Les commissions scolaires sous la loupe

Francine St-Denis s’est exprimée mardi soir devant la commission parlementaire. Photo VIVA média.
Francine St-Denis s’est exprimée mardi soir devant la commission parlementaire. Photo VIVA média.

Éducation – Mercredi prenait fin la commission parlementaire qui se penchait sur le projet de loi 86 qui visait, entre autres, l’abolition des élections scolaires. Francine St-Denis, présidente de la commission scolaire des Trois-Lacs (CSTL) y a pris part.

Rappelons que le Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie (RCSM), dont fait partie la CSTL, a déposé un mémoire dans la foulée des travaux parlementaires sur le projet de loi 86.

Le RCSM, tout comme Francine St-Denis, milite pour le maintien de la démocratie scolaire. Selon eux, celle-ci n’est pas si coûteuse qu’on le laisse entendre et elle permet à nombre de femmes de se familiariser avec les rouages du monde politique. Ils sont aussi d’avis que les taxes scolaires devraient disparaître dans le cas où les élections scolaires seraient abolies selon le principe « pas de taxation sans représentation ».

Changement de position

Or, mercredi matin, La Presse mentionnait une possible ouverture du ministre de l’Éducation Sébastien Proulx à repousser la mise en vigueur du projet de loi 86.
« Je crois que la commission parlementaire a fait changer l’opinion de beaucoup de gens sur les commissions scolaires. Le message que l’on entend depuis 15 ans est que les commissions ne servent à rien. À force de le répéter, c’est devenu une réalité. La commission parlementaire a permis de faire modifier cette perception », explique Francine St-Denis.

Cette dernière est lucide, toutefois. Elle est consciente que les faibles taux de participation aux élections scolaires donnent des munitions à ceux qui souhaiteraient les abolir. Elle se permet une piste de solution.
« Pourquoi ne regrouperait-on pas les élections scolaires et les élections municipales? On ferait des économies et ça motiverait certainement les électeurs à sortir, croit-elle. De nombreuses municipalités ont déjà mentionné leur intérêt. »

Elle plaide, d’autre part, pour la tenue d’états généraux en éducation. Pour elle, une large réflexion en la matière s’impose. Son souhait est partagé par au moins un autre groupe.

En effet, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un syndicat d’enseignants, demande au gouvernement de Philippe Couillard d’agir dès maintenant en permettant la tenue d’une réflexion collective sur l’avenir de l’école publique. Les dernières audiences publiques sur la question au Québec remontent à 1995. À l’époque, souligne la FAE, 2000 participants avaient pu livrer leur analyse des différents éléments portés à leur attention : la mission éducative de l’école, l’accessibilité et la réussite, les cursus d’études, la dynamique pédagogique, la formation professionnelle et technique, la formation continue, le partage des pouvoirs et des responsabilités, l’enseignement privé, la confessionnalité de l’école ainsi que son financement. Selon les représentants du syndicat, plusieurs avancées en avaient découlé, comme le développement du préscolaire 5 ans à temps plein et du préscolaire 4 ans à demi-temps, ou la déconfessionnalisation des écoles.

Reste à voir si l’appel sera entendu en haut lieu.

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