L’amour du drapeau

Le Fleurdelisé a eu 68 ans jeudi dernier.
Le Fleurdelisé a eu 68 ans jeudi dernier.

Société – Nicolas Hugo Chebin enseigne l’histoire au Cégep Gérald-Godin. Pour lui, le drapeau du Québec, même s’il est peu célébré, demeure un symbole d’attachement.

Jeudi dernier, le Fleurdelisé, instauré par Maurice Duplessis le 21 janvier 1948, fêtait ses 68 ans d’existence dans une relative indifférence. Le spécialiste explique pourquoi, selon lui, il en est ainsi.

« L’attachement au drapeau est lié à notre fierté. Le nationalisme au Québec existe, mais c’est une question sensible surtout après les deux référendums », souligne l’historien.

Aussi croit-il que la relative indifférence envers le Jour du drapeau est liée à sa nouveauté dans l’histoire québécoise. Il soutient, de plus, que le Fleurdelisé se retrouve noyé dans une mer de logos et dans ce qu’il qualifie d’individualisme rampant. « Les gens se raccrochent aux symboles en situation de crise; ce qui n’est pas le cas présentement », relate Nicolas Hugo Chebin.

Un coup de génie

Aux dires du professeur, le nationalisme québécois ou canadien-français n’était pas un fait nouveau en 1948. « Avant cette date, les Canadiens-Français étaient attachés à trois drapeaux: celui du régiment de Carillon [semblable au Fleudelisé, mais avec les fleurs de lys tournés vers l’intérieur], le drapeau du Vatican et celui de la France, détaille le pédagogue. Avec son décret ministériel, le premier ministre Maurice Duplessis a unifié les symboles de la nation et s’est assuré de gagner ses élections. Il a joué un gros coup. »

Au final, il soutient que l’attachement au drapeau peut être vu comme un cycle. Ainsi, selon lui, il ne serait pas étonnant que les Québécois deviennent démonstratifs dans les prochaines années.

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