Dire oui à l’entomophagie

L’élevage d’insectes est plus écoresponsable que les animaux bovins, affirme Marie-Loup Tremblay. © Photothèque
L’élevage d’insectes est plus écoresponsable que les animaux bovins, affirme Marie-Loup Tremblay.
© Photothèque

L’aventure de Marie-Loup Tremblay

La consommation d’insectes pour l’alimentation (entomophagie) est une pratique qui relève du tabou. Marie-Loup Tremblay a décidé en 2013 de non seulement sortir du placard pour admettre son plaisir à manger des insectes, mais aussi de lancer son entreprise de production à Salaberry-de-Valleyfield.

« Je suis une épicurienne et j’ai l’esprit ouvert », explique l’entrepreneure lorsque questionnée sur les raisons qui l’ont incitée à l’entomophagie. Elle renchérit : « Je faisais du triathlon de haut niveau et je visais le Championnat du monde. J’avais des carences alimentaires et des voyages en Chine et au Mexique m’ont ouvert les yeux sur les bienfaits des insectes en alimentation. » Elle signale que les insectes sont une source riche en protéines, en vitamines et en oligo-éléments.

Après mûre réflexion, des lectures et des expérimentations, Marie-Loup Tremblay a décidé de lancer son entreprise, uKa Protéine, en 2013 à Salaberry-de-Valleyfield. « De dire ouvertement que je consomme des insectes m’a pris du temps », admet celle qui a maintenant son centre d’opération à Vaudreuil-Dorion. Elle ne se le cache pas; l’entomophagie est un sujet tabou en Amérique du Nord.

« Le tabou est très centralisé. La consommation d’insecte est répandue partout à travers le monde. Un rapport déposé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture stipule que l’entomophagie pourrait une solution contre la famine mondiale », argue la femme d’affaires.

Pour elle, inciter les Nord-Américains à la consommation d’insecte n’est pas bien différent de la popularisation des sushis en Amérique du Nord. « Il y a 20 ans, la consommation de poisson cru n’était pas normale ici, rappelle Marie-Loup Tremblay. Maintenant, des chaînes de restauration rapide en proposent. Je dis souvent aux gens que les insectes font partie de la même famille que les homards. Ce n’est pas si différent. »

Un sauté de grillons?

L’entreprise de Marie-Loup Tremblay, uKa Protéine, est la première du genre au Canada. La fondatrice prévoyait un développement lent, mais elle réalise que son projet attire les regards, d’un côté par la curiosité du public, mais aussi pour les bienfaits de l’entomophagie.

Avec ses expériences personnelles et son désir d’offrir des produits de qualité à ses clients, l’entrepreneure vend, pour l’instant, des grillons et des ténébrions meuniers séchés au gramme qu’elle élève dans ses locaux de Vaudreuil-Dorion.

« La demande est très bonne », signale Marie-Loup Tremblay.

L’attention que génère actuellement l’entreprise ainsi que l’expertise de la jeune femme dans le domaine de l’entomophagie lui vaudront un rôle de conférencière lors du Future Food Salon de Montréal du 27 au 29 août à l’Espace de vie de l’Insectarium. Il s’agit d’une première initiative du genre en sol canadien à laquelle participera Marie-Loup Tremblay le 28 août.

Elle conclut : « Manger un bon steak, c’est sûr que c’est agréable, mais j’aime diversifier mon alimentation. »

Pour obtenir plus d’information sur l’entomophagie ou pour passer une commande, visitez le www.ukaproteine.com.

À propos de l'auteur

Vous aimerez également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *