Tina Struthers – Se renouveler sans cesse pour créer encore plus

Tina Struthers. Une femme magnifique, une artiste colorée et engagée. (Photo Studio Bouguerra)
Tina Struthers. Une femme magnifique, une artiste colorée et engagée. (Photo Studio Bouguerra)

Des robes de mariée romantiques, des tenues de bal magnifiques, des costumes de théâtre extravagants. Il n’y a aucune pièce que Tina Struthers n’a pas cousue, ni un doigt qu’elle n’a pas piqué au cours de ses 18 ans comme styliste et couturière.

Il n’y a pas d’élément qu’elle aime créer plus qu’un autre, mais elle sait très bien lequel elle n’aime pas du tout. « Je déteste les rideaux », s’exclame-t-elle. « Je suis une fanatique des ourlets. C’est une des choses les plus simples, mais aussi des plus terribles. »

La jeune résidente de 37 ans de Vaudreuil-Dorion coud depuis l’âge de six ans. Elle adore le processus de création, envisager comment un vêtement prendra forme à partir du crayon et du papier jusqu’à l’aiguille et le fil. Chaque création est unique : le tissu choisi à la main et le vêtement fabriqué sur mesure.

« Le tissu, c’est quelque chose de vivant », dit-elle. « Il faut voir ce qu’il veut faire. Dès que vous commencez à vous battre avec, c’est foutu, vous allez perdre. »

Tina, son mari et leurs deux enfants sont à Vaudreuil-Dorion depuis trois ans et font partie de la communauté. En plus de prendre des commandes de vêtements sur mesure, Tina est engagée dans les activités culturelles et artistiques de sa ville.

Une artiste engagée

« Je vois Tina comme une force de la nature », raconte Michel Vallée, directeur des services des arts et de la culture à Vaudreuil-Dorion. « Par sa seule présence, elle fait grandir son milieu et amène les citoyens de Vaudreuil-Dorion sur le chemin de leur propre développement et du développement de leur communauté. »

Tina a présenté son premier projet artistique à la ville en 2012, incorporant la sculpture et la peinture dans ses projets de couture. Ses doigts portent souvent les séquelles de son travail : une petite ecchymose sous un ongle, des taches d’encre noire sur le bout de ses doigts. Il y a toujours un projet à réaliser et une idée à développer.

« Vous êtes seulement aussi bon que le projet sur lequel vous travaillez dans le moment présent. Vous devez regarder en avant, anticiper l’étape suivante. Je suis motivée par les défis. »

Un bel accident de parcours

Déménager à Vaudreuil-Dorion posait un problème particulier : bien que bilingue en anglais et en afrikaans, Tina ne parlait pas français. Elle s’est inscrite à des cours de français à temps plein et a fait du bénévolat à l’école de ses enfants afin de le pratiquer. En fin de compte, c’est ainsi qu’elle a fait la découverte du milieu culturel de Vaudreuil-Dorion. Elle a non seulement fait partie de la communauté, mais a contribué à la façonner.

« Il y a de l’énergie à Vaudreuil-Dorion. Je trouve cela très excitant. Il y a un buzz, il y a toujours quelque chose qui se passe », dit-elle.

Pour la première fois de sa vie, Tina a fait des plans pour un projet qui ne se réalisera que dans deux ans. Pour quelqu’un habituée de vivre d’un projet à l’autre, c’est tout un événement.

« Je crois que je suis enfin grande, » dit-elle en riant.

Il y a une bonne raison pour laquelle Tina n’est pas habituée de planifier à l’avance. Elle a déménagé 13 fois dans sa vie et a vécu sur trois continents différents. Bien que certains déplacements aient été planifiés et prévus, beaucoup ne l’ont pas été, par exemple son déménagement à Vaudreuil-Dorion, que Tina décrit comme étant le meilleur accident à lui être arrivé.

De nouveaux départs

Son mari, Gerard Struthers, est un ingénieur aérospatial. La nature de son emploi les a amenés à quitter leur pays d’origine d’Afrique du Sud pour faire un bref passage en France avant de retourner en Afrique du Sud, avant de se retrouver enfin au Canada.

Mais cela n’a pas empêché Tina de s’intégrer avec succès partout où elle s’installait, et d’apprendre des compétences différentes qu’elle a appliquées à son travail à Vaudreuil-Dorion. Pendant son séjour à Pretoria, en Afrique du Sud, elle a travaillé dans le milieu de la vente au détail, où elle s’est retrouvée éventuellement comme directrice régionale de la région du KwaZulu-Natal.

Après avoir déménagé à Bredasdorp, sur la côte ouest, son entreprise est née après qu’une voisine ait appris qu’elle savait coudre. Son entreprise a augmenté de façon exponentielle au cours des quatre années suivantes, nécessitant éventuellement deux employés à temps plein et un à temps partiel, sans compter les mannequins, les chorégraphes et les musiciens que nécessitait la gestion de défilés de mode.

« Après avoir recommencé à neuf autant de fois, ça devient plus facile de recommencer à zéro ailleurs », mentionne Tina.

Lorsque son mari s’est trouvé un emploi en Ontario, il était temps de déménager. Une fois au Canada, Tina a trouvé un emploi avec le Grand Théâtre de London, Ontario comme costumière, et a appris plusieurs techniques spécialisées pour le théâtre – des techniques qu’elle a intégrées dans son travail à Vaudreuil-Dorion.

« Elle s’adapte bien. Elle a changé la base de ce qu’elle fait avec les différents déménagements que nous avons faits », dit Gérard, le mari de Tina. « Elle est créative et pense à de nouvelles façons de faire les choses. Elle s’adapte aux besoins de l’environnement dans lequel nous nous trouvons. »

Une optimiste assurée, Tina fait confiance à son instinct et va avec ce qui lui semble bon : « Plus je vieillis, plus il devient clair pour moi que nous devons suivre notre cœur et notre instinct. »

Le déménagement au Québec s’est fait rapidement après la mise à pied de Gérard causée par la récession. Il a trouvé un emploi chez Bombardier à Montréal, et la famille n’avait pas le choix de faire face à un autre déplacement. Malgré les circonstances qui l’ont amenée au Québec, Tina se dit heureuse d’être à Vaudreuil-Dorion.

« Parfois, des choses inattendues se produisent. Il faut alors se serrer la ceinture, prendre une grande respiration, se lever le menton et affronter la situation. Vous faites quelque chose de positif, de proactif et vous essayez de faire une différence. »

Collaboration spéciale Tiffany Lafleur

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