Les débits d’eau devraient diminuer au barrage Carillon

Pour quelques heures, Hydro-Québec pourrait retenir les eaux, mais ce sont les riverains qui se trouvent avant le barrage qui en subiraient les conséquences. Photo Stéphane Fortier

Hydro-Québec avait deux bonnes nouvelles à diffuser le 9 mai dernier pour les riverains de Pointe-Fortune et Rigaud à savoir que les débits d’eau devraient diminuer au cours de prochains jours.

La fonte de quantités importantes de neige dans le nord du réservoir Baskatong et toute la pluie qui est tombée en avril et en mai ont fait augmenter considérablement les apports en eau du bassin. Parce que oui, tout part du réservoir Baskatong. Et plus loin, se trouve le barrage Mercier qui contribue à retenir les eaux, ce dont ne bénéficie pas le barrage Carillon.

« Je comprends que les gens soient préoccupés, mais pour bien comprendre la situation, il faut d’abord mentionner qu’en raison des fortes précipitations du mois d’avril, le niveau des réservoirs du bassin de l’Outaouais est plus élevé que la normale. Autant de pluie, c’est ça qui était difficile à prévoir. C’est vraiment exceptionnel. On parle du double de précipitation que l’on reçoit habituellement », indique Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec qui rappelle qu’une telle situation ne s’est pas vue depuis 50 ans.

Tout part de l’Outaouais

Louis-Olivier Batty y est allé d’une longue explication pour justifier la gestion de la société d’État dans ce dossier.  « Le volume d’eau déversé par le réservoir Baskatong a notamment été ajusté afin de tenir compte de l’abondance des précipitations, de la sécurité de l’installation et des risques d’inondations à Maniwaki et dans les municipalités avoisinantes, explique le porte-parole. Chaque année, le réservoir a est vidé la première semaine d’avril et a été mis à contribution pour réduire les inondations entre le 15 et le 22 avril dernier. Comme les autres réservoirs sur la rivière des Outaouais, la contribution du réservoir Baskatong prend toujours en compte les conditions anticipées sur la rivière Gatineau.  Le réservoir Baskatong reçoit encore des apports naturels importants ce qui fait remonter le niveau rapidement. Nous devons donc faire une gestion fine des débits, entre les inondations et le remplissage du réservoir. Si le réservoir était à pleine capacité, nous devrions déverser plus du double du débit actuel. Ceci occasionnerait des inondations très importantes, poursuit-il.

Et il reprend : « On retient l’eau du réservoir Baskatong, mais il faut bien en laisser passer un certain débit. On a laissé 500 mètres cubes d’eau à la seconde, mais avec la pluie, le réservoir Baskatong recevait 1 300 mètres cubes à la seconde », révèle Louis-Olivier Batty.

Au barrage Carillon, on parle du contrôle de l’eau de la rivière des Outaouais. « Avec toute cette pluie, on réussit à contrôler 40 % du débit, mais le reste on ne peut le contrôler puisque cela dépend des caprices de la nature », dit-il.

Sur la douzaine de centrales d’Hydro-Québec situées sur la rivière des Outaouais et la rivière Gatineau, la presque totalité est au fil d’eau. Une centrale au fil de l’eau n’est pas conçue pour emmagasiner de l’eau en amont. Le débit qui traverse la centrale est celui de la rivière et tenter de le retenir en amont entraînerait des risques sérieux pour l’installation et les riverains.

« C’est la raison pour laquelle on ne peut retenir l’eau au barrage Carillon. Pour quelques heures, on pourrait le faire, mais ce sont les riverains qui se trouvent avant le barrage qui en subiraient les conséquences. Nous ne pouvons même pas faire des interruptions momentanées », justifie Louis-Olivier Batty.

Au plus haut, Hydro-Québec a laissé passer 8 900 mètres cubes à la seconde, un débit normal pour…un fleuve. Mais là, on parle d’une rivière. « La crue normale est de 5 000 mètres cubes par seconde dans ce secteur. »  La bonne nouvelle ? « L’absence de pluie permettra de réduire le débit à 8 500 mètres cubes pour aujourd’hui (9 mai) et les 10 et 11 mai cela va diminuer de 400 mètres cubes seconde et cela va toujours aller en diminuant », annonce le porte-parole d’Hydro-Québec.

Et de l’autre côté

Du côté du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Louis, le débit est contrôlé par la Commission mixte internationale (CMI). La Commission mixte internationale (CMI) est une organisation canado-américaine dont la fonction est la gestion judicieuse de ces eaux limitrophes entre les deux pays en vue de les protéger au profit des générations actuelles et futures. « Mais ils ont effectué le même genre de gestion que nous en ce qui a trait au contrôle du débit des eaux », précise le porte-parole de la société d’État.

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