Île Perrot : une seigneurie aux accents féminins

Pour leur 25e anniversaire, les Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion célèbrent l’histoire unique bien qu’entremêlée des 5 seigneuries qui composent le territoire actuel de Vaudreuil-Soulanges : île Perrot, Rigaud, Vaudreuil, Soulanges et Nouvelle Longueuil. Pour amorcer ce survol historique, débutons avec la première seigneurie concédée; celle de l’île Perrot.

L’histoire de la seigneurie de l’île Perrot débute il y a plus de 340 ans, en 1672. Cette année-là, l’île est concédée à François-Marie Perrot, un noble proche de Jean Talon, qui occupait alors le poste de gouverneur de Montréal.

Dans le but de faire le commerce de la fourrure, Perrot délègue ses pouvoirs à Antoine Lafrenaye de Brucy. Ce dernier recevra d’ailleurs un fief en 1676 qui accueillera certains des premiers colons du territoire. Bien qu’il ne demeure seigneur que durant 12 ans, le nom de Perrot reste attaché à l’île. En 1684, lorsqu’il est démis de ses fonctions, il est dans l’obligation de vendre sa seigneurie. Il la cède donc à Charles Le Moyne de Longueuil, en 1684.

Les armoiries de François-Marie Perrot sont devenues aujourd’hui celles de la Ville de L’Île-Perrot. Les deux croissants sont aussi présents dans les armoiries de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. Crédit Centre d’archives de Vaudreuil-Soulanges.

 

Durant près de 20 ans, Charles Le Moyne de Longueuil et ses héritiers conservent la seigneurie, qui portera alors le nom de fief Maricourt. Pendant ces 20 années, les Le Moyne de Longueuil ne développeront pas la seigneurie. Ils la conserveront ainsi jusqu’en 1703.

Ce qui est alors remarquable pour l’histoire de la région, c’est ce que la seigneurie sera vendue à un roturier, soit un non-noble. En effet, en 1703, les Le Moyne de Longueuil ont vendu leur seigneurie à Joseph Trottier-Desruisseaux, un marchand qui a fait fortune dans la fourrure.

Lorsqu’il décède en 1713, c’est son épouse Françoise Cuillerier qui hérite de tous ses biens. Jusqu’à sa mort en 1752, elle assurera le développement de la seigneurie, qui connaîtra son véritable essor. C’est aussi à cette époque que sont construits le moulin et la maison du meunier, que l’on peut toujours visiter aujourd’hui.

Au décès de Françoise Cuillerier, la seigneurie passera à la famille Leduc, puis aux Dennis, entre autres. En 1765, la seigneurie compte plus de 300 habitants. Le nombre de seigneurs roturiers, non issus de la noblesse, alla en se multipliant avec la division de la seigneurie en 2 secteurs en 1817.

Il faudra attendre jusqu`à la fin du régime seigneurial en 1854 pour qu’un premier pont de chemin de fer relie l’île à Montréal et à Vaudreuil.

Pour vivre l’histoire et en apprendre davantage sur la vie quotidienne en Nouvelle-France, rendez-vous aux Seigneuriales de Vaudreuil-Dorion les 1er, 2, 3 et 4 juin, sur le terrain du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges. L’ensemble de la programmation est disponible au www.seigneuriales.com.

Recherches : Jean-Luc Brazeau, historien

Crédit photo à la Une : Centre d’archives de Vaudreuil-Soulanges

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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