Coteau-du-Lac : Lettre ouverte de la conseillère Nathalie Clermont

DSC_3156_PhotoReduktoÀ Monsieur Guy Jasmin, maire de Coteau-du-Lac,

C’est le 3 novembre 2013 que les électeurs du district 4 me faisaient confiance en me confiant le mandat de les représenter à la table du conseil de notre belle ville, Coteau-du-Lac.

Il s’agissait de ma première expérience dans le monde municipal, toutefois, je me sentais prête à travailler fort pour prendre les meilleures décisions pour l’ensemble de la collectivité. Je croyais, naïvement, que nous pourrions débattre de l’avenir et des orientations futures, même si, tout comme moi, de nouveaux élus avaient été choisis par la population et que notre perception des objectifs à atteindre pouvait être fort différente.

À l’époque, rassurée par la présentation des dossiers par les fonctionnaires en place, j’ai pensé que nous avions un portrait global et précis qui permettrait de faire des choix éclairés et que la logique l’emporterait sur la soif du pouvoir. Encore une fois, j’ai désenchanté en voyant des personnes clés quitter l’organisation, à bout de souffle, et les autres se faire montrer la porte, au nom de l’économie, sans qu’ils aient le temps, ni la possibilité de transférer de l’information cruciale et nécessaire aux décisions futures.

Nous n’avons plus aucune mémoire à l’interne et, par le fait même, moins de compétences pour faire face aux enjeux économiques et sociaux actuels et futurs. De plus, lorsque certains d’entre nous manifestent de l’inquiétude devant des décisions douteuses, nous sommes accusés de dénigrer ceux qui sont nouvellement engagés, et même ceux qui sont restés à des postes intermédiaires. C’est incroyable de constater combien il est facile, pour vous et certains membres du conseil, d’éviter de parler des vrais problèmes, en accusant les autres de faire ce que vous avez fait sans un regard en arrière… ni surtout en avant!

Au premier anniversaire de mon mandat, à la séance du 11 novembre, la majorité du conseil, c’est à-dire Christian Thauvette, Patrick Delforge, Jacques Delisle et vous, choisissiez de remplacer les deux seules femmes du conseil à la table de la Régie de l’assainissement des eaux des Coteaux. À ce moment-là, vous nous reprochiez qu’on ne faisait pas le travail, que rien n’avançait depuis trois ans et que vous et vos « conseillers », alliez faire en sorte que nous ne soyons pas « abusés » par la Municipalité des Coteaux. Ai-je eu droit de siéger une seule fois en votre compagnie? Non! Cela faisait maintenant un an que j’y participais, et j’avais pourtant compris qu’une Régie avait pour but de mettre en commun un service, à moindre coût, au profit de l’ensemble des citoyens des municipalités membres. Si les irrégularités que vous avez mentionnées étaient réelles, alors pourquoi ne pas nous avoir transmis l’information pour que nous puissions agir? Et, n’était-ce pas également le rôle des fonctionnaires de le faire et non de favoriser notre expulsion?

Mais, comme vous l’avez si bien exprimé, nous, les femmes du conseil, nous n’avions rien à critiquer. Pourquoi? Dans votre bonté d’âme, vous nous laissiez notre mandat en ce qui a trait aux politiques culturelles et familiales… Encore une fois, vous, homme de pouvoir, laissiez présupposer par des stéréotypes de ce genre, que les femmes ne sont bonnes que pour la culture et la famille! Et, que pour les dossiers plus corsés, nous n’avions pas le profil recherché. Pouvions-nous compter sur nos collègues à la table pour refuser ce changement? Non! Malgré ma demande de bien réfléchir avant de prendre une décision aussi injuste, vos « conseillers » vous appuyaient de nouveau.

Finalement, je constate que trois élus ont été choisis par les électeurs des districts 1, 2 et 4, mais il me semble évident que seule la majorité des votes compte, et que vous exercez le vôtre pour trancher à plusieurs reprises.

Pas question pour vous de tenter de rassembler au lieu de diviser, ce qui, j’avais pensé aussi, était le rôle d’un maire.

Pouvons-nous espérer que les citoyens se lèvent pour dire que nous avons aussi le droit d’obtenir l’information pour prendre les meilleures décisions pour Coteau-du-Lac?

Il me reste cet espoir, et c’est pourquoi je continue à faire mon travail d’élue.

 

Nathalie Clermont, conseillère municipale du District no 4, Coteau-du-Lac

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