Enbridge : Mobilisation à Pointe-Fortune

Plusieurs membres du groupe Les Citoyens au Courant étaient de passage à Pointe-Fortune le 22 mars pour sensibiliser les résidents sur différents enjeux liés à l’oléoduc 9b d’Enbridge. Ils ont tout particulièrement abordé l’épineuse question du test hydrostatique.

« Notre but était de rencontrer les citoyens qui, tout comme nous, sont directement touchés par la présence de l’oléoduc. Nous souhaitions leur expliquer que la compagnie Enbridge entend apporter des changements majeurs à la structure, sans faire de tests hydrostatiques », explique Serge Dion, des Citoyens au Courant.

Le nerf de la guerre

Pour le collectif citoyen, la réalisation de ces essais techniques est essentielle pour détecter d’éventuelles faiblesses dans la structure de la ligne 9b. Ses membres ont misé sur cet aspect lors de leur passage à Pointe-Fortune.

« Ce n’est rien de moins que notre eau potable qui est à risque. Les tests hydrostatiques sont le seul moyen de garantir l’étanchéité du pipeline. La dernière fois qu’Enbridge a procédé à une inversion de flux, il y a 18 ans, l’Office national de l’Énergie a exigé ces tests. Cette fois, le pipeline subira des changements beaucoup plus importants. Pourtant, Enbridge a demandé une exemption afin de ne pas procéder aux tests. Dans ce dossier, l’Office semble faciliter la tâche de l’industrie plutôt que d’agir en protecteur de la sécurité publique », partage Katherine Massam.

Pour Donald Farmer, Enbridge priorise les impératifs financiers, plutôt que la qualité de vie des communautés où passe l’oléoduc : « Nous comprenons qu’Enbridge veuille éviter ces tests. Ils vont coûter cher et retarder la mise en marche du pipeline. Mais une rupture à Vaudreuil-Soulanges ou en dessous de la rivière des Outaouais pourrait détruire notre économie locale et notre qualité de vie ».

Différents sons de cloche

D’un côté, des experts de l’industrie, dont l’ingénieur Richard Kuprewicz, et des acteurs importants, dont le ministère de l’Énergie de l’Ontario et la Communauté Métropolitaine de Montréal, entre autres, se sont positionnés en faveur de la réalisation de ces tests.

De l’autre côté, la compagnie Enbridge explique que les tests hydrostatiques constituent une méthode ancienne qui risque d’abîmer la structure et d’en favoriser la corrosion. Elle mise plutôt sur l’utilisation du Smart pig, un appareil d’inspection interne. Cependant, certains experts ont publié des rapports exposant le fait que l’appareil de détection interne est incapable de détecter les microfissures de corrosion. La firme Dynamic Risk suggère pour sa part l’utilisation des deux méthodes, à intervalles stratégiques.

Le 26 février, la vice-présidente de l’ONÉ, LyneMercier, a indiqué que l’Office n’allait pas exiger la réalisation d’essais hydrostatiques sur la canalisation existante 9B.

Une belle réponse locale

À Pointe-Fortune, les Citoyens au Courant ont récolté des signatures pour les présenter au conseil municipal, afin d’encourager les élus à prendre position en faveur de la tenue de tests hydrostatiques.

« Nous avons été impressionnés par les citoyens de Pointe-Fortune. Ils sont soucieux de l’environnement et inquiets pour leur eau potable et leurs investissements. Nous avons fait du porte-à-porte et sur les 56 citoyens que nous avons rencontrés, 53 ont signé la demande », ajoute Katherine Massam du groupe de citoyens.

 

Qu’est-ce qu’un test hydrostatique?

L’essai hydrostatique consiste à remplir un pipeline avec de l’eau, et à le pressuriser à un niveau qui dépasse sa pression normale de fonctionnement. Ce test, qui permet d’assurer que la canalisation ne comporte aucun défaut, constitue une pratique optimale reconnue par l’Association canadienne de pipelines d’énergie.
Ce test est employé sur des pipelines nouvellement construits, et sur d’anciens pipelines, lorsque ces derniers ont été inactifs pendant plus d’un an ou pour en valider l’intégrité (norme CSA-Z662).
L’essai hydrostatique permet de vérifier que l’oléoduc est en mesure de supporter la pression maximale de service visée par un projet, et ainsi d’opérer l’oléoduc de manière sécuritaire.

 

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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