Les souvenirs d’un pilote de brousse

Richard Delisle

Pendant 30 ans, Richard Delisle, un résident de Rigaud, s’est passionné pour le pilotage d’avions de type Cessna et au fil du temps, il a accumulé pas moins de 1100 heures de vol.

Stéphane Fortier Journaliste

Richard Delisle a aussi bien piloté des avions chaussés de roues, de skis et de flotteurs. Et c’est surtout avec ce type d’appareil, l’hydravion, qu’il a parcouru des contrées comme l’Abitibi profonde.

Mais comment cette passion lui est-elle venue ? « L’aviation m’a toujours intéressé et jeune, je voulais m’inscrire dans l’armée de l’air, mais je n’étais pas assez massif physiquement. Je ne pesais que 140 livres. On m’aurait sans doute assigné à d’autres tâches, mais moi, je voulais être aux commandes des avions », raconte le Rigaudien.

Notre pilote de brousse a finalement commencé à piloter à 30 ans et a débuté avec un Cessna 150.  Plus tard, il achète son propre avion,  licence de pilote bien en main. Au total, Richard Delisle aura été propriétaire d’une quinzaine d’avions. « J’ai commencé avec des roues et je l’ai fait pendant une quinzaine d’années avant de passer à l’hydravion. Je vous dirais que tous les pilotes de brousse ont commencé sur des roues », nous dit Richard Delisle qui a tout de même volé une cinquantaine d’heures sur des skis.

Pendant plusieurs années, notre pilote a transporté des amis ou autres dans des camps de pêche, notamment au réservoir Gouin dans la région de Parent en Abitibi. « Je partais de Pincourt avec mon hydravion avec mon Cessna 180. »

La météo, le pire ennemi du pilote

Il est rare qu’un accident se produise à cause d’un manque d’entretien de l’avion ou d’une défectuosité. « La météo est notre pire ennemi. Mais il y a aussi les nuages au sommet des montagnes qui donnent une idée trompeuse de la situation réelle. Si le pilote n’est pas habitué à voler aux instruments, il est plus à risque de subir une perte de contrôle et cela va vite. Cela ne prend que deux minutes et tu perds la maîtrise de l’avion.

Richard Delisle a toujours été un pilote prudent. La responsabilité de transporter des passagers l’a toujours incité à être encore plus vigilant qu’à l’ordinaire.  « Un jour, je suis parti de Pincourt à 6 h et je suis finalement arrivé à 18 h 30. Normalement, le voyage dure 4 heures et demie. Trois fois j’ai été obligé d’amerrir sur des lacs à cause des mauvaises conditions », relate-t-il.

Quand les nuages sont trop bas, qu’il tombe de la bruine où que des gros nuages sombres ou bourrés de neige se pointent, il vaut mieux revenir sur ses pas. Il y aussi les lacs où se trouvent parfois plusieurs rochers qui présentent un danger. Et les montagnes ? « Il faut se méfier des montagnes qui ont une large pente », indique-t-il.

Avec l’expérience, Richard Delisle a été habitué à bien identifier les nuages, connaître les lacs et leurs caractéristiques. « Et je puis vous dire que les hydravions sont sans doute les appareils les plus sécuritaires. Des plans d’eau, ce n’est pas ce qui manque au Québec et on peut aussi, avec des flotteurs, atterrir sur la terre ferme, des champs par exemple, sans trop abîmer l’avion.

Si l’amerrissage comporte peu de risques, atterrir avec des skis est parfois risqué. « S’il y a de la neige fondante (slush) en dessous de la neige, cela colle et il est impossible de prendre de la vitesse suffisante pour quitter le sol », explique Richard Delisle.

Son intérêt pour la radio amateur a aussi contribué à faire de Richard Delisle encore un meilleur pilote. Mais aujourd’hui, retraité à 69 ans, il ne pilote plus et il s’ennuie de ses voyages dans les contrées sauvages de l’Abitibi.

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