La fin d’Énergie-Est : Réactions régionales

TransCanada a annoncé le 5 octobre qu’elle mettait fin à son projet Oléoduc Énergie Est.

Par voie de communiqué, le Président et Chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, a déclaré ce qui suit :

« À la suite d’une analyse approfondie des nouvelles exigences, nous informerons l’Office national de l’énergie que nous ne poursuivrons pas les démarches relatives à nos demandes pour les Projets Énergie Est et du Réseau Principal Est. TransCanada avisera également le ministère québécois du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques qu’elle retirera le projet Énergie Est du processus d’examen environnemental. »

Cet oléoduc devait entre autres passer par les villes de Pointe-Fortune et de Rigaud.

Réaction de la MRC Vaudreuil-Soulanges

La MRC de Vaudreuil-Soulanges, grandement engagée dans les différents dossiers énergétiques dans la région, s’est dite satisfaite d’apprendre l’abandon du projet d’oléoduc Énergie Est, mais elle insiste sur le fait qu’elle reste sans réponses face à plusieurs préoccupations.

« Nous sommes déjà saturés de ce type d’infrastructures sur notre territoire. Oui, c’est pour nous une bonne nouvelle de savoir que ce projet a été abandonné. Cependant, nous n’avons toujours pas de réponses quant à des plans de mesures d’urgence pour protéger nos prises d’eau potable ni par rapport aux enjeux de fiscalité des pipelines », de dire Jean A. Lalonde, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Très-Saint-Rédempteur.

En effet, la MRC n’a toujours pas obtenu de réponses à ses multiples demandes aux différents acteurs d’obtenir des plans de mesures d’urgence pour protéger son territoire, ses prises d’eau potable et ses citoyens. La MRC tient par ailleurs à rappeler qu’elle refuse de subventionner indirectement les pipelines et demande donc au gouvernement provincial de voir à ce que celles-ci puissent être taxées équitablement.

Réaction du groupe Les Citoyens au courant

Le groupe local Les Citoyens au courant a lui aussi tenu à réagir à la nouvelle. Ce collectif citoyen, membre du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, a depuis le début joué un rôle majeur dans la mobilisation contre le projet. Ses membres ont souhaité mettre en lumière l’engagement de tous leurs collaborateurs, dont le Centre québécois du droit de l’environnement. Ils ont rappelé que leurs efforts à organiser des conférences d’experts et des rencontres publiques, à informer et échanger avec les élus, à collecter plus de 100 000 noms dans le cadre d’une pétition, à rédiger des mémoires, à sensibiliser la population et à avoir à cœur la sécurité des citoyens et de l’environnement ont porté fruit.

« La liste des citoyens et des groupes qui ont lutté contre ce projet est longue, et le travail a été dur et parfois démoralisant. Cette conclusion heureuse indique que les citoyens ont plus de pouvoir qu’ils ne le croient », a exprimé le groupe par voie de communiqué

« Chaque geste et chaque parole compte, il ne faut pas baisser les bras. Nous pouvons changer les choses », a laissé savoir Katherine Massam, porte-parole des Citoyens au Courant.

Le groupe nuance toutefois son propos, car d’autres batailles restent à être menées. « Énergie Est a été abandonné. C’est une victoire. Mais il reste le pipeline Enbridge 9B et la nouvelle loi 106 québécoise sur les hydrocarbures, qui ouvre la voie au développement de la fracturation au Québec », ont-ils prévenu.

Réaction de la députée Anne Quach

D’emblée, Anne Quach, députée fédérale dans Salaberry-Suroît, parle d’une excellente nouvelle pour la population de la région. « Voilà une preuve que l’acceptabilité sociale peut avoir un impact réel. J’aimerais d’ailleurs mettre en lumière le travail du groupe Les Citoyens au courant et des élus de la région dans la mobilisation en lien avec ce projet. Cette victoire leur revient. Sans leur appui, on n’en serait pas là », a-t-elle dit.

Elle nuance toutefois son propos, indiquant que tout n’est pas gagné. « Il y a toujours des lacunes. Actuellement, nous ne sommes pas à l’abri d’un déversement du pipeline 9B d’Enbridge dans la rivière des Outaouais qui compromettrait la source d’eau potable de près de 3 millions de citoyens. Ce n’est toujours pas démontré que l’eau n’est pas en danger », précise-t-elle.

La députée indique qu’elle aimerait voir dans cette décision un véritable virage vers les énergies vertes, mais rappelle qu’elle ne voit pas de volonté réelle du gouvernement libéral sur ce point. « Bien que les libéraux l’avaient promis, il n’y a toujours pas eu de réforme de l’Office national de l’énergie. La commissaire à l’environnement du Parlement du Canada a affirmé récemment que le Canada ratera ses cibles de réduction du gaz à effet de serre. J’aimerais y voir un virage, mais actuellement, aucune action n’est posée », conclut-elle.

Événements publics

D’ailleurs, deux rencontres publiques se tiendront en octobre, pour en apprendre davantage sur les projets d’oléoducs et leurs impacts.

Le 16 octobre au Wyman Memorial United Church de Hudson, de 7 h à 8 h 30, Steven Guilbeault proposera une conférence en anglais. Il parlera entre autres de l’engagement citoyen qui a mené à l’abandon du projet Énergie Est, de la question de la loi 106, des oléoducs 9B d’Enbridge et de TransNord, ainsi que du développement de l’industrie de gaz et pétrole de schiste au Québec.

Le 30 octobre de 19 h à 20 h 30, l’expert en traitement des eaux Guy Coderre offre pour sa part une conférence en français sur la protection des plans d’eau et l’impact d’une fuite dans la rivière des Outaouais. L’événement a lieu au Centre National de Formation en Traitement de l’Eau du Centre Paul Gérin-Lajoie, sur le campus de la Cité-des-Jeunes.

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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