Gouvernance : une réforme qui passe mal

Francine Saint-Denis souligne que la réforme n’est qu’un brassage des structures et qu’il n’apporte rien aux élèves qui devraient être au cœur des priorités du ministre Blais. Photo Christopher C. Jacques
Francine Saint-Denis souligne que la réforme n’est qu’un brassage des structures et qu’il n’apporte rien aux élèves qui devraient être au cœur des priorités du ministre Blais. Photo Christopher C. Jacques

Éducation – La présidente de la Commission scolaire des Trois-Lacs (CSTL) en a contre le projet de loi 86 du ministre de l’Éducation François Blais. Selon elle, les modifications apportées ne présentent aucun avantage pour les élèves et leurs parents.

Le projet de loi vise à remplacer le conseil des commissaires par un conseil scolaire formé de parents, de membres du personnel de la commission scolaire et de personnes de la communauté. Il abroge aussi les élections scolaires.

« La loi vise, grosso modo, à tasser tous les irritants pour le ministre. Les commissions scolaires avaient le rôle de contrepoids à son pouvoir. Il ne veut plus que ce soit le cas. Aussi, en abrogeant les élections scolaires, il fait disparaître une instance de gouvernance locale. Tout va être géré à partir de Québec, avec des directives similaires pour toutes les régions de la province », insiste Francine Saint-Denis, présidente de la CSTL.

Elle réfute aussi l’argument du ministre selon lequel la nouvelle formule donnera plus de pouvoir aux parents au sein des écoles. « S’il voulait vraiment leur donner plus de pouvoir, il n’avait qu’à octroyer le droit de vote aux parents qui siègent sur le conseil des commissions scolaires. Avec la réforme, un parent qui siège sur le conseil d’établissement d’une école ne peut avoir de rôle sur le conseil de sa commission scolaire. On va nous faire croire que ce parent a plus de pouvoir? », s’interroge-t-elle.

Taxation et démocratie

La réforme ferait disparaître les élections scolaires tout en maintenant le pouvoir de taxation des commissions scolaires. Une aberration selon la présidente : « La commission scolaire n’aura plus de compte à rendre à la population; seulement au ministre. »

Elle craint ainsi l’instauration d’une démocratie facultative. Rappelons que des élections pourraient être tenues si 15 % des parents d’une école le désirent. Dans le cas contraire, les commissaires seraient nommés par le conseil d’établissement. « Tous les contribuables paient des taxes scolaires. Or avec la réforme, ceux qui ne sont pas parents n’auraient pas leur mot à dire dans la gestion de commissions scolaires », résume l’élue scolaire.

Les représentants de la CSTL prépareront leurs contre-arguments dans les prochaines semaines afin de déposer un mémoire en commission parlementaire.

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