Un coup de pouce aux vignerons qui est bienvenu

Photo Stéphanie Lacroix
Photo Stéphanie Lacroix

Serge Primi, propriétaire de Côte de Vaudreuil, est l’un de ces vignerons qui se réjouissent de la mise en application du programme d’aide aux vignerons pour la commercialisation de leurs produits. Ayant soumis son vin Tango 2012 à la Société des Alcools du Québec (SAQ) au mois de février, les bouteilles sont disponibles sur les tablettes depuis octobre.

« Si je n’avais pas le programme gouvernemental, je ne pourrais pas vendre à la SAQ. C’est écrit noir sur blanc dans le ciel. Toutes les provinces avaient un programme de soutien, c’est le Québec qui était à la traîne. Enfin, on a un programme de soutien. Maintenant, on a un beau soutien du gouvernement », lance Serge Primi ajoutant que si l’on veut une expansion de l’industrie viticole au Québec, c’est une question de volonté gouvernementale.

Le processus pour faire entrer un vin à la SAQ a pris six mois. Malgré que cela soit long, Serge Primi s’est aussi replongé dans la paperasse pour son vin blanc Côté Plateau, en août dernier. Si les délais sont les mêmes, les bouteilles pourraient être autorisées et faire leur entrée en succursale au mois de février 2017.

«Il faut remplir tous les formulaires et fiches techniques. Il faut fournir des échantillons. Ils font une analyse de dégustation complète, c’est-à-dire visuelle, olfactive et gustative et une analyse en laboratoire de la SAQ. Après, on passe à l’étape emballage et les codes-barres à obtenir. Il faut qu’on rencontre la réglementation de la SAQ », explique Serge Primi à propos de ce long processus.

Relations publiques

Les propriétaires de vignobles sont tributaires de deux éléments critiques. D’abord, la productivité de la vigne. Ensuite, la commercialisation des produits. En ayant accès à la SAQ et bientôt au marché des épiceries, la tâche sera un peu plus facile que lorsqu’ils avaient seulement le droit de vendre leurs produits au vignoble. Cependant, le travail des producteurs de vin ne sera pas de tout repos, même en dehors du temps des vendanges.

Bien que le vin Tango 2012 soit autorisé par la SAQ, Serge Primi et le directeur du vignoble Robin Kristner doivent maintenant convaincre chaque direction de succursale d’en commander et d’en mettre sur ses tablettes. La Loi 88 du ministre Carlos Leitao, adoptée l’été dernier et dont l’entrée en vigueur devrait se faire d’ici Noël, donne l’autorisation au titulaire d’un permis de production artisanale de vendre et de livrer des boissons alcooliques qu’il fabrique, autres que les alcools et spiritueux, au titulaire d’un permis d’épicerie. Encore une fois, Serge Primi et Robin Kristner devront faire une tournée des épiceries pour négocier l’entrée de ses produits en magasin.

« Ils ont donné l’accès aux vignobles québécois de vendre aux épiceries sans majoration de la part de la SAQ. C’est à moi de négocier mon prix avec l’épicerie. Les épiceries vont dire la marge dont ils ont besoin. Il faut que je respecte les forces du marché. Si mon vin peut se vendre 18 $, l’épicerie pourrait être prête à me payer 14 $ ou 15 $ la bouteille. À ce moment-là tout le monde va être content », ajoute Serge Primi.

Retombées

Aussi long que le chemin de la bouteille pour se rendre sur les tablettes de la SAQ, le chèque pour la vente des bouteilles aura aussi une longue route à faire. En effet, les vignerons envoient leurs bouteilles en consignation à l’entrepôt de la SAQ. Ils reçoivent un premier paiement lorsqu’une succursale commande des bouteilles, soit environ 6 $ par bouteille dans le cas du vignoble Côte de Vaudreuil. Ensuite, pour la contribution gouvernementale relevant du programme d’aide, il faudra attendre que le vin soit acheté par le client.

« Je ne m’attends pas à recevoir des paiements mirobolants avant quelques mois. Après ça, quand il va être vendu en succursale, il va falloir que j’attende après la bureaucratie gouvernementale. J’avais fait des calculs. C’est pareil que si je donnais 22 % à 24% à quelqu’un pour vendre mes bouteilles. C’est acceptable. Grosso modo ça devrait être dans le même ordre de grandeur pour les épiceries. Si l’on nous donne accès à un réseau de distribution, on va pouvoir vivre et augmenter notre production, augmenter la surface des vignobles, ce qui va faire en sorte qu’on va être plus compétitifs. Ça va faire boule de neige », conclut Serge Primi, qui est très heureux des nouvelles possibilités qui s’offrent à lui pour commercialiser ses produits.

 

Voir aussi:

L’émission Les deux pieds d’dans tournée pendant les vendanges au vignoble

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