Les sinistrés des inondations s’impatientent à Rigaud

Quatre mois après les inondations, des sinistrés attendent toujours un rapport d’évaluation. Photothèque

Lors de la dernière assemblée du conseil municipal de la Ville de Rigaud, le 14 août dernier, plusieurs sinistrés des inondations sont venus exprimer leur désarroi concernant la réception des rapports d’évaluation des propriétés provenant du Ministère de la Sécurité publique (MSP).

Le problème, c’est que les sinistrés ne peuvent faire une demande de permis de rénovation, de reconstruction ou de démolition de leur propriété sans ces rapports des inspecteurs du MSP et, sans permis, ils ne peuvent recevoir l’aide financière prévue pour l’exécution des travaux. Et là, on se retrouve à quatre mois des inondations.

« Les citoyens sont insatisfaits des délais et nous les comprenons parfaitement, mais il faut qu’ils comprennent que ce n’est pas de notre ressort », indique d’entrée de jeu Marie-Andrée Gagnon, directrice des communications à la Ville de Rigaud. Si la Ville n’a aucun pouvoir sur l’acheminement de ces rapports, Marie-Andrée Gagnon précise toutefois que la Ville a mobilisé des inspecteurs supplémentaires, créé un service, affecté du personnel, aménagé des locaux expressément pour traiter les dossiers reliés aux inondations. « Nous comprenons que les sinistrés ont hâte de savoir à quoi s’en tenir », ajoute-t-elle.

Pas tant de permis

Si une trentaine de personnes ont déposé une demande de permis jusqu’à présent, plusieurs de ceux-ci montraient des dossiers incomplets empêchant ainsi l’émission d’un permis, selon Marie-Andrée Gagnon.  « Les gens peuvent décider de démolir leur propriété sans qu’ils aient obtenu le rapport, mais ils n’auront pas droit à la subvention », précise-t-elle.  La directrice des communications rappelle également qu’une quarantaine de familles sont d’ailleurs toujours à l’hôtel, sans compter ceux qui sont chez des amis ou des proches.

Sur 234 dossiers de sinistrés, sept permis ont été émis jusqu’à maintenant, selon Jeannine Landry, présidente du regroupement des sinistrés de Rigaud. Cette dernière était présente à la séance du conseil municipal et déplore le fait que le maire parle des deux côtés de la bouche. « Nous avons rencontré le maire la semaine précédant le conseil municipal et il nous affirmé qu’il ne délivrait aucun permis avant qu’il obtienne une dérogation du gouvernement lui permettant de relever le niveau des routes concernées par les inondations, notamment le chemin du Bas de la rivière. On s’est alors demandé ce qui arriverait s’il ne l’obtenait pas. Et puis, lundi soir, le discours avait changé puisqu’il a affirmé que les permis seraient délivrés quand même. Où est la vérité? », se demande Jeannine Landry qui vit toujours à l’hôtel.

Pétition

Actuellement, une pétition circule à l’échelle du Québec sur internet à l’intention des sinistrés. De fait, les sinistrés se mobilisent pour faire déclencher une enquête publique sur la gestion du barrage pendant les inondations de cette année.

Il est demandé, sur cette pétition, de déclencher une enquête publique sur les causes des inondations du printemps 2017, afin de déterminer l’impact de la gestion des réservoirs d’Hydro-Québec sur la crue des eaux dans les régions touchées. Cette pétition est disponible sur le site de l’Assemblée nationale du Québec https://www.assnat.qc.ca/…/petition/Petition-6915/index.html.

« Nous allons faire circuler notre propre pétition qui ira dans le même sens. Nous avons fait plusieurs recherches qui tendent à démontrer que la gestion des barrages est mise en question dans le dossier des inondations », révèle Jeannine Landry. La présidente du regroupement et les sinistrés en général, voudraient que les barrages soient gérés en tenant compte des changements climatiques et surtout, gérés en fonction de la situation de ceux qui résident sur le bord des rives. Il faut considérer les nombreux terrains habités qui sont situés à proximité des réservoirs d’Hydro-Québec.

Le 1er mai 2017, les vannes du barrage Mercier ont été ouvertes pour abaisser le niveau du réservoir Baskatong, faisant ainsi passer le débit de 250 à 700 mètres cubes par seconde, entraînant ainsi une hausse du niveau de la rivière Gatineau, des Outaouais et des inondations à Pointe-Fortune et Rigaud, sans oublier Hudson et Vaudreuil-sur-le-Lac.

Pointe-Fortune

Du côté de Pointe-Fortune, selon Jean-Charles Filion, directeur général, trois personnes ont obtenu des permis de rénovation, mais aucune demande ne leur est parvenue pour des démolitions ou reconstructions.

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