Pris en otage par une nouvelle politique de stationnement

Les employés du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) ont été avisés le 1er février de l’entrée en vigueur le 1er avril prochain d’une nouvelle politique sur la tarification des stationnements.

Elle a été adoptée le 30 novembre dernier pour se conformer à une directive ministérielle selon laquelle les espaces de stationnement ne doivent plus constituer une dépense pour les établissements du réseau.

Si cette politique diminue les tarifs dans certains cas, elle généralise également l’imposition d’une tarification à des endroits où le stationnement était gratuit auparavant, notamment dans les centres d’hébergement et de réadaptation récemment fusionnés au sein du CISSSMO.

Actuellement les visiteurs paient seulement dans les hôpitaux et certains CLSC de la région mais la nouvelle politique s’appliquera à tous les points de service. Elle prévoit un accès gratuit aux stationnements pour les 30 premières minutes, mais il est très rare qu’une visite dans un établissement, même pour une simple prise de sang, puisse se faire à l’intérieur de ce laps de temps.

En étendant la tarification à tous les points de service du territoire, le CISSSMO fait en sorte que toute la clientèle devra payer pour se stationner lors des examens ou des traitements. Il contribue ainsi à l’isolement des moins bien nantis, qui souffrent déjà d’éloignement social et géographique et peinent à survivre. Il faut prendre en compte le fait qu’en dehors des agglomérations urbaines, il n’existe pas de système de transport en commun qui pourrait constituer une alternative pour les usagers comme pour les employés.

Le réseau est déjà mis à mal par des compressions et des réformes qui désorganisent l’offre de service. Cette nouvelle politique vient exacerber la difficulté d’accès aux services. « Cette mesure est contre-productive parce qu’elle va décourager des gens à suivre leurs traitements et à prendre leur santé en main, commentent les porte-paroles Simon Beaulieu, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), et Francis Collin, de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). C’est une autre façon de réduire les services à la population. »

Les salariés seront eux aussi durement touchés par ces changements. Le tarif passera de 6 à 8 $, selon le site, à 10 $ par paie partout. « C’est une augmentation minimale de 20 % appliquée d’un seul coup, s’indignent les porte-paroles syndicaux. C’est sans commune mesure avec les augmentations consenties lors des dernières négociations! Et on ne sait pas encore ce qui est prévu pour les personnes qui, pour les besoins de leur travail, sont obligées d’avoir une voiture. »

Des suggestions, comme la modulation des tarifs en fonction du salaire, ont pourtant été faites dans le passé. Le CISSMO n’y a pas donné suite.

La directive ministérielle vise à faire fonctionner les stationnements à coût nul mais, paradoxalement, prévoit aussi que les éventuels surplus servent à éponger les déficits et à constituer un fond vert.

« Une fois de plus, concluent les représentants syndicaux, le ministère impose unilatéralement des mesures qui contraignent les établissements, sans considération pour les spécificités régionales. »

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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