Quatre jeunes auteurs de la région se démarquent

zurbainsEncore une fois cette année, des œuvres théâtrales écrites par les étudiants de Michaël Grégoire se sont taillées une place parmi la soixantaine de textes présélectionnés par le comité du projet Les Zurbains, qui en avait reçu 248.

Depuis 20 ans, le projet Les Zurbains propose aux jeunes de 14 à 17 ans de se transformer en dramaturge le temps de l’écriture d’un conte, qui pourrait prendre vie sur scène. Tous les textes devaient être écrits au « je », une consigne de base du projet.

Tristan Léger, Antoine Gariépy, Safoua Taoussi et Anabelle Pronovost, étudiants à la Cité-des-Jeunes, sont contents que leur texte ait été choisi. Mais, ils attendent avec impatience de savoir s’ils seront parmi les 12 participants à vivre un week-end d’encadrement dramaturgique au Théâtre Denise-Pelletier en janvier. Une annonce qui devrait arriver à la fin de la semaine prochaine.

En attendant, ils savourent leur sélection et parlent avec enthousiasme de leur expérience et de l’œuvre qu’ils ont réussi à écrire à force de patience et de travail, sans oublier les bons conseils de leur enseignant.

Mon Halloween

Timide de nature, Tristan Léger est un bon élève ne faisant pas de vague. C’est pourtant celui des quatre qui a écrit un récit d’action. Cela lui a pris un petit bout pour trouver son inspiration, mais quand elle est arrivée, l’histoire a déboulé sur papier. Son conte, Mon Halloween, met en scène un gars partagé entre deux amis un soir d’Halloween. Les péripéties se multiplient alors que le personnage principal essaye d’être à deux partys à la fois.

« Je n’avais pas trop d’inspiration et puis ça m’est venu d’un coup. J’ai écrit ça en deux soirs. J’aime ça écrire et mettre mon imagination en texte parce que des fois c’est plus dur de la dire. En texte, j’ai plus d’aisance », affirme Tristan Léger.

Agueusie

Lorsqu’il annonce le titre de son conte, Agueusie, Antoine Gariépy a un petit sourire en coin. Il sait pertinemment que son interlocuteur ouvrira grand les yeux. Qu’est-ce que c’est? L’absence du sens du goût. Jean Hubert, son protagoniste, en souffre. Le personnage, un adolescent au vocabulaire élaboré, rencontre une fille totalement à son opposé de laquelle il tombera amoureux. Une histoire d’amour simple écrite avec une touche humoristique, qui finira avec la mort de la jeune fille, empoisonnée par un plat que Jean Hubert n’a pu goûter étant donné son trouble.

« Avec ce projet, où j’étais complètement libre, où je n’avais pas 300 mots minimum à écrire, sacrebleu que ça m’énerve, j’ai vraiment découvert une passion pour l’écriture. J’aime vraiment ça », souligne Antoine Gariépy avec enthousiasme.

Je veux un chawarma

Le titre du conte de Safoua Taoussi fait sourire : Je veux un chawarma. Les yeux pétillants, l’étudiante sait qu’elle pique la curiosité. Elle s’en amuse. Tout comme le titre, l’histoire est simple, celle d’un garçon qui raconte son enfance à traîner avec ses amis autour du snack à chawarma. L’auteure avait, par contre, un plan bien précis en tête avec son récit. Montrer la beauté de la simplicité de la vie, avant de balancer un plein visage des lecteurs que tout cela n’était que du passé. Le personnage principal habite en Syrie et il a tout perdu. Tout ce qu’il voudrait c’est retrouver sa vie d’avant et manger un chawarma.

« Le chawarma prend une autre définition. Avant c’était juste un sandwich qu’ils allaient manger. Maintenant, c’est toute sa vie d’avant qu’il veut ravoir. J’ai fait un ton humoristique au début pour accrocher les gens et après j’ai voulu tout détruire. Je voulais que ça devienne touchant à la fin, qu’il y ait une morale », explique Safoua Taoussi, ajoutant qu’elle a appris à gérer son stress avec ce projet.

Les cinq étapes de la drama queen

Son inspiration, elle n’a pas été la chercher bien loin. Anabelle Pronovost avoue être un peu drama queen elle-même. L’étudiante est embarquée dans le projet à 100 milles à l’heure. Elle a été la première à présenter un premier jet à son professeur. Elle avait commencé à réfléchir, et probablement à écrire, avant même d’avoir reçu toutes les consignes. L’histoire : une fille drama queen, complètement dans le déni. Elle passera par cinq étapes, les mêmes que celle du deuil : le déni, la colère, l’expression, la dépression et l’acceptation. Si la protagoniste accepte finalement son côté drama queen, son histoire se termine sur un revirement inattendu alors que sa meilleure amie lui avoue son amour.

« Avec ce projet, j’ai appris la confiance en moi. Quand j’ai entendu les textes des autres, j’avais tellement peur que ce soit comme mon idée. Finalement, quand je suis arrivée, tout le monde ne s’attendait pas à ça », confie Anabelle Pronovost, comptant les jours jusqu’à l’annonce des douze auteurs choisis pour le stage.

Il y a quelque chose de touchant à rencontrer des jeunes aussi allumés, qui viennent tout juste d’être piqués par l’amour de l’écriture. On leur souhaite la meilleure des chances pour la prochaine étape du projet, mais il reste que l’expérience en classe a déjà porté ses fruits. Les jeunes ont découvert des choses sur eux, mais aussi sur leurs collègues de classe. On comprend pourquoi leur enseignant Michaël Grégoire réitère l’expérience chaque année.

 

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