Nos rivières sont en piteux état

Émiliy Sinave chargée de projet au COBAVER-VS, considère que nos rivières et cours d’eau en général sont en piteux état. Photo Stéphane Fortier

Prenons-nous assez soin des rivières s’écoulant dans Vaudreuil-Soulanges?  Pas si l’on en croit le Conseil du bassin versant de la région de Vaudreuil-Soulanges (COBAVER-VS).

l reste que c’est la question que l’on est en droit de se poser lorsqu’on apprend que certaines d’entre elles sont surtout envahies par le phosphore total, les coliformes fécaux, et autres matières en suspension. On y retrouve également, à certains degrés, de l’azote ammoniacal, les nitrites et nitrates ainsi que la chlorophylle a totale.

« Cela ne va pas très bien pour nos rivières, lance spontanément Émily Sinave, chargée de projet au COBAVER-VS. Toutes les rivières du bassin versant ont des problèmes, mais je dirais que la pire c’est la rivière Rouge où l’on y retrouve beaucoup de coliformes fécaux provenant autant des terres agricoles que des municipalités », indique Émily Sinave qui précise que toutes les rivières de Vaudreuil –Soulanges dépassent les normes acceptables en matière de phosphore et de matières en suspension.

Valeur IQBP

Les bassins versants de la rivière Rouge (C), Delisle (C), Beaudette (B), Rigaud (C), Viviry (B) et à la Raquette (C), ont tous reçu une valeur IQBP autrement dit l’Indice de la qualité bactériologique et physicochimique qui mesure la qualité de l’eau. Ainsi, celles qui sont cotées avec un B s’en tirent mieux, mais sont tout de même en difficulté.

La rivière Quinchien n’est guère mieux, victime, celle-là, de la pollution domestique et industrielle.

Vieillissement prématuré

Autre danger, c’est la dénaturalisation des berges. Le fait de retrouver moins de végétation sur le bord des rives contribue à amener plus de particules dans les rivières à cause du ruissellement, pour ne nommer que cette conséquence. « Mais la grande conséquence, c’est que les rivières subissent un vieillissement prématuré », révèle Émily Sinave.

Et les poissons?

« Plusieurs espèces peuvent s’acclimater dans des eaux polluées, mais certaines, comme le Gohie à taches noires, ont tendance à proliférer et à être envahissantes. Par ailleurs, il y a une espèce qui inquiète, soit la carpe asiatique. Elle pourrait très bien s’incruster dans nos rivières », craint-elle.

Les solutions

Émily Sinave tient à préciser que tout n’est pas négatif pour ce qui est de l’avenir. « Il y a quand même beaucoup de gens, des agriculteurs et des municipalités qui sont conscientisés et posent des gestes contribuant à garder leur environnement. Mais ces efforts sont-ils suffisants pour inverser la tendance?

Chaque citoyen peut faire sa part en privilégiant les produits ménagers bio­dégradables sans phosphate. Laisser pousser naturellement la bande riveraine et l’aménager avec de la végétation. Améliorer la gestion des eaux pluviales, par exemple en utilisant un bac récupérateur de pluie, et permettre à une variété d’herbacées de pousser sur notre pelouse et surtout, pour ceux que cela concerne, vérifier les installations septiques afin qu’elles soient conformes.

« À plus grande échelle, il faut mieux gérer les surverses dans le traitement des eaux usées », conclut Émily Sinave.

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