Journée mondiale de l’autisme: Vivre avec le syndrome d’Asperger

Jérémie a 19 ans. Ses parents lui ont appris qu’il était atteint du syndrome d’Asperger lorsqu’il avait 13 ans. En lui dévoilant, ils lui ont fourni des réponses aux questionnements qui le hantaient. Quelques jours avant la Journée mondiale de l’autisme, le 2 avril, VIVA média a discuté avec le jeune homme à propos de la vie avec ce syndrome.

« Mes parents l’ont su par mon agressivité quand j’étais jeune. Moi, je l’ai su à 13 ans. Je me posais des questions. Je voyais que j’étais différent des autres et que j’avais de la difficulté dans certaines affaires. Je bégayais souvent, j’avais tendance à avoir moins d’affinité et à être moins social avec certaines personnes. C’est là que mes parents m’ont dit que j’étais atteint d’un tel syndrome », raconte Jérémie. Quand on lui a décrit ce que c’était, il s’est rendu compte que cela correspondait à la personne qu’il était.

Ses parents ont eu le diagnostic vers l’âge de trois ans. Ils avaient consulté parce qu’ils avaient constaté une différence au niveau du comportement et du langage. Ils ont accédé rapidement aux services, ce qui selon eux a aidé Jérémie à se développer.

« À Sainte-Justine, Jérémie était en classe de jour, pendant un an, avant d’être transféré en classe de langage quatre ans. Il a toujours été pris en charge dès l’âge de trois ans. Cela mettait un nom sur nos inquiétudes et l’on avait tous les services appropriés en ergothérapie et en orthophonie. Je suis certaine que de ne pas avoir eu ces services, il ne serait pas rendu où il est rendu aujourd’hui », affirme sa mère Caroline, avouant que comme parents ils étaient inquiets pour son avenir et ils se questionnaient sur son développement. Ils se sont beaucoup battus avec le système pour que leur fils aille à l’école dans des classes de langage et non dans des classes pour les jeunes vivant avec une déficience. Il a été l’un des premiers dans la région à pouvoir bénéficier des classes TED, nouvellement ouvertes.

Mieux comprendre

Le syndrome d’Asperger fait partie du trouble du spectre de l’autisme. Les personnes qui en sont atteintes ont des difficultés d’interaction sociale, de communication et de perception cognitive. On ne peut pas en guérir, mais il est possible d’appliquer des stratégies éducatives et comportementales pour mieux vivre avec.

Jérémie explique qu’il n’a pas de retard de langage, ni de déficience intellectuelle. Son syndrome est comme les autres formes d’autisme. Il a des difficultés dans ses interactions sociales, associées à ses intérêts restreints ou à ses comportements répétitifs. Le jeune homme de Saint-Lazare a tendance à être très ordonné et à classer ses affaires.

« Tous mes films sont classés d’une certaine manière. Pour moi, c’est important de suivre un certain ordre précis. Dans ma garde-robe, je place mes pantalons d’un côté et mes chandails de l’autre côté. Si je vois des crayons, j’aime classer les couleurs avec les couleurs. Je n’ai pas tendance à tout mélanger. Je classe certains objets du plus grand au plus petit », explique le jeune homme, avouant aimer aussi les habitudes et les traditions.

Se lier aux autres

Développer des amitiés est difficile pour lui, bien qu’il compte quelques amis dans son entourage. Célibataire, il aimerait également entrer en relation avec une fille. La proximité avec une autre personne ne l’effraie pas. Trouver la bonne, celle avec qui il partagera certains intérêts est plus compliqué, par contre.

D’autres signes, que l’on retrouve à divers niveaux chez les personnes atteintes, sont entre autres une intelligence normale à supérieure, un langage et une compréhension au sens littéral des expressions, une manière de parler manquant de naturel, l’absence d’un langage corporel et des expressions du visage ainsi qu’un attachement excessif à certains objets ou une fixation sur un sujet.

« On a un peu de misère à avoir de l’empathie ou à ressentir des émotions. On est vulnérable à de nombreux troubles d’humeur. On souffre souvent d’anxiété et de stress. C’est l’un de nos gros problèmes. J’ai quand même trouvé des trucs pour moins stresser et je suis médicamenté aussi. Mes trucs sont de penser à autre chose et de m’occuper », souligne-t-il.

« J’ai de la misère à comprendre certaines jokes. Des fois je peux les prendre mal ou je peux les prendre au sérieux. »

En parlant de son syndrome, Jérémie aimerait démontrer son intérêt à se rendre loin dans la vie. Il donne l’exemple de personnes atteintes du syndrome qui sont scientifiques, auteurs, acteurs… Lui, il rêve de devenir cinéaste. Il compte sur l’école de la vie pour se tailler une place dans le domaine. Comme son parcours académique commence à lui peser, il souhaite arrêter ses études. Il suit, en ce moment, une formation à un métier semi-spécialisé (FMS), tout en complétant son secondaire 2. Ses parents sont d’accord avec son choix d’arrêter l’école.

« Il a presque 20 ans et est mélangé avec des jeunes de 13 ou 14 ans dans sa classe. Jérémie est quand même mature. Je pense que c’est une bonne chose et c’est une autre étape dans sa vie. On voit cela d’un bon œil. On a encore des services qui se donnent dans la région. Le SRSOR s’occupe de l’ajustement pour le travail et la vie au quotidien. Ils sont dans le portrait depuis que Jérémie a quatre ans », détaille sa mère, confiante pour l’avenir, même si les services scolaires s’arrêteront à partir de moment où Jérémie atteindra l’âge de 21 ans ou lorsqu’il quittera l’école.

« Mon stage actuel me donne de l’expérience, me montre un métier semi-professionnel et m’apprend comment fonctionne le marché du travail », conclut-il, en rappelant que sa grande passion dans la vie est le cinéma. Il en consomme beaucoup et espère y faire carrière.

 

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