La CSTL explique

Surplus et mains liées

Pour Chantal Beausoleil, directrice du Service des ressources financières et du transport, le surplus inscrit au budget de près de 15 millions de dollars est trompeur. Elle souligne que la Commission scolaire des Trois-Lacs (CSTL) n’a pas autant de pouvoir, qu’il soit financier ou décisionnel, qu’il n’y paraît.

«Nous ne pouvons pas nier que 14 901 400 $ apparaissent à la ligne surplus du budget, mais plus ou moins le tiers de cette somme nous appartient réellement », explique la comptable. Plus précisément, 3,7 M$ sont affectés aux terrains, que la CSTL ne peut vendre et 5,4 M$ est prévu pour une banque pour les congés et les vacances des employés. Cette dernière tranche est fixée par le gouvernement et la CSTL n’a aucun pouvoir dessus. « Le véritable surplus, additionné depuis la création de notre commission scolaire est de 5,5 M$, mais il ne s’agit pas là d’argent sonnant, poursuit Chantal Beausoleil. Ce sont des sommes que nous avons dégagées au fil des années, lorsque nous n’avions pas de déficit, et qui ont servi à procéder à certains achats ou améliorations. Je tiens à signaler que les commissions scolaires ne peuvent pas prévoir de déficits ou de surplus, mais une saine gestion au cours de l’année nous permet d’épargner sur certaines dépenses. »

Qui plus est, la responsable explique que le gouvernement autorise les commissions scolaires à utiliser, annuellement, 10% du surplus accumulé au fil des ans. « Dans notre cas, ça représente plus ou moins 550 000 $, mais nous avons eu l’autorisation d’aller jusqu’à 1 M$. Ça explique pourquoi nous avons prévu dégager 900 000 $ du surplus pour l’exercice

Une augmentation imposée

Chantal Beausoleil est d’accord avec Francine Charbonneau, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement primaire et secondaire. « Le gouvernement fait effectivement porter l’odieux de la faute aux commissions scolaires avec cette augmentation des taxes scolaires. » Rappelons que les contribuables de la région desservie par la CSTL ont appris qu’ils devront assumer une hausse de 9 % en moyenne des taxes scolaires. La responsable financière souligne que le gouvernement est en processus de redressement budgétaire et il intègre les commissions scolaires dans sa démarche. « Nous avons reçu les informations et nous avons dû trouver les moyens d’appliquer les demandes ministérielles. Ça n’a pas été des décisions faciles dans certains cas », plaide-t-elle.

Par ailleurs, Chantal Beausoleil note qu’il s’agit d’un certain retour du balancier. « Avec le boom immobilier de la dernière décennie, note la directrice, le gouvernement libéral avait mis en place, en 2007, un crédit pour amortir la hausse des évaluations foncières qui aurait fait augmenter les taxes scolaires. Les municipalités qui connaissent les plus grosses hausses actuellement sont celles qui ont le plus bénéficié de ce crédit. » Ce crédit disparaîtra progressivement jusqu’à l’année scolaire 2015-2016.

Les nouvelles décisions budgétaires du gouvernement du Québec auront une incidence sur les services aux élèves, selon la directrice. « C’est certain qu’il y aura un impact. On injecte moins d’argent sans en enlever. Nous devons faire plus avec moins. En plus, la clientèle ne cesse d’augmenter. »

Colette Frappier, conseillère au Service des communications, image, en conclusion, la situation que vit la CSTL : « Nous n’avons pas la souplesse que les chiffres semblent démontrer. »

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *