Les préposés du poste de l’A-30 en danger

: Parce que les automobilistes circulent trop rapidement à l’entrée du poste de péage de l’autoroute 30 près de Salaberry-de-Valleyfield, la vie des péagers est souvent en danger. Photothèque

Parce que les automobilistes circulent trop rapidement à l’entrée du poste de péage de l’autoroute 30 près de Salaberry-de-Valleyfield, la vie des péagistes est fréquemment en danger.

Karine Brunette est péagiste à cet endroit et a bien voulu témoigner de sa réalité et celle de ses collègues.  « Un certain pourcentage d’automobilistes rend certaines journées plus difficiles, nous dit Karine d’entrée de jeu.  Des commentaires désobligeants, des propos irrespectueux, des jugements sans fondements…, tout ça pour des situations sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir décisionnel », déplore-t-elle.  Karine se dit déçue de voir que certains usagers oublient que les péagistes ne prennent aucune décision opérationnelle concernant le poste de péage.

« Les hausses des tarifs,  l’entretien de l’autoroute, la signalisation, le nombre d’employés…, tout cela est décidé plus haut que nous et comme on dit, nous ne sommes que les messagers », de rappeler Karine.

Une vie en danger

Il faut rappeler ici que chaque jour, en moyenne, quelque 22 000 véhicules croisent le poste de péage. Les péagistes doivent régulièrement sortir de leur guérite, qu’il s’agisse par exemple de pallier des problèmes liés au fonctionnement du système ou encore d’assister un usager. Or ces interventions mettent souvent en danger inutilement les préposés, car ils risquent ainsi d’être happés par un véhicule circulant trop rapidement ou de manière imprudente. Les préposés constatent que la limite de vitesse de 20 km n’est pas respectée. « Ce qui nous met en danger? La vitesse excessive des usagers est une des raisons principales.  Quand la vitesse permise dans les voies est de 20km/h et que certains y passent à plus de 80km/h, ça ne donne aucune marge d’erreur.  Nous devons traverser les voies plusieurs dizaines de fois par jour, que ce soit pour assister un usager perdu, dans une mauvaise voie ou pour un équipement défectueux, les multiples déplacements mettent à risque notre sécurité », explique Karine Brunette.

« Et ce n’est pas tout, s’empresse-t-elle d’ajouter.   Nous vivons aussi de la violence psychologique de façon quotidienne. Des usagers mécontents de l’attente, des camionneurs qui usent du klaxon pour un rien », mentionne-t-elle.  Et il y a des éléments qu’elle avoue ne pas pouvoir divulguer, mais ce n’est pas l’envie qui lui manque.

Et quelles sont les pistes de solutions ? « Nous demandons depuis longtemps des dos d’âne à l’entrée et à la sortie des voies, des radars, une campagne de sensibilisation, de la publicité pour informer la société des dangers que nous courrons. Nous demandons une formation sur la clientèle difficile depuis plus d’un an. Des phrases clés à répondre aux clients qui se montrent agressifs envers nous, pour des cafés lancés, des injures, des blasphèmes, des menaces de mort… », énumère Karine Brunette.

Rappelons qu’il y a quelques semaines, lors d’une consultation publique sur la sécurité routière du ministère des Transports (MTQ), des représentants de 35 péagers ont réclamé de mesures afin de diminuer la vitesse à l’entrée du poste de péage tout en précisant qu’il est nécessaire de favoriser des moyens de prévention et de sensibilisation, afin de contrer les risques d’accident.

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