Enbridge : Complexes, ces tests hydrostatiques!

L’Office national de l’énergie trouve trop compliqué d’expliquer au public pourquoi il n’exigera pas d’essais hydrostatiques sur la canalisation 9B.

 

Le 26 février, des membres des Citoyens au Courant et de la Coalition vigilance oléoduc se sont rendus à l’École des hautes études commerciales de Montréal pour questionner Peter Watson, président de l’Office national de l’énergie, ainsi que sa vice-présidente, Lyne Mercier, au sujet de la nécessité de procéder à des essais hydrostatiques de l’oléoduc 9B d’Enbridge avant sa mise en service prévue pour le printemps.

Questionnée sur la nécessité des essais hydrostatiques, la vice-présidente de l’Office a fait écho aux arguments d’Enbridge en les qualifiant de « méthode ancienne qui pourrait abimer les conduits des pipelines déjà en service » et en ajoutant que : « le cochon intelligent [l’outil d’inspection interne] est plus performant ».

Relancée pour savoir si l’Office allait rendre publiques les preuves scientifiques justifiant sa décision, Lyne Mercier s’est contentée de dire que : « ces explications sont difficiles à communiquer au public ».

 

En dépit des réponses des dirigeants de l’ONÉ, les Citoyens au courant persistent et demanderont à leurs élus qu’ils exigent que des essais hydrostatiques soient effectués sur l’ensemble de la canalisation existante de l’oléoduc 9B avant sa mise en service.

 

Différents sons de cloche

Une telle affirmation ne reflète pourtant pas la position de l’industrie, selon les Citoyens au Courant.

Dans un rapport commandé par le gouvernement du Québec qui fait état d’un examen indépendant du programme d’inspection d’Enbridge pour la canalisation 9B, la firme albertaine Dynamic Risk précise que : « Il existe un certain nombre de stratégies permettant de gérer la menace de défaillance attribuable à la fissuration. Les deux stratégies les plus efficaces sont les épreuves hydrostatiques et les inspections internes. Pour pouvoir continuer de détecter les fissures susceptibles de se propager, il est nécessaire d’avoir recours de façon répétée à ces deux stratégies, avec des intervalles entre la mise en œuvre de chaque stratégie qui aura été soigneusement conçue, en fonction de la taille des défauts détectés et du taux de croissance des fissures ».

 

Demande pressante

 

Lors d’une conversation suivant la période de questions, Émilie Laverdure, des Citoyens au courant, a demandé à Lyne Mercier des précisions au sujet du retrait des essais hydrostatiques du protocole concernant l’examen de l’étanchéité de la canalisation 9B, sachant que ces essais sont fréquemment utilisés dans l’industrie pétrolière, et qu’ils ont été effectués sur la ligne 9 lors de la première inversion du pipeline en 1997.

Lyne Mercier lui a répondu que : « les essais hydrostatiques sont d’excellents outils de référence sur des canalisations neuves, mais l’augmentation de la pression au-dessus de la pression d’exploitation prévue risquerait de faire fuir les altérations existantes ».
Interrogée ensuite sur les effets de la corrosion externe, Lyne Mercier a conclu que : « ce n’est pas parce que l’on a des fissures ou des bosses sur notre voiture que nous arrêtons nécessairement de l’utiliser ».

Surprise par cette déclaration, Émilie Laverdure insiste sur le fait que les citoyens préféreraient un déversement prématuré d’eau, plutôt qu’un déversement de pétrole lourd.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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2 commentaires

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