Les Zurbains: Safoua Taoussi a de quoi être fière

La sélection du conte Je veux un chawarma, de la jeune auteure Safoua Taoussi, pour le spectacle Les Zurbains 2017 propage un grand sentiment de fierté… Chez son professeur, chez ses parents et amis, mais particulièrement chez la principale intéressée.

Comme les autres étudiants de la classe de Michaël Grégoire, Safoua a écrit un conte pour le projet Les Zurbains proposant aux jeunes de 14 à 17 ans de se transformer en dramaturge le temps de l’écriture d’un conte. L’expérience enrichissante aurait pu se terminer en classe comme pour la plupart des participants, mais elle s’est plutôt poursuivie pour l’étudiante de la Cité-des-Jeunes.

Un long parcours

Le conte de Safoua a été choisi parmi les dix de la classe envoyés au comité. Avec trois autres élèves de la classe, elle s’est retrouvée parmi les 60 auteurs présélectionnés. Puis, juste avant Noël, elle a eu la surprise d’apprendre qu’elle était parmi les 12 jeunes à participer au week-end d’encadrement dramaturgique au Théâtre Denise-Pelletier, en janvier. Le vendredi 3 février, le cœur de Safoua s’est mis à battre la chamade lorsqu’on lui a confirmé que son conte était officiellement l’un des quatre contes écrits par des jeunes à faire partie du spectacle de cette année, dont la première aura lieu au Théâtre Denise-Pelletier à Montréal, le 27 avril.

« Je ne suis pas quelqu’un qui pense facilement que je suis bonne dans quelque chose. Je me suis dit : il y a enfin quelque chose dans laquelle je suis vraiment bonne. Là, je me suis dit : tu peux être fière. Je trouve qu’on est tellement restreint à juste le scolaire, que des fois l’on oublie que dans le scolaire tu peux trouver quelque chose qui te passionne. Ça serait le fun qu’on ait plus d’opportunités comme ça », lance Safoua, qui n’avait jamais entendu parler du projet Les Zurbains avant d’y participer.

Trouver sa route

Safoua Taoussi a un talent pour l’écriture. C’est certain. Mais elle a aussi une grande sensibilité et beaucoup de choses à dire. Elle est un petit moulin à paroles, mais des paroles réfléchies, des réflexions sur la vie, jumelées à une belle curiosité. Il n’est pas étonnant que son conte marie l’humour à un message. Son professeur Michaël Grégoire affirme que Safoua a beaucoup d’empathie et a à cœur ceux qui l’entourent. D’ailleurs, Safoua affirme qu’elle ne voudrait pas devenir un exemple.

« Je dis aux jeunes, il faut vraiment essayer de trouver quelque chose que tu aimes et de ne pas avoir peur de l’explorer. Il y en a plein qui sont bons dans plein d’affaires, mais on ne le sait jamais parce qu’ils sont gênés de le dire. Ce projet m’a aidée à m’affirmer et à avoir confiance en moi. On a besoin de ça », exprime la jeune fille de 15 ans, croyant qu’on devrait donner davantage la parole aux jeunes.

Beaucoup de travail

Lors de son week-end d’immersion avec des professionnels, Safoua a retravaillé son texte. Elle a aussi eu à diriger le comédien qui allait lire son conte et lui donner des indications sur comment elle voulait voir son texte prendre vie. Une expérience extraordinaire selon la jeune auteure, car elle a eu l’impression de faire partie d’une belle grosse gang de créateurs, un monde qu’elle comprend mieux maintenant.

« On devait beaucoup travailler. Une journée, Monique a pris mon texte pour le corriger. Elle avait un stylo orange, à la fin, la feuille, qui était blanche, était devenue orange. Ils veulent que ça soit précis et bon. À la fin, tu es vraiment fière de ton texte, car ça reste ton texte », raconte Safoua, qui a réussi à faire pleurer Monique Gosselin lors de la lecture de son texte.

Monique Gosselin, codirectrice du théâtre Le Clou, chapeaute le projet Les Zurbains. Qu’a-t-elle pensé de Safoua Taoussi et de son conte? « Son texte nous a beaucoup marqués dès la lecture au jury. Il était déjà très consistant. D’emblée, la proposition qu’elle avait était déjà très solide. Safoua est absolument charmante et brillante. Cela a été agréable de faire une fin de semaine de travail avec elle. »

L’aventure n’est pas encore terminée pour Safoua. Elle doit encore travailler son texte avant la pièce finale, qui sera présentée au printemps. Sans compter qu’il lui reste à savourer ce moment où son histoire prendra vie devant les spectateurs, parmi lesquels se trouveront des membres de sa famille et des amis… mais surtout un vrai public, qui aura payé son billet pour se faire transporter ailleurs, se laisser charmer et pourquoi pas se faire brasser la cage un peu.

 

Extrait de Je veux un chawarma

« J’aimerais tellement manger un chawarma. Un chawarma avec du lahm. Vous avez pas l’air de savoir c’est quoi du lahm, en fait du lahm c’est une substance chimique et toxique très puissante que l’on rajoute dans les plats pour donner un peu plus de piquant. Ben non, je blague, du lahm c’est de la viande.

Bon, je ne veux pas non plus manger n’importe quel chawarma. Pas ceux du boulevard Côte-Vertu. Je veux des morceaux de viande parfaitement découpés accompagnés de tomates, de laitue, de cornichons sans oublier la sauce à l’ail, beaucoup de sauce à l’ail, tout ça enroulé dans un pain pita sortant du four. Je veux les chawarmas de l’ancien snack au coin de la rue, le snack Farah. Ceux qu’on aurait dit que c’était un ange qui les faisait. Sauf que cet ange-là a une moustache, une grosse bedaine, une odeur qui vient avant son corps et que c’est l’abi d’Adnan, un de mes potes. Donc, vous voyez un peu de qui je parle. Et je peux vous dire tel abi, tel fils. Laissez-moi deviner : vous ne savez pas non plus ce que veut dire abi. Bon, abi c’est simple comme mot, ça veut dire père. »

 

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Tu veux être le premier
à lire la nouvelle?

 

Je veux recevoir mes nouvelles à

RESTEZ INFORMÉ! Suivez VIVA média sur les réseaux sociaux.

Merci de nous suivre