Pointe-des-Cascades: Les deux côtés de la haie

 

Peter Zytynsky et Michel Vidal, deux citoyens qui ne veulent pas couper leur haie.

Un arbre coupé devant le presbytère a ravivé la colère de citoyens du chemin du Fleuve concernant l’avis reçu l’été dernier leur demandant de couper leur haie de cèdres à trois pieds devant leur maison.

Le règlement municipal 121 de Pointe-des-Cascades stipule que les haies en cour avant sont permises, mais qu’elles doivent respecter la hauteur maximale de trois pieds. C’est en se basant sur ce règlement que l’inspecteur au permis et urbanisme, Céline Rep, a remis des avis aux citoyens le 6 juin 2016. Dix mois plus tard, certains se sont conformés, alors que huit maisons sont toujours en infraction. Parmi celles-ci, se trouve celle de Shirley Bradley et Michel Vidal ainsi que celle de Peter Zytynsky.

Depuis la réception de l’avis de la Municipalité, Shirley Bradley et Michel Vidal  refusent de couper leur haie. Ils affirment que trop couper leur haie la tuerait et que cela ferait perdre de la valeur à leur résidence, car ils évaluent leur haie à plus de 50 000 $. Ils ont plusieurs fois questionné les élus afin de savoir pour quelles raisons ils devaient couper cette haie qu’ils ont plantée en 1989.

« Même si j’étais de bonne foi à vouloir les couper, je devrais le faire selon ce qui est recommandé pour ne pas les faire mourir. Impossible de partir de 17 pieds et de ramener ça à 3 pieds. Le maire a dit qu’il allait demander l’expertise de quelqu’un. Je veux que ce soit quelqu’un reconnu par le Jardin botanique, pas un Joe Bleau, un chum ou un de ses cousins qui va passer et me dire que ma haie est coupable à trois pieds », insiste Shirley Bradley. La citoyenne attend d’avoir une amende pour poursuivre les conseillers et le maire.

Peter Zytynsky affirme que la haie de cèdres était l’une des raisons pour laquelle il a acheté la maison sur le chemin du Fleuve, il y a trois ans. Il trouve cela beau et c’est un filtre pour l’air. « Les cèdres étaient là. Je ne connaissais pas la loi. J’ai acheté la maison. Après l’avis, j’ai été à la séance du conseil pour leur demander ce que ça donne de couper les cèdres. Chaque séance, il donne une réponse différente. La première chose c’est la sécurité lorsqu’on sort du driveway. Prochaine séance, c’est parce que ça donne une meilleure vue pour les personnes qui conduisent sur le chemin du Fleuve pour voir le lot » raconte Peter Zytynsky, s’interrogeant sur qui va payer pour enlever une haie morte parce qu’elle a été trop coupée.

Ces trois citoyens savent qu’ils ne peuvent pas avoir un droit acquis sur leur haie. Dans la situation actuelle, ils souhaitent que la Municipalité mette une dérogation pour les résidences ayant déjà une haie ou que la règlementation soit changée. « Je me dis, s’ils pouvaient s’occuper de l’eau à la place. C’est un problème majeur », lance Shirley Bradley.

Les raisons

De son côté, le maire Gilles Santerre explique que le règlement est là pour une question d’uniformité et de sécurité. Le règlement existe depuis belle lurette. Il y a peut-être eu du laxisme par les administrations précédentes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’appliquer maintenant. Le maire se dit patient et laisse du temps aux citoyens pour se conformer, c’est la raison pour laquelle il n’a pas encore donné d’amende. Il ajoute avoir proposé une période de cinq ans pour réduire la haie chaque année.

« C’est rien que des avis qu’on a commencé à donner pour sensibiliser les gens à couper leur haie pour se conformer au règlement municipal. Le dossier n’est pas fini, on leur a dit qu’on leur donnerait des nouvelles dans l’année. On essaie d’être tolérants et on essaie d’en parler avec des spécialistes pour savoir combien ils peuvent en couper par année sans perdre leur haie », souligne le maire, ajoutant qu’il n’envisage pas de changer le règlement pour huit citoyens qui ne se conforment pas.

Les citoyens demandent un rapport d’un expert démontrant que c’est possible de le faire sans tuer leur haie. Selon leur recherche au Jardin botanique de Montréal, l’étêtage sévère d’une haie de thuyas est une technique à proscrire.

« Cette taille sévère entraîne les conséquences suivantes : Elle détruit totalement l’esthétique de l’arbre; Elle accroît sa vulnérabilité aux insectes et aux maladies; Elle diminue considérablement son espérance de vie, » peut-on lire dans un document obtenu par Shirley Bradley et Michel Vidal.

Peter Zytynsky assistait à la séance du conseil d’avril afin de savoir si le maire avait trouvé un expert pouvant se prononcer sur la coupe d’une haie mature. Le dossier semble stagner, étant donné les bouleversements au bureau de la Municipalité.

Autres municipalités

Plusieurs des municipalités de la région possèdent un règlement pour limiter la hauteur des haies en cour avant semblable à celui de Pointe-des-Cascades: Vaudreuil-Dorion (4 pieds), Les Coteaux (4 pieds ou 1,2 mètre), Les Cèdres (1 mètre), Très-Saint-Rédempteur (4 pieds), Pincourt (1 mètre), Pointe-Fortune (4 pieds), Saint-Lazare (1 mètre) et Saint-Polycarpe (1 mètre).

Certaines administrations municipales n’ont pas fixé de limite, comme Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, Vaudreuil-sur-le-Lac et Saint-Zotique. Cependant, elles ont des spécifications pour les coins de rue. À L’île-Cadieux, les clôtures sont limitées à 1,6 mètre, mais les haies peuvent excéder si elles sont en bon état. À Rivière-Beaudette, l’inspecteur municipal et urbaniste, Pierre-Luc Paquin explique que le règlement d’urbanisme numéro 91-18 a été adopté en décembre 2016. Il n’y a plus de hauteur maximale pour les haies à l’extérieur de l’aire de restriction de trois mètres de chaque côté de l’entrée charretière, dans laquelle la limite est de 1 mètre.

« On demandait dans la règlementation que les gens fassent l’entretien de leur haie et il y avait une hauteur maximum. Les gens coupaient leur haie de façon drastique. Ces haies, qui étaient implantées depuis plusieurs années, finissaient par mourir. Les gens venaient souvent à l’hôtel de ville pour s’informer sur la manière de couper leur haie, mais nous on n’est pas arboriculteurs. On n’était pas assez spécialisés pour leur donner des conseils. On a décidé de ne pas mettre dans notre règlementation une hauteur maximale qui mettrait en péril la santé de ces arbres-là », détaille Pierre-Luc Paquin, ajoutant qu’il existe des façons de faire la coupe pour les réduire d’année en année avec des équipements spécialisés et en engageant des professionnels.

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