Hurler à la création

Kim Despatis et Florence Longpré dans la pièce Hurlevents vue par des étudiants de la Cité-des-Jeunes. Photo Gunther Gamper

L’enseignant de l’École secondaire de la Cité-des-Jeunes, Michaël Grégoire, est allé voir la pièce Hurlevents avec ses élèves de 4e secondaire des groupes de français enrichi.

La pièce présentée au théâtre Denise-Pelletier a inspiré plusieurs des étudiants qui ont décidé d’en faire une critique. Au cours des prochaines éditions, nous publierons quelques-uns des textes de ces jeunes.

Voici un premier article proposé par Eugénie Pilon qui a vécu une formidable soirée de théâtre.

Aller voir une pièce de théâtre est un moyen de s’échapper de notre réalité. Hurlevents, une pièce extraordinaire écrite par Fanny Britt et brillamment mise en scène par Claude Poissant au théâtre Denise-Pelletier, nous fait réfléchir à la réalité actuelle.

Cette création originale met en scène trois colocataires perdus en amour. Recevant leur professeur de littérature pour souper, les milléniaux devront s’adapter aux arrivées et aux départs incessants de connaissances de tous genres. Mystérieux, déterminés et amoureux, les personnages se découvriront dans des conditions peu propices au bonheur…

L’atmosphère tendue de la pièce est magnifiquement installée par les comédiens. Étalant leurs sentiments à la vue de tous, ils ont réussi à créer un lien unique et précieux avec le public. Souvent perdus dans leurs problèmes, les jeunes adultes interprètent de façon spectaculaire nos insécurités. La majorité du temps, ils nous ressemblent dans leur manière de s’habiller et de parler. Ainsi, il est facile pour nous de s’identifier à eux. Par contre, le vocabulaire trop enrichi et soutenu nous fait, de temps à autre, perdre le fil.

Heureusement, le talent de Fanny Britt, l’auteure, nous permet de trouver des repères aisément et de nous guider dans l’action trépidante d’Hurlevents. Le texte étoffé nous fait entrer dans l’univers des trois colocataires. Un univers mélangeant et perturbant du début à la fin nous oblige à rester éveillés. Les liens intrigants avec le livre Les Hauts de Hurle-Vent nous donnent envie de savoir la fin de la pièce et de plonger dans l’histoire d’Émily Brontë. Ce spectacle enivrant a eu cet effet grâce au texte et à l’ingéniosité de Claude Poissant.

Contrairement à ce que l’on peut penser, le décor est simpliste, mais idéal pour la création. Une table située au plafond de l’aire de jeu paraît inutile, mais a une signification particulière après réflexion. De plus, la lumière émise par la table crée une ambiance intime. Cette dernière est rehaussée grâce aux effets sonores percutants utilisés par Claude Poissant. Le décor et le son nous permettent de croire encore plus à la pièce et de plonger plus profondément dans l’univers d’Hurlevents.

Le son, la mise en scène et la précision des comédiens rendaient justice à l’excellente plume de Fanny Britt. Hurlevents est une pièce singulière qui nous fait réfléchir à nos sentiments et à nos amitiés. Un message difficile à saisir, mais une fois qu’il est trouvé, plusieurs autres surviennent. Impossible d’avoir la tête vide après un tel phénomène!

Par Eugénie Pilon

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Informez-vous
Publicité
PUBLICITÉ