Tenir à son journal local

Plus de 1900 kilomètres en quatre jours pour recueillir les commentaires de lecteurs de nombreux journaux régionaux partout dans la Belle Province. Photo Laureline Baril-Boisclair

VIVA média a bravé vents et marées au cours de la dernière semaine pour créer une vague d’amour visant à déferler sur les journaux locaux.

L’équipe de cette entreprise de communications a voulu tâter le pouls auprès de la population de la province, pour connaître l’importance des journaux locaux dans les municipalités du Québec.

Mettant le cap sur de nombreux coins de la Belle Province, Lac-Mégantic, Rivière-du-Loup, Baie-Comeau, Tadoussac, Saguenay, Lachute et évidemment, Valleyfield et Vaudreuil-Soulanges, l’équipe a recueilli des témoignages vibrants, démontrant l’attachement des gens pour leurs médias traditionnels.

« Non, ça ne devrait pas disparaître, parce que c’est quand même une référence. Les gens ont hâte d’ouvrir le journal, les jeunes, les moins jeunes. Parce qu’ils couvrent ce qui se fait dans la région, l’économie, le volet sportif. On ne devrait pas voir nos journaux disparaître », affirme Denis Bolduc, commerçant, propriétaire de Bolduc chaussures et vêtements à Lac-Mégantic.

« Lorsqu’on ferme un média, c’est toute la démocratie locale qui est atteinte. Toute la démocratie municipale, tout ce que les gens ont besoin de savoir, dans les municipalités, les commissions scolaires, ne serait-ce que pour le divertissement aussi, les arts, les sports, c’est important. C’est ce qui soude une région. Donc les médias locaux, définitivement, ils ne sont pas utiles, ils sont essentiels », explique André Brassard-Aubin, enseignant en journalisme en Arts et Technologie des Médias au Cégep de Jonquière.

« À Tadoussac, il n’y a pas beaucoup de médias, donc ils sont très précieux. Nous venons justement de perdre le département des nouvelles de la station de radio communautaire. Donc il nous reste seulement un média disponible pour pouvoir annoncer nos bons coups, des visites de ministres, des choses à annoncer à nos citoyens, nous utilisons le journal. C’est le média qu’il nous reste et c’est important de le garder pour la vitalité, pour être capable de communiquer avec nos gens. C’est notre porte d’entrée pour nous rendre chez les citoyens », analyse Patrick Noël, agent de promotion et marketing de la municipalité de Tadoussac.

L’importance de l’économie

Pour de nombreux intervenants rencontrés dans les différentes localités, l’importance de l’apport économique du journal est indéniable. « C’est un catalyseur, c’est un stimulant pour l’économie. C’est un incontournable et il ne faut pas prendre ça pour acquis », dit Bernard Filiatrault, conseiller en placement à la Financière Banque Nationale de Baie-Comeau.

Il en va de même pour Stéphanie Tremblay, commerçante de Baie-Comeau, mais aussi présidente du Relais pour la vie de l’endroit. « Le Manic est partenaire avec nous depuis plusieurs années pour nous supporter (Relais pour la Vie de Baie-Comeau), c’est important parce que c’est un événement public qui rassemble des milliers de marcheurs et les gens ont besoin de s’informer. »

Ailleurs, on parle de coups de hache dans l’économie locale. « La région est en récession et on continue à nous enlever des emplois. Ici, nous avons déjà perdu des journaux et d’autres sont en train de se jumeler. Ce sont des coupures et des coupures. L’argent de la région s’en va. C’est comme les gens qui achètent sur Internet. Nos commerces ferment et ils se demandent pourquoi. Nous sommes en train de vider notre région », explique Steve Tremblay, propriétaire du Pavillon du Hot-Dog, une institution de 50 ans dans Jonquière.

Une partie de l’équipe qui a réalisé le reportage a parcouru le Québec et a visité le Saguenay afin de recueillir les commentaires de lecteurs des journaux régionaux. Photo Yanick Michaud

Proximité des intervenants

Les journaux et leurs équipes de journalistes sont à même de rencontrer, de comprendre, d’intervenir auprès des lecteurs, des dirigeants, des élus.

En région, la proximité se fait sentir quotidiennement.

« Le journal a un rôle de proximité avec la communauté. C’est-à-dire de transmettre les informations de ce qui se passe dans notre milieu. Les informations au niveau des gens, les projets que les gens mettent de l’avant, de ce qui se passe dans la communauté », raconte Sonia Pagé, agente de développement local et communication de la SADC à Lac-Mégantic.

« Quoi de mieux qu’un journaliste d’une région, qui connaît les intervenants, les enjeux, les dossiers, pour parler aux gens de ce qui se passe chez eux. L’information locale, c’est couvrir le gouvernement le plus proche des citoyens », ajoute André Brassard-Aubin.

« C’est un des seuls médias qui peut rejoindre les gens dans leur salon. Ils prennent le temps de le feuilleter, de regarder leurs nouvelles et surtout de le garder avec eux. Le journal tu le touches, tu le vois, tu le lis », indique Sébastien Lévesque, commerçant, propriétaire du magasin Cyclo Expert de Rivière-du-Loup et membre de la Chambre de commerce de l’endroit.

Des élus supportent la vague

Marie-Claude Nichols, est députée de Vaudreuil. Elle est une ancienne mairesse et préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. Ayant évolué dans le domaine municipal, elle comprend la proximité nécessaire entre les élus, le journal et les citoyens/lecteurs. « Nous sommes 70 au caucus libéral et nous sommes plusieurs à avoir levé le drapeau au sujet de ce projet de loi. Je suis dans votre camp et plusieurs autres le sont. En faisant le tour du Québec, vous avez soulevé cette vague et je porte votre voix, votre message à l’Assemblée nationale. Je reconnais l’importance de votre rôle dans la société », assure la députée provinciale.

Elle ajoute même que l’adoption de la Loi 122, dont une portion permettrait aux municipalités de ne plus afficher les avis publics dans les journaux est prématurée. « Tu passes la même loi dans 20 ans, c’est correct. Mais actuellement c’est trop tôt. Nous sommes à la croisée des chemins. Il y a plein d’endroits au Québec ou l’Internet n’est pas accessible pour la population », conclut Marie-Claude Nichols qui remercie la MRCde Vaudreuil-Soulanges d’avoir également démontré publiquement son appui à la cause des journaux.

En un peu plus de 24 heures, la page Facebook monjournaljytiens a reçu l’appui de plus de 800 personnes et le chiffre continuait de monter en journée mardi.

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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