Du progrès, mais il faut en parler davantage

MA Don d'organes
Signer sa carte d’assurance maladie est l’une des façons de donner son accord pour faire un don d’organe, mais l’important est d’en parler à ses proches. (Photo Yanick Michaud)

En cette semaine nationale du don d’organes, le directeur général de Transplant Québec, Nicolas Beaulieu, mentionne qu’il s’agit d’une semaine primordiale pour son organisation afin de parler aux Québécois sur l’importance de signer sa carte soleil.

Pour M. Beaulieu, l’une des solutions pour faire augmenter le nombre de personnes inscrites sur le registre du don d’organes est simple, en parler, surtout avec ses proches. En ce moment, plus d’un Québécois sur quatre (26 %) est inscrit au Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Au 31 décembre 2014, il y avait 2 020 143 consentements. Pour le Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec, c’est un peu plus d’un million d’inscriptions.

Encore aujourd’hui, les gens ont des craintes par rapport aux dons d’organes. « Il existe une certaine forme d’apathie, voire des craintes dues à des croyances », explique le directeur général de Transplant Québec. Il ajoute qu’au moins une personne sur 100 qui décède peut être un donneur potentiel, pour un total de près 300 par année, selon les estimations de Collège des médecins du Québec (étude 2009).

Lorsque quelqu’un décède et est inscrit sur le registre du don d’organes, il peut sauver jusqu’à huit vies et améliorer la santé de 20 personnes. Présentement au Québec, c’est plus de mille personnes qui sont en attente d’une greffe et l’an dernier seulement, 458 Québécois ont bénéficié d’une transplantation, grâce à la générosité de 154 donneurs décédés.

Le don vivant

Il n’y a pas qu’à son décès qu’on peut donner des organes. Il existe également le don vivant, moins courant, mais tout aussi efficace. « Plusieurs évaluations sont pratiquées sur le donneur, que ce soit sur le plan physique que psychologique, indique M. Beaulieu. On ne veut surtout pas rendre le donneur malade. Des fois il y a des complications, mais c’est très rare. Un don vivant pour faire une très grosse différence pour le receveur. »

Le directeur général invite la population à s’informer sur le don vivant sur le site internet de Transplant Québec, mais explique aussi que ce n’est pas tout le monde qui peut faire ce geste de générosité.

Encore du travail à faire

L’exemple à suivre dans ce domaine est l’Espagne, où le taux de donneur par million d’habitants (dphm) est à 35,2 tandis que le Québec est à 19,3 en 2014. Sur ce taux, le Québec a connu un petit recul par rapport à l’année précédente, pour Nicolas Beaulieu, « on travaille sur de petits chiffres. »

« Les autorités de la santé doivent mieux nous soutenir dans les hôpitaux. Il y a deux avantages à un don, par exemple, pour une greffe de rein, tout d’abord, on améliore la santé du patient de façon considérable et l’État fait une économie de 40 000 $. Ce n’est pas rien dans le contexte actuel », précise M. Beaulieu.

Toujours selon lui, il faut mieux organiser notre système de soins, faire de l’éducation et informer la population au sujet du don d’organes. « Ce n’est pas une question d’une semaine par année, mais un travail à longueur d’année. Il faut réaliser des actions concrètes sur le terrain. J’invite les gens à s’informer sur le site de Transplant Québec », souligne Nicolas Beaulieu.

Il ajoute concrètement, Transplant Québec souhaite aller dans tous les hôpitaux de la province pour faire de la sensibilisation et former le personnel. Mais le territoire est grand et c’est tout un défi qui est devant eux. M. Beaulieu conclut que « si les hôpitaux sont en mesure d’identifier des donneurs potentiels, surtout les établissements plus petits, c’est quelques personnes pourraient faire une énorme différence. »

Maxime Auger, journaliste

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