Élections américaines : donner la chance au coureur

Donald Trump s’est révéillé mercredi comme le futur président des États-Unis. Photo Gage Skidmore
Donald Trump s’est révéillé mercredi comme le futur président des États-Unis. Photo Gage Skidmore

Politique – Le multimilliardaire et magnat de l’immobilier Donald Trump succédera à Barack Obama comme président des États-Unis. Si comme beaucoup d’analystes des acteurs locaux craignent ses actions, ils sont prêts à lui donner une chance de se prouver.

« Nous sommes tous un peu dans l’inconnu. Personne ne sait à quoi s’attendre après tout ce qu’a dit Donald Trump dans les mois qui ont précédé l’élection », lance Julien Turcotte, directeur général du Centre local de développement (CLD) de Vaudreuil-Soulanges. Ce dernier se trouvait justement aux pays de l’Oncle Sam, à Memphis plus précisément, pour assister à une conférence sur la logistique en économie.

« L’élection de Trump me fait penser au Brexit. Tout le monde s’attendait à la fin du monde mais la vie continue. On peut s’attendre à la même chose. » – Julien Turcotte

Donald Trump a promis à ses partisans, pendant sa campagne électorale, de revoir l’ALÉNA et de refuser le Pacte transpacifique. Julien Turcotte ne croit pas que Trump procédera en ce sens. « L’ALÉNA a été signée sous un gouvernement républicain et le Pacte transpacifique a été approuvé par un Congrès républicain. Je crois aussi qu’en arrivant en poste, il se fera expliquer certains des bons côtés des politiques de libre-échange pour l’économie américaine. En bout de ligne, les États-Unis profitent de ses ententes », poursuit Julien Turcotte.

Rappelons que l’un des dossiers économiques importants pour la région est celui du pôle logistique national qui mise justement sur des échanges commerciaux faciles et ouverts avec les entreprises américaines. Julien Turcotte croit-il que ce vaste projet pourrait être mis en danger par la vision isolationniste de Trump? « Nous demeurons dans le couloir de transport le plus important du nord-est de l’Amérique du Nord et les États-Unis sont le premier partenaire économique du Canada. Je ne crois pas que cela va changer et je ne pense pas que la région sera touchée », conclut l’administrateur.

Inquiétudes

De son côté, la députée de Salaberry-Suroît, qui représente le Nouveau Parti démocratique (NPD) soulève quelques-unes de ses craintes avec l’élection de Donald Trump comme 45e président de la République américaine. « Je suis profondément progressiste et ce qu’il propose ne me rejoint pas du tout. Je suis révoltée par plusieurs de ses positions. Il veut s’attaquer aux programmes sociaux qui avaient fait de maigres gains dans les dernières années. Il rejette aussi la notion du réchauffement climatique. Il tient un discours de division envers les hispanophones, les musulmans, les femmes, envers toutes les minorités en bref. J’ai du mal à croire que l’on se dirige vers un monde meilleur avec un président de la sorte », étale Anne Quach, elle-même fille d’immigrants.

D’autre part, la néo-démocrate espère que les politiciens pourront voir dans l’élection de Donald Trump un message et une leçon. Plus précisément, elle croit que son ascension montre qu’il est important de rester en proximité et au diapason avecla population et ne pas laisser croître la colère et le ressentiment.

« Pour une fois, on va espérer qu’un politicien ne tienne pas ses promesses », ironise la jeune députée.

Elle lance aussi un message au premier ministre du Canada Justin Trudeau. « Plus que jamais, il devra, face à Trump, défendre les valeurs canadiennes de respect, d’acceptation et de défense de l’environnement », conclut-elle.

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