Des activistes s’enchaînent à une valve d’Enbridge

Après avoir épuisé les méthodes légales et plus traditionnelles de se faire entendre, trois activistes ont pris les grands moyens pour passer leur message.

DSC_1641Lundi, en matinée, un groupe composé de citoyens engagés s’est rendu au bout du 7e rang, à Sainte-Justine-de-Newton, là où se situe la première valve de l’oléoduc 9B d’Enbridge en sol québécois.

Trois activistes se sont enchaînés, à l’aide de cadenas de vélo, aux installations, après avoir fermé la valve. Autour du site, un campement a également été installé par un groupe de support, assurant la logistique de l’action et le lien avec les médias et les forces policières présentes sur place.

Dans l’avant-midi, deux employés d’Enbridge, chargés de la sécurité des installations, étaient également présents.

Pour les générations futures

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D’autres citoyens ont installé un campement autour de la valve pour apporter leur support aux activistes. (Stéphanie Lacroix)

Derrière la clôture de sécurité, les trois activistes répondaient avec fougue aux questions des médias.
Jean Léger, citoyen des Basses-Laurentides qui milite contre l’inversement du flux de l’oléoduc 9B d’Enbridge depuis trois ans, a d’abord souligné son manque de confiance envers l’entreprise de transport énergétique. « Nous considérons que c’est inacceptable de laisser Enbridge procéder à l’ouverture d’une canalisation aussi âgée, qui compte plus de 12 000 anomalies répertoriées. C’est une bombe à retardement cet oléoduc », a-t-il dit d’emblée.

Cependant, le message des activistes dépasse le simple projet d’Enbridge, et touche plutôt la question de la dépendance aux hydrocarbures. « Le Québec et l’Ontario ne veulent pas dépendre des hydrocarbures de façon perpétuelle. Pourtant, l’industrie est en train de s’installer pour encore une quarantaine d’années. Nous devons viser une transition énergétique le plus tôt possible », indique-t-il.

Enchaîné à la porte d’entrée du poste d’Enbridge, « Fred » renforce la position de son acolyte. « Je suis également ici à titre de futur papa. J’ai un enfant qui sera là bientôt, et je souhaite bloquer un projet qui compromet des besoins de base. Je veux que mon enfant ait accès à de l’eau fraîche et de la nourriture saine. Ce type de projet menace l’eau potable et les terres. Je ne fais pas confiance à Enbridge, car dans le passé, il y a eu des fuites majeures et une très mauvaise gestion des conséquences des déversements », laisse-t-il savoir.

À bout de souffle

DSC_1651Depuis qu’il s’intéresse à ce dossier, Jean Léger s’est impliqué grandement à travers les différents canaux de consultation. « Je milite contre 9B d’Enbridge depuis trois ans, et nous avons épuisé tous les recours que nous avions. Nous avons participé aux audiences publiques et à la Commission parlementaire. Nous jugeons que tous les mécanismes légaux mis à la disposition des citoyens ont été épuisés », dit-il, pour justifier le moyen utilisé.

« Nous sollicitons le gouvernement du Canada et Justin Trudeau à prendre position et à faire bouger le dossier », conclut-il.

Pour l’instant, les forces policières ne sont pas en mesure de dire si les activistes sont passibles de sanctions. « Pour l’instant, nous assurons une surveillance policière. Chaque cas est différent et nous devons attendre de voir comment ce cas précis évoluera », indique Joyce Kemp, agente d’informations pour la Sûreté du Québec.

Réaction d’Enbridge

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Éric Prud’homme, chef des Affaires publiques de l’est du Canada pour Enbridge. (Photothèque)

Questionné sur l’action du 7 décembre, Éric Prud’homme, chef des Affaires publiques de l’est du Canada pour Enbridge, a indiqué qu’il respectait l’engagement des citoyens. « Nous respectons le droit de ces citoyens d’exprimer leur point de vue, et nous sommes ouverts à discuter sur les besoins énergétiques du Canada », a-t-il dit.

Toutefois, il exprime ses réserves sur la méthode choisie par les activistes. « Notre premier questionnement concerne l’intégrité des installations. Ces personnes, qui prônent la sécurité de l’oléoduc, ont choisi une méthode qui peut justement nuire à leur sécurité, et à celle des installations. On ne s’improvise pas opérateur du jour au lendemain », ajoute-t-il.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Journaliste

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