Les survivalistes aux aguets

Plusieurs survivalistes pratiquent des métiers artisanaux pour s’autosuffire en cas de période de crise. BENNY TURCO

Avec les relations internationales qui sont sur la corde raide depuis quelques jours, les survivalistes restent à l’affût de l’actualité, une situation « qui ne doit pas nous empêcher de dormir, mais qu’il faut quand même surveiller », selon Marc Héli, un survivaliste amateur.

« Les médias ont tendance à en mettre plein la vue », a-t-il lancé, mais il reste sur ses gardes en gardant un œil sur ce qui se passe avec nos voisins du sud. Si jamais « ça devait éclater dans le monde », l’administrateur de sa propre page Facebook Survivaliste Mauricie a déjà son plan de secours, soit un chalet bien caché.

Même si pour sa part il ne devient pas paranoïaque avec les conflits mondiaux, il ne nie pas que l’achalandage dans les groupes de survivalistes accroisse. Les gens se joignent de plus en plus à ces groupes privés pour y trouver de l’information, poser des questions. « Les inscriptions ont triplé. Les gens ont peur, mais surtout peur d’avoir peur », a lancé Pierre Faubert,  fondateur de la page Survivalistes Francophones et d’autres pages sur le survivalisme.

Au Québec, des dizaines et des dizaines de groupes Facebook existent, tous portés sur le survivalisme. Il y a également la communauté Survivaliste Québec qui rassemble un peu plus de 7000 membres. Vic Survivaliste, un homme qui fait des capsules éducatives, est également suivi par près de 5000 personnes, mais il refuse dorénavant de parler aux journalistes.

Freak, mais préventionniste

Canal D a diffusé la série Famille Apocalypse, des émissions exposant des familles préparées à ce que le pire arrive. Parfois jugées de « freaks, de cinglées », Marc Helie ne contredit pas que les familles de survivalistes soient un peu comme des « freaks ». Mais ça ne l’affecte pas, car pour lui, être un survivaliste, ça ne le sauvera pas seulement s’il devait arriver une catastrophe, c’est quelque chose qui le suit au quotidien.

« C’est juste question d’être préparé, de savoir comment réagir dans telle et telle situation, de constamment avoir une porte de sortie », mentionne-t-il, faisant référence à la tempête qui a paralysé l’ensemble du Québec il y a quelques semaines. D’après lui, les gens se fient trop sur les autres, un aspect qu’il reproche à la société. « Moi, je me fie à moi-même, je suis peut-être freak, mais contrairement aux autres, je ne me casserai pas le nez  si quelque chose devait arriver », lance celui qui s’est intéressé aux survivalistes après la crise du verglas de 1998.

 Pas de nucléaire à l’approche

Selon Pierre Faubert, un survivaliste qui se considère dans la haute-moyenne en termes de connaissances, l’avenir est clair : « Il y a une guerre qui se prépare, pas une guerre nucléaire, mais ça s’en vient ». Il est conscient que si jamais le nucléaire devait être utilisé, pas grand monde survivrait. Selon le survivaliste de Saint-Zotique, les armes bactériologiques, telles qu’utilisées en Syrie dernièrement, sont les plus inquiétantes. «  Ce qu’il y a de plus probable et dangereux, c’est une attaque chimique. Les gens craignent une épidémie de rage ou d’un autre virus », a-t-il avancé, soutenant que lui aussi était prêt à partir à tout moment.

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