Neuf étages dans un milieu humide à Saint-Zotique

Entre l’hôtel de ville et la plage, sur la route 338 à Saint-Zotique, se trouve un terrain sur le bord du lac Saint-François appartenant à un promoteur. Aucun projet précis n’a été déposé pour le moment, mais les citoyens, particulièrement ceux de la 65e avenue, craignent un développement de plusieurs étages.

La hauteur permise à Saint-Zotique est de neuf étages. Cette limite est assez récente, puisque la modification à l’article 3.2.4, intitulé Hauteur en mètres maximum d’un bâtiment principal, remplaçant la limite de quatre étages pour une limite de neuf étages, date de 2016.

Depuis, l’article se lit comme suit : « La hauteur autorisée pour un bâtiment principal est déterminée en mètres et/ou en nombre d’étages pour chaque zone à la grille des spécifications. Dans certaines zones, des normes minimales et maximales de hauteur (nombre d’étages, mètres) peuvent être fixées à la grille des spécifications. Toutefois, si une norme de hauteur en mètres s’applique dans ladite zone, le bâtiment doit également respecter la norme de hauteur en mètres prescrite. Nonobstant la disposition précédente, le nombre d’étages maximum est limité à neuf sur l’ensemble du territoire de la Municipalité étant donné la capacité des équipements d’incendie municipaux. »

Lors de la séance du conseil municipal, demain soir, à l’hôtel de ville un plan d’implantation et d’intégration (PIIA) et un programme particulier d’urbanisme (PPU) sont à l’ordre du jour. La population a été consultée à ce propos lors d’une consultation publique en août.

Le maire de Saint-Zotique, Yvon Chiasson, s’est toujours fait dire que le terrain concerné, situé près de la 65e avenue, était en zone humide. La Ville ne l’a cependant jamais catégorisé. Comme le terrain est zoné blanc, le maire explique que le promoteur pourrait construire des maisons unifamiliales de deux étages. Cependant, le long de la 338, il pourrait construire des immeubles de neuf étages. Jusqu’à maintenant, des esquisses et des idées de projet ont été mentionnées, mais aucun projet précis n’a été déposé.

« On fait un PIIA qui dit qu’on l’encadre pour ne pas qu’il fasse n’importe quoi. Entre autres, il devra faire plusieurs sortes d’études.  Le PPU est d’autant plus important parce que le promoteur doit déposer un projet qu’il veut faire. C’est là-dedans qu’on retrouve les hauteurs permises dans ce secteur-là. Et, la population, si je l’ai bien comprise, n’en veut pas de neuf étages », déclare Yvon Chiasson, qui ne peut pas empêcher le promoteur de bâtir sur le terrain. Si le maire souhaite un PPU, il n’est pas d’accord avec celui qui sera déposé à la séance du conseil, mardi soir, car il contient une hauteur de neuf étages.

Le maire de Saint-Zotique affirme avoir entendu ses citoyens et il se rallie à eux pour dire qu’il ne souhaite pas de neuf étages dans ce secteur. « Je les comprends, si je vivais à côté de ça et qu’on venait mettre des cinq, six ou neuf étages, je serais vraiment déçu. C’est certain qu’il y a des opposants qui ne veulent rien du tout, mais ça, on ne peut pas », ajoute Yvon Chiasson, se disant prêt à s’asseoir avec les citoyens pour trouver une solution acceptable.

Consultation publique

Michel Clément, citoyen de Saint-Zotique, a participé à la consultation publique, le 3 août dernier. Il se dit très préoccupé par la hauteur permise pour de futures constructions, alors que d’autres citoyens présents étaient très sensibles au développement dans des zones humides. D’ailleurs, une pétition de plus de 300 noms a été remise au maire lors de la consultation dans laquelle des citoyens se disent contre la destruction des milieux humides et la construction de bâtiment de neuf étages.

« Je suis bien d’accord pour qu’il y ait du développement à Saint-Zotique. Dans les milieux humides, il y a des coins où l’on peut faire de la construction, mais ça prend de bonnes études au niveau environnemental. Au niveau du fleuve St-Laurent, tout ce qu’on peut sauver en milieux humides, je pense qu’il faut le faire », avance celui qui habite Saint-Zotique depuis trois ans. Il est ouvert à du développement résidentiel et même du commercial, mais avec un maximum de deux ou trois étages.

Un référendum sur la question

Michel Clément aimerait bien qu’il y ait un registre et référendum sur la question. Le maire de Saint-Zotique serait lui aussi en faveur d’une telle démarche. « On n’a pas d’obligation de le faire. Il faudrait que le conseil accepte de faire un registre. Ça serait la chose, à mon avis, la plus correcte. On est des élus et l’on devrait être capable de prendre une décision pour l’ensemble des citoyens, mais quand tu touches à des gens comme ça, il y a peut-être matière à faire un référendum », affirme Yvon Chiasson.

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