Pipeline 9b : la MRC demeure inquiète

Les élus demandent des garanties

Les responsables de la MRC de Vaudreuil-Soulanges ont précisé la position de l’organe supramunicipal quant à l’inversement du flux dans le pipeline 9b qui traverse quelques municipalités de la région. Cela suscite l’inquiétude.

« Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que l’industrie a besoin de pétrole pour fonctionner », lance Guy-Lin Beaudoin, directeur général de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. Pour Robert Sauvé, préfet de la MRC et maire de Coteau-du-Lac, la région doit choisir. « Le pétrole doit être transporté d’une façon ou d’une autre. Nous avons effectué des calculs et, si le pétrole devait circuler par la route, les émissions de gaz à effet de serre produites par les camions-citernes sont difficiles à imaginer », explique-t-il.

La MRC a donc décidé de ne pas s’opposer au plan de la pétrolière Enbridge d’inverser le flux dans le pipeline 9b afin de faire circuler les produits du bitumineux. Cependant, les responsables de l’organisme veulent des garanties. Une de celles-ci est la mise en place, par la pétrolière, d’un fonds spécial consacré à la remise en état des ressources touchées par un éventuel déversement. Ils demandent aussi que la firme mette ses installations aux normes fixées par l’Office national de l’énergie comme la réparation des systèmes automatiques d’arrêt, ou encore pour s’assurer que la structure peut contenir l’inversement du flux. Par ailleurs, la MRC désire que les plans d’intervention d’urgence de la firme Enbridge soient constitués en collaboration avec les services d’urgence locaux.

Inquiétude

Guy-Lin Beaudoin et Robert Sauvé ne cachent en rien leur inquiétude devant l’éventuel inversement des flux. Le nom d’Enbridge est fortement associé au déversement qui s’est produit à Kalamazoo, la plus grande catastrophe du genre aux États-Unis. Cet accident n’échappe pas aux deux hommes. Rappelons que le nettoyage, trois ans plus tard, n’est toujours pas terminé, et qu’Enbridge n’a pas reconnu sa responsabilité.

« Le fait que les cours d’eau de Vaudreuil-Soulanges soient le point le plus bas de tout le bassin versant rend notre situation plus complexe. Un déversement pourrait avoir un impact important sur notre réseau hydrographique, poursuit Guy-Lin Beaudoin. Nous avons un exemple récent, avec le cas de la station Atwater à Montréal, de ce que peut faire une interruption du service de l’eau. Ça a été bordélique. »

De plus, par leur nature, les sables bitumineux, lorsqu’ils se déversent dans l’eau, se déposent dans les fonds plutôt que de rester en surface comme le pétrole léger. Guy-Lin Beaudoin avoue être inquiet pour les impacts environnementaux et sur l’eau, mais il rappelle que la MRC n’a pas de juridiction sur les pipelines. Il affirme aussi que la position de l’organisme est que la responsabilité d’un déversement revient automatiquement au pollueur.

Réaction environnementaliste

Selon Catherine Massan du Comité citoyen au courant, l’organisme soutient la position de la MRC d’énoncer des inquiétudes à l’égard du projet d’Enbridge. « Nous invitons le gouvernement du Québec à mener une consultation publique rigoureuse avec un mandat large. Nous avons l’impression que le Parti libéral du Québec veut faire cette démarche en vitesse et que le gouvernement du Québec cède sous cette pression », conclut-elle.

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