, soit 375 heures, afin d’obtenir un certificat du Ministère de l’Éducation. Plusieurs seront même embauchés après leur stage.  Pour certains, cette formation est une porte d’accès directe à un diplôme de formation professionnelle. En 2014-2015, 11 élèves sur 35 ont accédé au DEP après le FMS.

Si l’élève âgé de 15 ans n’a pas obtenu les acquis de 6e année du primaire, il est orienté vers le programme FPT, Formation préparatoire au travail (cinq groupes à la Cité-des-Jeunes). « Il s’agit d’élèves qui ont, entre autres,  des troubles graves d’apprentissage, des déficiences légères ou une dysphasie grave », partage Ronda , orthopédagogue de formation et responsable des stages pour les élèves inscrits en FMS et FPT.

Dans ce programme, les élèves apprendront des compétences de travail et peuvent développer des compétences dans un ou deux métiers parmi les 150 possibilités. Au total, ils doivent cumuler 900 heures de stage sur trois ans .  Certains cours du programme permettent également aux élèves d’acquérir des connaissances nécessaires à leur vie adulte, entre autres dans le cadre du cours « Autonomie et participation sociale ».

Les classes DIM

Le secteur de l’adaptation scolaire à la Cité-des-Jeunes compte également deux groupes DIM regroupant des élèves ayant des incapacités intellectuelles moyennes à sévères. « Ce sont les meilleures classes de toute l’école. Les enseignants se battent pour les avoir », souligne Johanne Ratelle, qui enseigne les arts, les sciences, l’éducation physique et qui supervise les stages des classes DIM. Attachants, souriants, les élèves des classes DIM sont de véritables baumes pour le cœur pour les enseignants.

Ils suivent des cours de français, de mathématiques et de milieu de vie. Ils apprennent à accomplir les tâches nécessaires à l’entretien d’une maison. L’objectif est d’atteindre un certain niveau d’autonomie. Après 21 ans, ils pourront recevoir l’aide des Services de Réadaptation du Sud-Ouest et du Renfort, qui les aideront à trouver un emploi, selon leurs capacités . L’école travaille de concert avec plusieurs organismes de la communauté à permettre une transition de l’école vers la vie active qui soit harmonieuse pour les élèves tant dans les classes DIM que dans les parcours de formation axés sur l’emploi.

Cours de cuisine

En plus de leurs cours de base, les élèves en adaptation scolaire suivent des cours de cuisine enseignés par un expert, M. Reilly, détenteur d’un brevet d’enseignement et diplômé de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. À même une grande cuisine de type commercial, les élèves cuisinent du poulet chasseur, des tartes aux pommes, des pâtés… ce dont peu de jeunes de cinquième secondaire, et parfois même de niveau collégial, peuvent se vanter!

Ce qu’ils cuisinent, les élèves le vendent sur l’heure du dîner au café-étudiant  du pavillon Lionel-Groulx. Parfois, ils peuvent même ramener quelques plats à la maison, ce dont ils sont très fiers.

 

S’il est vrai que l’adaptation scolaire rassemble des élèves présentant de grandes difficultés d’apprentissage, les enseignants sont témoins de nombreuses histoires de succès. « Nous avons un élève qui est devenu mécanicien, une autre qui est devenue coloriste dans un salon de coiffure », conclut Ronda . L’adaptation scolaire peut aussi être  la porte qui mène à un emploi honorable.

Pour en savoir plus sur le secteur de l’adaptation scolaire, visionnez la vidéo produite par les élèves et que l’on retrouve sur YouTube, sous l’appellation PROJET EHDAA.

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *