L’UPA pourrait bloquer trois sentiers de motoneige dans la région

À Sainte-Marthe, une affiche installée à l’entrée du sentier de motoneiges, qui passent par des terres agricoles, arbore les raison pour lesquelles les producteurs organisent le blocus. Photo Stéphane Fortier

C’est le 6 février prochain que se mettront en branle les différents blocus des sentiers de motoneiges un peu partout au Québec et au moins deux sentiers, peut-être même trois, vont se voir affublés d’affiches de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA).

Il faut rappeler ici que ce blocus est mis en place en raison de l’inaction du gouvernement québécois dans le dossier de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA). Au total, une cinquantaine d’agriculteurs de la Montérégie bloqueront l’accès à leurs terres dès le 6 février prochain

D’ailleurs, on peut déjà retrouver deux affiches, soit une à Sainte-Marthe et une autre à Rigaud. Sur ces affiches, sont expliquées les raisons pour lesquelles le blocus est organisé.  « Il se peut que l’on en retrouve une autre à Saint-Justine-de-Newton », révèle Louis-Marie Leduc, président de l’UPA de Vaudreuil-Soulanges. On pourrait croire que cette initiative déplaît grandement aux motoneigistes, mais  le président tient à préciser que la Fédération des clubs de motoneiges appuie les producteurs agricoles dans cette démarche. « C’est un moyen de pression qui vise le gouvernement et non les motoneigistes, indique Louis-Marie Leduc. Si nous le faisons ici également comme ailleurs au Québec, c’est pour être solidaire avec les autres agriculteurs du Québec », explique-t-il.

Car, il faut bien le dire, la région de Vaudreuil-Soulanges, n’est pas reconnue pour attirer des touristes par la pratique de la Motoneiges. Mais dans d’autres régions plus au nord, les sentiers sont très fréquentés par les visiteurs et un blocus fait mal au tourisme et faire mal au tourisme, c’est faire mal au gouvernement. Et c’est que l’UPA vise.

« Il faut trouver une solution à long terme. Depuis janvier 2016, l’UPA demande au gouvernement de s’asseoir et entretemps, il a passé son décret qui pourrait faire augmenter les taxes entre 30 % et 40 % selon les producteurs  », affirme Louis-Marie Leduc.  De fait,  on peut dorénavant affirmer que les changements du PTCFA entraînent une augmentation moyenne de 38 % du fardeau fiscal des agriculteurs.

Louis-Marie Leduc en a aussi contre la politique d’austérité du gouvernement Couillard. « Ils ont coupé dans la Financière agricole et avec ça, ils sont allés chercher 125 M $. Ils ont aussi coupé dans la Sécurité de revenu agricole (assurance stabilisation). Cela s’est avéré  un véritable acharnement contre le milieu agricole, juge le président de l’UPA local.

Pas une partie de plaisir

Pour le président de l’UPA de la Montérégie, ce moyen de pression n’est pas appliqué pour le simple plaisir d’en faire un.  « Ce n’est pas de gaieté de cœur  que nos producteurs en viennent à interdire l’accès à leurs terres, a mentionné Christian St-Jacques, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie. Nos entreprises agricoles doivent dorénavant absorber des hausses vertigineuses. Il n’y a pas d’entreprises québécoises qui subissent des augmentations aussi élevées. »

Pour lui il est clair que le gouvernement n’a pas fait ses devoirs. « Le gouvernement n’a décidément fait aucune évaluation préalable des impacts de cette réforme. Nos producteurs commencent à recevoir leurs nouveaux comptes de taxes 2017 et ils correspondent, à quelques sous près, aux augmentations que nous avions calculées, a renchérit M. St-Jacques ».

Rappelons que, depuis plusieurs mois, l’UPA demande au gouvernement du Québec de suspendre la nouvelle réforme et de créer une table de travail réunissant la Fédération québécoise des municipalités, l’UPA et les ministères concernés afin de trouver des solutions durables au régime fiscal agricole qui est maintenant désuet. Le régime actuel ne répond plus aux nouveaux enjeux agricoles, dont l’augmentation du prix des terres.

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