Paris: la diaspora secouée

Idir et Camille refusent de tirer de la visibilité des attentats de Paris. Ils ont toutefois été secoués. Photo Christopher C. Jacques
Idir et Camille refusent de tirer de la visibilité des attentats de Paris. Ils ont toutefois été secoués. Photo Christopher C. Jacques

Attentats – VIVA média compte parmi ses rangs deux Parisiens expatriés à Vaudreuil-Dorion. Secoués par les événements de Paris de vendredi dernier, ils croient aussi en  la résilience des Parisiens et des Français.

La hantise du vendredi 13 a pris une tournure terrifiante vendredi dernier dans les rues de Paris. Des hommes armés, des extrémistes, ont tué 129 personnes et en ont blessé 352 autres. Ils ont marqué l’esprit de beaucoup plus encore. Concentrées dans quelques quartiers de la Ville lumière, ces meurtrières attaques ont tôt fait de secouer le monde.

Camille et Idir ont quitté Paris il y a quelques mois pour venir  travailler à Vaudreuil-Dorion, chez VIVA média plus précisément. La première est née dans les environs de la capitale française alors que le deuxième, originaire de Lyon, y a passé les quatre dernières années.

Ils ont vécu les incidents de vendredi dernier dans une sorte de stupeur. « C’était très angoissant de savoir que tout ça se passait près de nos familles et amis, mais loin de nous, à 6000 km. On se sent impuissant », raconte Idir. Il parle aussi des difficultés de communication. « En plus de la distance, il y a aussi le décalage horaire. Je tentais de rejoindre mes proches, mais ce n’était pas leur premier réflexe que de communiquer avec l’extérieur. Aussi, le réseau téléphonique était saturé à Paris », explique-t-il.

Camille a tout autant vécu l’angoisse, mais aussi beaucoup de culpabilité : « Je parlais à mes amis pendant que les nouvelles tombaient. Je sais qu’ils avaient peur. Je me sentais mal de ne pas être avec eux, de ne pas pouvoir les serrer dans mes bras. Mais d’un autre côté, qu’aurais-je pu faire? »

Résilience

Les deux sont convaincus que les Parisiens en sortiront plus fort. « Ils sont reconnus pour leur fierté et leur attachement envers leur ville. Déjà dimanche, on pouvait trouver sur les réseaux sociaux des commentaires de Parisiens prenant un verre sur terrasse qui défiaient les extrémistes. Ça montre bien la personnalité, l’esprit des Parisiens », raconte Camille.

Pour Idir, qui n’y a pas grandi, Paris n’a pas perdu de son attrait. Selon lui, les gens voudront y rester, s’y accrocher.

Ouverture

En marge de ces tragiques événements, le débat est lancé sur les scènes fédérale et provinciale à propos de l’accueil de  réfugiés syriens. Idir refuse de faire des amalgames. Il argue que nos bras devraient toujours être ouverts aux gens qui fuient la guerre et la mort.

Réfugiés de la discorde

Les attaques perpétrées contre Paris ont eu des répercussions jusqu’à Ottawa et Québec. L’accueil de  réfugiés syriens fait réagir.

Rappelons que le premier ministre du Canada Justin Trudeau a promis l’accueil, au pays, de  25 000 réfugiés syriens.

Or, avec les actions des terroristes de Paris de vendredi dernier, la question de la sécurité s’est amalgamée à un dossier originalement humanitaire. En effet, certaines voix se sont levées pour un ralentissement du flot de réfugiés afin de s’assurer que tous soient  inoffensifs pour les Canadiens et les Québécois.

La conviction du premier ministre Trudeau d’accueillir les réfugiés d’ici janvier, toutefois, ne semble pas avoir été mise à mal par le contexte.

Dans Vaudreuil-Soulanges, le  nouveau député fédéral, Peter Schiefke croit que le gouvernement fait son devoir en accueillant les réfugiés syriens. Selon lui, cette volonté est conforme aux actions du Canada, qui se veut une nation ouverte et accueillante.  D’autre part, en ce qui concerne la  sécurité, il dit faire confiance aux experts qui se penchent actuellement sur la  question, et il ne croit pas la sécurité des Canadiens menacée.

Du côté de Québec, les élus se questionnent sur le réalisme de la promesse des libéraux fédéraux. En mêlée de presse, le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, s’est montré dubitatif. Il argue que le Québec manquera de temps pour admettre le passage des réfugiés.

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