TransCanada: Forte participation citoyenne

Les citoyens présents en grand nombre ont écouté avec attention les interventions des conférenciers experts.
Les citoyens présents en grand nombre ont écouté avec attention les interventions des conférenciers experts.

Plus du double des citoyens attendus à la séance d’information sur le projet Énergie-Est se sont finalement rendus à Rigaud le 14 novembre, pour entendre les conférenciers et acteurs de la région s’exprimer sur ce projet hautement controversé.

La semaine dernière, plus d’une centaine de Vaudreuil-Soulangeois se sont rendus à l’Édifice Paul-Brasseur de Rigaud, à l’invitation du député fédéral Jamie Nicholls et du groupe Citoyens au courant, pour en apprendre davantage sur les enjeux liés au projet d’oléoduc Énergie-Est de TransCanada.

Sur place, des propriétaires potentiellement visés par le tracé de l’oléoduc, des citoyens intéressés aux questions environnementales, ainsi que certains élus, dont le préfet de la MRC et maire de Très-Saint-Rédempteur, Jean Lalonde, ont écouté avec intérêt les différents intervenants invités.

Pour le regroupement Citoyens au courant, cette soirée était essentielle pour que les gens de la région aient accès à des renseignements qualité. « TransCanada PipeLines ne devrait pas être notre seule source de renseignements sur un projet qui pourrait changer nos vies », a laissé entendre Katherine Massam, membre du groupe, remerciant du même coup le député fédéral et les conférenciers, l’ingénieure géo-environnementale Rosa Galves, et l’avocat en droit de l’environnement Alexandre Desjardins.

De précieux renseignements

La soirée a débuté par une intervention du député fédéral Jamie Nicholls. L’élu a rappelé l’importance que son parti accorde à la transition vers les énergies vertes. Il a également refusé que le projet Énergie-Est nuise aux communautés à l’échelle locale : « Non, nous ne sacrifierons pas les générations futures simplement pour permettre aux compagnies pétrolières de faire du profit sur le dos des Vaudreuil-Soulangeois, des Québécois et des Canadiens. Non, non et non ! », a-t-il lancé.

Par la suite, Rosa Galves a partagé son expertise technique et a abordé les défis techniques de l’exploitation du pétrole non conventionnel issu des sables bitumineux. Elle a mesuré les impacts néfastes d’un éventuel déversement, en déclinant les divers composés du pétrole et leurs effets sur l’environnement et la santé. « Au Canada, il y a beaucoup de milieux humides. Ces milieux sont une partie essentielle de tout l’équilibre écologique. Dans le cas d’une fuite, ils retiennent extrêmement bien les contaminants », a-t-elle souligné.

« Pour produire un baril de pétrole de l’Alberta, il faut 40 barils d’eau. » — Rosa Galves.

L’ingénieure a également parlé des occurrences de fuites, de bris et de déversement. « Au Canada, 60 % des bris sont dus à la corrosion », a-t-elle annoncé.

Pour sa part, Alexandre Desjardins, du Centre québécois du droit de l’environnement, a mis en perspective les retombées du projet pour les municipalités : « Pour les municipalités et les communautés locales, il y a beaucoup de contraintes et de risques, mais peu de retombées », a-t-il dit. Il a aussi abordé divers points importants à considérer pour les propriétaires qui devront négocier avec TransCanada le passage de l’oléoduc sur leur propriété.

La présence de plus de 100 citoyens à cette séance d’information démontre l’intérêt grandissant et la vigilance des Vaudreuil-Soulangeois relativement à ce projet déterminant pour l’avenir.

Par Stéphanie Lacroix

Stéphanie Lacroix

Jamie Nicholls talonné

Le projet Énergie-Est de TransCanada Pipelines mobilise de nombreux citoyens et acteurs locaux. Le regroupement engagé Citoyens au courant a aussi des questions pour le député de Vaudreuil-Soulanges, Jamie Nicholls.

En marge de la conférence tenue vendredi dernier, des membres de Citoyens au courant se questionnent sur la position du député et de son parti, le Nouveau Parti démocratique sur la question des oléoducs sur le territoire canadien. Selon eux, l’opinion de Jamie Nicholls sur le projet de TransCanada n’est pas claire. « Il dit être contre Énergie-Est, mais il ne semble pas être opposé à la présence d’un pipeline qui traverse le Canada d’ouest en est », lance Katherine Massam de Citoyens au courant.

Interpellé, Jamie Nicholls précise son point de vue : « Je ne suis pas fondamentalement opposé aux pipelines, mais les changements législatifs apportés en 2012 par le gouvernement Harper pour la conduite des processus des projets environnementaux m’empêchent d’appuyer Énergie-Est. De plus, je suis pour une transition vers l’utilisation des énergies vertes. L’expansion des sables bitumineux et son exportation vont à l’encontre de mes valeurs. » D’autre part, son parti et lui tolèreraient la présence d’un pipeline qui traverserait le pays d’ouest en est si celui-ci servait uniquement au marché canadien.

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