Financement: Les organismes communautaires exsangues

Johanne Nasstrom, directrice de la Table régionale des organismes de la Montérégie, souligne que les 3000 organismes de la province appuient 2 millions de Québécois chaque année.
Johanne Nasstrom, directrice de la Table régionale des organismes de la Montérégie, souligne que les 3000 organismes de la province appuient 2 millions de Québécois chaque année.

Les organismes communautaires de la Montérégie et de Vaudreuil-Soulanges en ont assez; ils demandent au gouvernement d’investir 225 millions pour les appuyer dans leur mission.

 

Une centaine de manifestants ont envahi la façade des bureaux clétois de Lucie Charlebois, députée de Soulanges et ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique dans le cadre de la campagne Je soutiens le communautaire.

Les représentants du secteur communautaire affirment que le gouvernement fait la sourde oreille aux revendications des organismes, revendications qui leur permettraient de réaliser pleinement leur mission. Ils arguent, de plus, que les organismes sont forcés de travailler dans des conditions difficiles et sont parfois dans l’incapacité de répondre à toutes les demandes d’aide qui augmentent.

Annie Tranchemontagne, directrice générale de la Maison des Jeunes de Rigaud, s’inquiète des répercussions du manque de financement sur le service à la population. « Les frais d’entretien et d’administration augmentent annuellement, mais le financement ne suit pas. Nous sommes obligés, parfois, de réduire les heures de service ou de fermer. C’est notre clientèle qui est touchée directement », laisse entendre l’intervenante.

Incompréhension

La ministre et députée Lucie Charlebois semble pantoise devant les revendications des groupes communautaires. « Nous n’avons jamais coupé le financement, bien au contraire, lance la politicienne. Sous le dernier gouvernement libéral, de 2003 à 2012, le financement du milieu communautaire a augmenté de 80 %. Il est passé de 274 millions à 478 millions. En 2014, ce sont 521 millions qui auront été investis. »

Elle est d’ailleurs d’avis que les demandes du milieu communautaire sont surréalistes. Pour elle, il serait irresponsable pour son gouvernement de dépenser des sommes qu’il ne détient pas. « Notre volonté d’accéder au déficit zéro en 2015-2016 n’est pas une lubie; il s’agit d’un processus nécessaire. L’État québécois est surveillé par les agences de crédit. Une décote signifierait une hausse des taux d’intérêt », explique Lucie Charlebois. Une répercussion qui serait pour le moins coûteuse pour les contribuables, renchérit-elle.

D’autre part, pas question pour elle de faire de la politique sur le dos des citoyens vulnérables. « Je suis en contact constant avec les représentants du monde communautaire, poursuit la ministre. Je les connais et je tiens à les défendre. »

Elle s’engage, dans cette optique, à ne pas couper le financement des groupes communautaires pour la prochaine année, or, elle se montre plus vague en ce qui concerne l’avenir : « Nous n’avons jamais coupé le financement, bien au contraire. Si le futur est garant du passé, les gens du milieu n’ont pas à s’en faire. »

Guy Leclair à la défense du milieu communautaire

Le député de Beauharnois, le péquiste Guy Leclair, joint sa voix à celle des organismes communautaires qui cesseront leurs activités pendant 225 minutes pour exiger du gouvernement libéral le rehaussement de leur financement.

Le politicien dénonce le refus du gouvernement de bonifier ce financement et demande à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, d’écouter les citoyens et le personnel des organismes qui manifestent aujourd’hui, et de poser des gestes concrets rapidement.

« Depuis l’arrivée du gouvernement libéral, affirme le député de Beauharnois, une coupe n’attend pas l’autre. Cette ère d’austérité nous inquiète tous. Dans son discours d’ouverture, le 21 mai dernier, le gouvernement nous disait que “les services destinés aux personnes les plus vulnérables de notre société et la sécurité de la population [feraient] l’objet d’une attention particulière”. Force est de constater qu’en effet, ces services reçoivent une attention et, surtout, des coupes particulières. »

« Le refus du gouvernement de rehausser le financement des organismes communautaires met en péril plusieurs actions qui sont posées au quotidien auprès des personnes les plus vulnérables de notre société; c’est inacceptable. […] En aucun cas les plus vulnérables ne devraient faire les frais de l’austérité libérale », a conclu Guy Leclair.

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