Oléoduc: TransCanada répond à la MRC

Une carte déposée à l’ONÉ indique le tracé privilégié par TransCanada pour son pipeline dans Vaudreuil-Soulanges.
Une carte déposée à l’ONÉ indique le tracé privilégié par TransCanada pour son pipeline dans Vaudreuil-Soulanges.

Les projets d’oléoducs n’ont certainement pas bonne presse par les temps qui court. Or, les responsables de TransCanada Pipelines défendent toujours leurs projets.

Avec Oléoduc Énergie-Est, TransCanada envisage de faire passer un oléoduc dans le sous-sol vaudreuil-soulangeois et sous la rivière des Outaouais pour aller rejoindre la rive nord de Montréal. Le projet proposé ne plaît en rien à la MRC de Vaudreuil-Soulanges qui a refusé d’accorder toute autorisation à la firme de transport pétrolier. Cette position se base sur le rejet de la demande de l’instance supramunicipale de recevoir les plans de mesures d’urgence de la firme.

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, réagit : « Nous ne pouvons pas soumettre nos plans de mesures d’urgence tant que notre tracé final pour l’oléoduc n’est pas établi. Nous sommes à quatre ans de réaliser le projet. »

Pour la sécurité environnementale et des habitants, le représentant explique que son employeur fait tout en son pouvoir pour éliminer les risques de fuites. « Le pipeline sera ponctué de milliers de points de contrôle reliés par satellite à notre centre à Calgary, affirme Tim Duboyce. Toute diminution de pression est constatée en temps réel. »

Questionné sur la quantité de valves d’arrêt sur le tracé projeté, le porte-parole se fait plus évasif : « L’espace entre les valves d’arrêt dépend de nombreux facteurs comme la géographie. Je ne peux donner de distance moyenne, je ne veux pas induire les citoyens en erreur. » Plus précisément, en cas de rupture, malgré la fermeture des valves, le pétrole se trouvant entre deux stations d’arrêt serait susceptible de s’échapper dans les sols ou l’eau.

Toutefois, Tim Duboyce souligne que la sécurité est au cœur des préoccupations. « Nous avons 60 000 km de pipelines et notre bilan parle de lui-même. La sécurité prime puisqu’un déversement n’est bon pour personne », clame-t-il.

Selon les dires du porte-parole, les représentants de TransCanada aimeraient rencontrer les élus de la MRC de Vaudreuil-Soulanges dans les prochaines semaines.

La MRC persiste et signe

Les plans de TransCanada Pipelines sont bien plus avancés que ce qu’en disent ses représentants. Il s’agit du moins de l’avis de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.

Dans les 30 000 pages de documents déposés récemment par l’entreprise à l’Office national de l’énergie (ONÉ), la MRC de Vaudreuil-Soulanges avance avoir constaté que le tracé du pipeline semble fixé (voir l’image). « Le tracé a été déposé à l’ONÉ, alors pourquoi TransCanada dit-elle qu’il n’est pas établi? », se questionne Simon Richard, conseiller en communications de la MRC.

Il déplore aussi la stratégie en relations publiques de la firme. « TransCanada affirme qu’elle consulte les acteurs locaux. L’entreprise nous a exposé deux plans, détaille Simon Richard. Nous préférions le deuxième, mais la firme a tout de même choisi le premier. Nous nous interrogeons sur la validité de cette consultation. »

Enfin, le fonctionnaire admet que la MRC de Vaudreuil-Soulanges est prête à rencontrer les représentants de TransCanada, mais il prend soin de poser une condition. « Nous voulons des rencontres constructives. Nous désirons que ce soit des réunions entre spécialistes et pas une rencontre entre nos spécialistes et leurs conseillers en relations publiques », conclut Simon Richard.

Faits marquants du tracé proposé

Il est aisé de constater que TransCanada prévoit que son pipeline traversera la rivière des Outaouais via un secteur habité de Pointe-Fortune.

De plus, les vannes d’arrêts sont marquées sur la carte à l’aide des « sabliers ». On en retrouve deux sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges. Ces valves permettraient, en cas de rupture de la conduite, de stopper le flux de pétrole brut. Il est cependant difficile de connaître la distance qui les sépare entre elles et les autres en amont ainsi qu’en aval. Notons que plus l’espace est grand entre deux valves, plus la quantité de pétrole possiblement écoulé serait grande en cas de bris.

Les carrés bleus représentent, enfin, les lieux où le pipeline traversera un plan d’eau.

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