Hôpital Sainte-Anne : départs massifs liés au transfert

Après plus de quatre ans de pourparlers entre les gouvernements fédéral et provincial, l’Hôpital des vétérans de Sainte-Anne-de-Bellevue passera sous juridiction provinciale le 1er avril.

Les employés de l’établissement, membres du Syndicat des employés-e-s des anciens combattants (SEAC) de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), y voient l’aboutissement de leurs pires craintes.

En effet, dès l’hiver 2011, les employés avaient soulevé les dangers d’un éventuel transfert, en insistant sur la qualité des soins prodigués aux vétérans de guerre. Au fils des mois et des années, ils ont multiplié les conférences de presse et les rassemblements pour tenter de se faire entendre.

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Conférence de presse du mois d’août 2015, pour dénoncer l’inaction des paliers de gouvernement.

Plus récemment, au mois d’août 2015, au début de la campagne électorale fédérale, le syndicat avait tenu une ultime conférence presse pour exprimer leur mécontentement d’être tenu à l’écart des négociations et leurs inquiétudes quant au sort des vétérans. À ce moment, Yvan Thauvette, le l’AFPC, évaluait que les délais du transfert et les l’appauvrissement des conditions de travail allaient forcer le départ de 50 % du personnel et nuire aux soins prodigués. « Ce serait une perte importante en matière d’expérience auprès de la clientèle de l’hôpital. L’hôpital Sainte-Anne est une référence en gériatrie, en psychiatrie et en réadaptation. On pourrait perdre ce bagage d’expérience et ce sont les vétérans qui en paieront le prix », avait alors expliqué le représentant syndical.

Ce que les employés avaient esquissé comme sombre portrait semble aujourd’hui prendre forme.

Plusieurs employés claquent la porte

En effet, les employés membres du syndicat ont reçu les nouvelles propositions de travail, et devaient se prononcer avant le 2 janvier 2016. À cette date, 41 % de ces employés ont choisi de quitter leurs fonctions, soit plus de 300 personnes. « Ce chiffre s’approche du 50 % que nous avions évalué. Nous croyons que d’autres employés, qui ont pour l’instant accepté les conditions du transfert, quitteront à leur tour plus tard », laisse entendre Jean-Marc Côté, président du Syndicat.

Selon lui et les membres, très peu d’incitatifs ont été mis en place pour encourager les employés actuels à demeurer en poste. La perte des acquis en matière d’assurance est soulevée, mais également l’éventuelle obligation à payer le stationnement. « Certains employés qui résidaient loin du site, mais qui s’y déplaçaient tout de même en raison des bonnes conditions n’y voient plus d’avantages. Et pour les employés plus âgés, il était plus avantageux d’opter pour la retraite. Toute l’expérience de l’hôpital s’effrite », ajoute Jean-Marc Côté.

Pour le Syndicat, le dossier du transfert laisse manifestement un goût amer. « On ne nous a jamais écoutés. L’action du 19 août n’a pas eu l’impact escompté. Tout ce que nous avions prévu est en train d’arriver. Pour l’instant, nous nous inquiétons pour l’avenir, tout particulièrement en termes de recrutement », conclut le président du syndicat.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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