Frais de garde : facturation selon le revenu

En août 2013, Lucie Charlebois (à gauche) et Francine Charbonneau (au centre) qualifiait la hausse proposée par le PQ de "choc tarifaire".
En août 2013, Lucie Charlebois (à gauche) et Francine Charbonneau (au centre) qualifiaient la hausse proposée par le PQ de « choc tarifaire ».

L’annonce est tombée jeudi après des semaines de rumeurs. Les parents de Vaudreuil-Soulanges qui ont recours à un service de garde payeront une facture selon leurs revenus. Une décision qui ne fait pas que des heureux.

« On fait avancer le Québec », clame Lucie Charlebois, députée de Soulanges et ministre de la Réadaptation, de la Protection de la jeunesse et de la Santé publique. Selon elle, cette décision du gouvernement assurera l’universalité du service en tenant compte de la réalité des familles à faible revenu.

Sur la promesse faite par le Parti libéral du Québec, lors de la dernière campagne électorale, de seulement indexer les frais de garde, la députée répond que l’engagement avait été pris en l’absence d’une connaissance claire de l’état des finances publiques sous le dernier gouvernement du Parti québécois. « Le déficit, comme nous l’avons découvert, n’était pas prévu, explique la députée. Nous sommes scrutés par les agences de crédit. Nous devons rétablir leur confiance avec un plan de match financier clair. »

Lucie Charlebois souligne, par ailleurs, que la contribution proportionnelle des parents aux frais de garde n’a cessé de diminuer au fil des ans.

L’argent dégagé par cette hausse n’ira pas au financement du réseau des services de garde, du moins pas entièrement. « Les sommes permettront aux Québécois de recevoir une foule de services », commente la députée de Soulanges.

La députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, affirme comprendre les réactions de mécontentement. Elle précise : « Je comprends les parents, mais je les invite du même coup à bien observer la situation. La hausse est juste pour tout le monde. »

« La politique des frais de garde est très généreuse compte tenu des revenus de l’État québécois », Marie-Claude Nichols.

Un réseau en furie

La modulation fait grincer des dents du côté de l’Alliance des intervenantes en milieu familial du Suroît (ADIM-Suroît) et de sa directrice générale, Mélanie Piché. « Nous sommes fermement en désaccord avec la décision du gouvernement, et nous comptons nous faire entendre dans les jours et semaines à venir », explique l’administratrice.

Pour elle, la modulation met en danger la situation financière de nombreuses jeunes familles de la province.

Elle rejette, notamment, l’argument avancé par la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, selon lequel la décision permettra au gouvernement de créer de nouvelles places en garderies. « L’argent n’ira même pas dans le réseau. Il servira à éponger la dette du Québec. Ç’a été confirmé », déplore Mélanie Piché.

Cette dernière, aussi, refuse de croire que le gouvernement libéral et son équipe n’étaient pas au courant de la piètre situation financière du Québec. « Les Libéraux ont été au pouvoir de 2003 à 2012, c’est neuf ans. Le Parti québécois a été en poste 18 mois. Les Libéraux ne me feront pas croire qu’ils n’avaient aucune notion des états financiers à leur retour au pouvoir. Toute la dette n’a pas été contractée par Pauline Marois », affirme la représente syndicale.

Elle s’inquiète, enfin, de l’effet de cette mesure sur la proportion de femmes au travail.

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