Déficit de 1,7 M$ à Hudson

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Le maire de Hudson, Ed Prévost, s’est montré inébranlable et prêt à faire face à cette situation peu désirable.

C’est une onde de choc qui traverse la Municipalité de Hudson. Mardi soir, en assemblée extraordinaire, la firme de comptables Goudreau Poirier Inc. présentait les états financiers de la Municipalité. Cette dernière fait face à un déficit de plus de 1,7 M$.

« Si Hudson était une entreprise, nous ferions banqueroute actuellement », indique Ed Prévost, maire de Hudson. La situation est invraisemblable, mais vraie.

La nouvelle survient un mois et demi après l’arrestation, par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de l’ancienne directrice générale, Louise Léger Villandré, qui a travaillé à la Municipalité de 1997 à 2013. Rappelons que cette dernière fait face à 19 chefs d’accusation, parmi lesquels une fraude de l’administration municipale s’élevant à 1,1 M$.

« Les états financiers présentés mardi soir ne reflètent pas les résultats de l’année 2013, mais remontent plutôt jusqu’en 2003. Les états financiers qui ont été produits les années précédentes étaient faussés », explique Ed Prévost.

Au total, le déficit pour l’année 2013 s’élève à 1 752 939 $. Selon le maire, la firme de comptables Goudreau Poirier a tenté tant bien que mal de faire la lumière sur de nombreuses irrégularités dans les états financiers. Au terme de leur recherche, les représentants de la firme de comptable n’ont pas été en mesure d’émettre d’opinion sur la situation financière de la ville. « Selon eux, ils ne pourront pas le faire avant encore deux ou trois ans. J’ose croire qu’à ce moment, tout sera rentré dans l’ordre à Hudson. C’est une situation qu’ils n’ont jamais vécue en tout une carrière et moi non plus », commente Ed Prévost.

Abus et négligences

Cette situation de crise est d’une part due à des membres de l’ancienne administration qui ont fait preuve d’abus, mais on note également plusieurs négligences.

Les lettres de recommandations émises par l’ancienne firme de comptable à laquelle la Municipalité faisait appel n’ont jamais été acheminées au maire ni au conseil, mais uniquement à l’ancienne directrice générale.

« Les firmes ont un code de déontologie à suivre. Si, au bout d’une année, elles s’aperçoivent que la lettre n’a pas été remise aux personnes concernées, elles doivent faire état de la situation au ministère des Affaires municipales », précise Ed Prévost.

Pourtant, la Ville de Hudson n’a reçu aucune demande du MAMOT au cours des dernières années.

Le maire a d’ailleurs indiqué que des poursuites judiciaires seront intentées contre l’ancienne firme de comptables de la Ville.

Graves conséquences

Une telle situation engendrera certainement de graves conséquences pour la Ville de Hudson. « Les frais d’intérêt sur les prêts faits à la Ville pourraient considérablement augmenter », a fait savoir le maire lors de la séance extraordinaire mardi soir.

Pire encore : la Ville pourrait se voir refuser par la banque sa marge de crédit de 2,5 M$ et ne serait désormais plus en mesure de payer ses employés à compter de la semaine prochaine.

Mais le maire s’est montré rassurant : « Nous avons rencontré la Banque Nationale mercredi matin. Puisque nous sommes une nouvelle administration depuis 2013 et que nous avons une bonne réputation, la Banque a choisi de travailler de concert avec nous et nous a assuré de sa collaboration. Notre marge de crédit ne sera pas affectée », a-t-il assuré.

Parmi les solutions soulevées, il était question de placer la ville sous tutelle. En assemblée extraordinaire, les citoyens ont exprimé leurs inquiétudes quant à une possible fusion entre Hudson et les Municipalités avoisinantes, telles que Saint-Lazare.

Le maire a cependant indiqué que le conseil ferait tout en son pouvoir pour ne pas en arriver là. Ce dernier a rencontré la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, plus tôt cette semaine afin d’organiser une rencontre avec le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du Territoire, Pierre Moreau.

« Notre perte doit être financée. Normalement, c’est financé sur 5 ans, mais vu l’ampleur du déficit, le MAMOT pourrait nous accorder une permission spéciale qui prolongerait le prêt sur 10 ans », ajoute le maire.  Enfin, ce dernier affirme également que la Ville envisage la vente de certains terrains et bâtiments qui permettra de rembourser une partie du déficit.

Au lendemain de l’annonce

Bien que la situation soit déconcertante, Ed Prévost ne se laisse pas abattre. « Il est certain que des répercussions du déficit se feront ressentir dans le budget 2015, mais la hausse des taxes n’est pas particulièrement envisagée. Nous travaillerons avec acharnement pour les maintenir telles qu’elles sont », rassure le maire.

« Nous devons mettre le passé derrière nous le plus rapidement possible et travailler sur un avenir un peu plus gai et plus plaisant pour nos citoyens », conclut-il.

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