Consultations publiques sur la réussite scolaire: réfléchir pour mieux agir

Sébastien Proulx parcourt le Québec pour entre les acteurs impliqués en éducation. Photo Christopher C. Jacques
Sébastien Proulx parcourt le Québec pour entre les acteurs impliqués en éducation. Photo Christopher C. Jacques

Éducation – Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation du Québec, fait présentement une tournée des régions du Québec dans le cadre des consultations publiques sur la réussite éducative. Il était à Salaberry-de-Valleyfield lundi.

Dans ce qui était sa treizième consultation du genre depuis le lancement de sa tournée, le ministre Proulx a pu entendre les constats et les idées d’acteurs impliqués au quotidien dans l’éducation des jeunes Québécois, mais aussi de représentants de divers organismes qui voulaient formuler leurs recommandations.

Rappelons que ces consultations se veulent une large réflexionsur la vision à adopter par le gouvernement pour l’éducation. Elle vise trois grands objectifs: susciter des réflexions sur ce que devraient être les priorités pour la réussite éducative; faire émerger de nouvelles idées; développer une vision commune et innovante de la réussite éducative qui s’inscrit de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte.

Point de vue montérégien

Les commissions scolaires de la Montérégie étaient représentées à l’hôtel Plaza de Salaberry-de-Valleyfield par Andrée Bouchard, présidente du Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie (RCSM). Cette dernière a profité de la tribune qui lui était offerte pour exposer la réalité de la commission scolaire des Trois-Lacs, entre autres.

Selon Andrée Bouchard, la région se distingue par sa diversité, mais aussi par son besoin grandissant de main-d’œuvre qualifiée. Ainsi, elle milite pour des mesures afin d’encourager et de rendre accessible la formation professionnelle. Soulignons que dans Vaudreuil-Soulanges spécifiquement, de nombreuses études démontrent que le bassin actuel de travailleurs formés ne pourra combler les départs à la retraite dans les prochaines années; d’où l’importance de stimuler la formation professionnelle afin de ne pas mettre un frein à la croissance économique locale.

D’un autre côté la RCSM insiste que « la future politique sur la réussite éducative doit se traduire davantage en une vision de l’éducation qu’en des moyens d’action ». Ainsi, les commissions scolaires ne souhaitent pas voir le ministère de l’Éducation prendre trop de place dans la gestion régionale.

L’importance de la consultation

En entrevue avec VIVA média, le ministre Proulx répond à cette préoccupation. « Je visite les régions pour entendre les particularités. Partout au Québec les enjeux se ressemblent, mais toutes les régions ne partent pas de la même place », explique l’élu. Il souligne aussi qu’il n’a pas l’intention de faire du mur-à-mur en termes d’éducation au Québec. « En juin dernier, j’ai libéré un budget de 225 millions de dollars que les commissions scolaires peuvent utiliser avec flexibilité », poursuit-il.

« La tournée est une grande réflexion où tout est discuter. Nous n’avons pas de solutions toutes faites à l’avance. », Sébastien Proulx

Aux dires du ministre, les consultations publiques sont aussi importantes puisqu’elles permettent de cibler les problématiques et de trouver des solutions concrètes et globales pour y remédier.

Pour lui, cette étape doit primer sur les discussions budgétaires. « On doit trouver les leviers que l’on veut bouger avant de parler d’argent. Je ne veux pas faire plus de ce qui ne marche pas, explique Sébastien Proulx. Nous allons nous assurer que nous avons les bonnes méthodes avant d’y attribuer le budget attribué au ministère de l’Éducation. »

Le ministre de l’Éducation sera de retour à Salaberry-de-Valleyfield lundi prochain pour une deuxième journée de consultations en Montérégie.

Les enseignants veulent se faire entendre

Des enseignantes et enseignants du Syndicat de l’enseignement des Seigneuries (SES) ont manifesté lundi  devant l’Hôtel Plaza à Salaberry-de-Valleyfield où se tenaient les audiences des consultations régionales sur la réussite éducative.

Les enseignants ont tenu à souligner au ministre Sébastien Proulx qu’ils exercent tous les jours leur métier pour la réussite de leurs élèves et, en ce sens, ils sont les experts en classe.

Ils ont dénoncé plusieurs situations, en commençant par l’intégration massive d’élèves en difficulté dans les classes ordinaires, maintes fois été décriée par les syndicats d’enseignantes et enseignants. « Avec une vingtaine ou une trentaine d’élèves en classe, il est impossible pour un prof d’utiliser une approche pédagogique différente pour chacun. De plus, l’intégration des élèves en difficulté ne doit pas se faire au détriment des autres élèves ni des élèves en difficulté. Elle ne peut pas se faire non plus sans services de personnels professionnels ou de soutien. Qu’on se le dise : les classes spéciales répondent adéquatement aux besoins de certains élèves », affirme Éric Bédard, un représentant syndical.

Par ailleurs, les secteurs de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle sont souvent négligés, selon Benoît Giguère, président du SES, syndicat vaudreuil-soulangeois. « Il est temps de faire de la formation professionnelle un véritable tremplin pour nos jeunes, en misant sur des diplômes d’études professionnelles, un diplôme vraiment qualifiant, et non plus sur des attestations d’études secondaires. La commission scolaire des Trois-Lacs est la seule où l’on forme des grutiers. Qu’adviendrait-il de tous ces beaux projets d’infrastructures sans ces profs?, souligne-t-il. Il ne faut pas passer sous silence le travail des profs de l’éducation des adultes qui repêchent les oubliées et oubliés du système. Celles et ceux qui tentent de finir leur cours du secondaire pour améliorer leur avenir. Mettons fin à l’indécente précarité et au sous-financement de ces deux secteurs. Offrons-leur une stabilité qui permettra la réussite éducative pour toutes et tous », réclame Benoît Giguère.

Ce dernier se plaît à rêver que ses enfants « apprendront des connaissances sur la base d’un socle commun, à chacune de leurs années de scolarisation et que peu importe l’école qu’ils fréquenteront, ils y trouveront leur compte. Il ne faudra plus deux ans pour constater une difficulté majeure et offrir des services, voire faire redoubler un élève si nécessaire », conclut-il.

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