Manifestation à Salaberry-de-Valleyfield

Les compteurs intelligents préoccupent des citoyens

Une vague de manifestations citoyennes sévit dans la province sur la question de l’implantation des compteurs de nouvelle génération d’Hydro-Québec. Des Campivallensiens se sont rassemblés mardi midi devant leur hôtel de ville.

Une vingtaine de citoyens ont manifesté contre le déploiement de compteurs intelligents à Salaberry-de-Valleyfield. © Valérie St-Onge
Une vingtaine de citoyens ont manifesté contre le déploiement de compteurs intelligents à Salaberry-de-Valleyfield.
© Valérie St-Onge

Une vingtaine de citoyens de Salaberry-de-Valleyfield se sont mobilisés afin de démontrer leur préoccupation concernant les potentiels risques liés aux nouveaux compteurs dits « intelligents » d’Hydro-Québec. Les manifestants réclament à la Ville une résolution décrétant un moratoire sur l’installation des compteurs de nouvelle génération. Ils souhaitent également la gratuité du droit de retrait des nouveaux compteurs. Des frais d’installation sont effectivement facturés aux clients d’Hydro-Québec désireux de conserver un compteur non communicant. Ils s’élèvent à une centaine de dollars, en plus des frais mensuels de relève, d’approximativement 200 $ par année.

Le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Denis Lapointe, et le conseiller municipal Jean-Luc Pomerleau ont rencontré brièvement les citoyens en début de manifestation. Par voie de communiqué, la Ville dit vouloir agir dans ce dossier une fois que toutes les instances concernées auront été rencontrées. En plus de vouloir consulter des représentants d’Hydro-Québec, la Ville souhaite connaître la position de la Direction de la santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de la Montérégie et de ses partenaires au sein de l’Union des municipalités du Québec.

« Notre réflexion en sera une éclairée et transparente, souligne Denis Lapointe dans le communiqué. Le dossier fera l’objet d’une réunion en commission particulière dès que l’ensemble des informations aura été recueilli. »

Entre-temps, le comité Valleyfield refusons les compteurs invite les citoyens à prendre part à la prochaine séance du conseil municipal, le mardi 18 février, et de s’y présenter à compter de 18 h 30. Le regroupement citoyen espère rassembler le plus de gens possible pour l’appuyer dans ses demandes auprès du conseil municipal.

Vers la deuxième phase

Le comité Valleyfield refusons les compteurs a pu recueillir des signatures supplémentaires à sa pétition lors de la manifestation. À ce jour, plus de 1 000 Campivallensiens ont donné leur appui au regroupement. © Valérie St-Ong
Le comité Valleyfield refusons les compteurs a pu recueillir des signatures supplémentaires à sa pétition lors de la manifestation. À ce jour, plus de 1 000 Campivallensiens ont donné leur appui au regroupement.
© Valérie St-Ong

L’implantation des compteurs de nouvelle génération sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges et de Salaberry-de-Valleyfield est prévue en deuxième phase du déploiement d’Hydro-Québec, soit au deuxième semestre de 2014, sous réserve de l’approbation de la Régie de l’énergie. Depuis le début de la première phase du projet, 1,1 million de compteurs ont été installés dans la grande région métropolitaine. Un peu plus de 3 500 personnes se sont prévalues de leur droit de retrait pour conserver un appareil non communicant.

À l’échelle provinciale

Jusqu’à présent, une trentaine de municipalités québécoises auraient demandé un moratoire quant au déploiement de ces compteurs. Une dizaine d’autres se sont prononcées pour la gratuité du droit de retrait de ces appareils. Notons que, même si une municipalité décrète une résolution de moratoire, Hydro-Québec peut poursuivre ses activités de modification de compteurs. Toutefois, plus le nombre de villes souhaitant un moratoire sera élevé, plus la pression sera forte sur le gouvernement Marois.

Mais qu’est-ce qu’un compteur intelligent?*

Le compteur intelligent, de troisième génération, mesure la consommation globale d’énergie et achemine, par radiofréquences, les données vers les systèmes informatiques d’Hydro-Québec à des fins de facturation.

Le compteur intelligent enregistre la consommation d’énergie du client et la transmet à un autre compteur, qui la transmet à son tour à un autre compteur, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la donnée arrive au routeur. Le routeur achemine ensuite les données à un autre routeur ou directement au collecteur.

Le collecteur fait transiter les données cryptées vers le frontal d’acquisition. Par la suite, les données sont acheminées vers le système de gestion des données de mesurage. Ce grand entrepôt de données fait le lien avec le système de facturation d’Hydro-Québec. Ainsi, la relève de la consommation du client se fait à distance. Plus aucun employé ne se déplacera pour relever les données qu’affiche le compteur.

*Source : Hydro-Québec

TÉMOIGNAGE D’UNE CAMPIVALLENSIENNE

Les compteurs intelligents auraient-ils affecté ma santé?

C’est à la suite d’une rencontre d’information en lien avec la controverse des compteurs intelligents d’Hydro-Québec, tenue à Salaberry-de-Valleyfield en novembre dernier, que j’ai découvert que ma maison était déjà dotée d’un compteur qui émet des radiofréquences. L’installation de ce compteur s’est faite en février 2007… à notre insu! Quelques mois plus tard, soit à la fin mai 2007, mes premiers symptômes sont apparus.

J’ai effectivement développé différents symptômes d’électrosensibilité, dont des maux de tête, des problèmes de concentration, de l’insomnie et des sensations de type électrique dans les muscles. J’ai consulté un neurologue de l’Institut neurologique de Montréal, qui m’a suivie en 2008, 2009 et 2010. Il n’a trouvé aucune maladie… ni aucune solution!

Cette coïncidence me laisse croire que l’installation du compteur pourrait avoir été un élément déclencheur. Mon travail est à domicile; j’étais donc constamment dans cet environnement. À cette époque, nous n’avions ni wi-fi ni téléphone sans fil. Nos cellulaires étaient d’ailleurs presque toujours fermés.

Hydro-Québec a mis un mois, après ma demande de retrait, avant de procéder à l’installation d’un modèle non communicant. Je dois spécifier qu’à la première demande, l’agent d’Hydro-Québec niait les émissions de ce compteur. Au deuxième appel, on a acquiescé qu’il émettait… mais très peu.

L’information se veut rassurante : seulement six minutes d’émissions par jour. Ce qu’on n’explique toutefois pas, c’est que ça pourrait émettre jusqu’à 65 000 microwatts par mètre carré. Celles-ci durent une fraction de seconde toutes les 20 à 30 secondes environ, ce qui totalise six minutes par jour. C’est un peu comme si, toutes les 20 à 30 secondes, votre système nerveux recevait un coup de fouet.

Mon expérience me laisse méfiante concernant ces radiofréquences supplémentaires. Elles nous seront imposées par l’implantation de ces compteurs intelligents partout au Québec. Je ne peux concevoir comment exposer la population à ce genre de radiofréquences est pour le bien-être collectif, comme le laisse entendre Hydro-Québec. J’espère que nos dirigeants seront libres de choisir ce qu’ils croient le mieux pour la qualité de vie de leurs citoyens et qu’ils opteront pour la précaution.

Lucie, Salaberry-de-Valleyfield

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