Martin Leclerc, poète de l’image

DSC_0813C’était soir de première au théâtre Paul-Émile-Meloche, jeudi dernier. Malgré une météo qui donnait le goût de rester emmitouflé bien au chaud à la maison, plus de 200 personnes étaient présentes pour assister au dévoilement du résultat de plus de deux ans de travail de Martin Leclerc. Si les spectateurs sont arrivés les pieds trempés, ils sont repartis les yeux mouillés après la projection du film Le 186…pour la mémoire.

« On avait l’homme qui plantait des arbres, là on a un homme qui garde la mémoire. J’ai visité le chantier quelques fois. Je trouvais cela impressionnant la façon dont la compagnie faisait les travaux. Dans le film de Martin, on ressent qu’ils mettent beaucoup d’amour et de fierté dans ce qu’ils font », exprime le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, à propos du documentaire qu’il définit comme impressionnant, touchant et réaliste.

« C’est quand les travaux se sont concrétisés que j’ai proposé à Lorraine et Simon de suivre les travaux avec une caméra, sans grande prétention. J’ai eu le goût de faire un film qui suivrait la renaissance de la maison, un peu dans les veines des films de Bernard Gosselin comme Le canot à Rénald à Thomas », dévoile Martin Leclerc dans le pamphlet souvenir accompagnant le DVD.

À son image

Le film a ému et fait rire les spectateurs qui étaient présents pour en apprendre davantage sur les dessous des travaux de restauration de la maison Félix-Leclerc. Un film empreint de l’humour de Martin Leclerc, un trait bien familial que le fils a clairement hérité de son père.

Le plus difficile pour le monteur du film, André Desrochers, n’a pas été de visionner les 375 heures d’enregistrement initial. Un travail d’une ampleur à laquelle il n’avait jamais eu à faire face auparavant et qui a pris près de trois mois. Le défi a plutôt été de convaincre son ami de faire un film à son image.

« Il voulait juste entendre les ouvriers et ne voulait pas se voir à l’écran. Avec le recul, tous les moments d’interaction avec les ouvriers, c’est là que les spectateurs rient. Ce sont des moments que les gens savourent », dévoile le monteur et documentariste expérimenté.

Plus que des images de camion et des bruits de construction, Martin Leclerc présente, en toute simplicité, l’histoire de son paternel, ce personnage légendaire dont l’influence a été majeure. Parmi les témoignages, on retrouve ceux du cinéaste Pierre Patry, de l’écrivain Marcel Brouillard, du comédien Yves Massicotte, du sculpteur Jean-Jacques Chapdelaine et de la grande dame du théâtre Janine Sutto, des personnalités ayant bien connu Félix alors qu’il habitait à Vaudreuil-Dorion.

Une touche de poésie

Les documents d’archives et les dessins de Mélanie Leclerc se mêlent aux images tournées par le cinéaste, ce dernier ayant choisi le noir et blanc pour toutes les séquences montrant la maison pendant et avant les travaux. Un choix qui adoucit et rend poétique un film parlant de travaux, mais aussi de mémoire. Les souvenirs d’une maison, de ceux qui l’ont construite, de ceux qui l’ont habitée, de ceux qui se souviennent de ce grand homme dont l’âme flotte toujours entre les murs.

L’œuvre de Martin Leclerc continue sa tournée des festivals. Elle sera projetée à Sherbrooke, ce week-end, et en Beauce, au mois de mai. Il ne reste qu’à souhaiter au cinéaste que son sentier soit parsemé d’opportunités lui permettant de faire voir son film par le plus grand nombre de personnes… pour la mémoire.

 

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1 commentaire

  1. marie-belle

    Quel film incroyable ! Tout à l’image des québécois dans le dur hiver, les voilà qu’ils réussissent à construire leurs rêves, montant un à un les morceaux de mémoires entre ses murs aux côtés de Félix Leclerc à Vaudreuil.

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