Chiens dangereux : Les médecins vétérinaires croient qu’une campagne d’éducation est essentielle

Les médecins vétérinaires jouent un rôle important dans l’application de divers articles de la loi 128. Pour démystifier ce rôle, VIVA média s’est entretenu avec Dre Caroline Kilsdonk, présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Comme l’indique la loi 128, à la suite d’une plainte pour morsure, les autorités municipales devront demander une évaluation comportementale du chien par un médecin vétérinaire, pour en déterminer le degré de dangerosité.

Comme l’indique Dre Kilsdonk, l’évaluation du comportement canin n’est pas un champ d’activité que maîtrisent tous les médecins vétérinaires, bien qu’ils soient de plus en plus nombreux à s’y intéresser. « Ce n’est pas tous les médecins vétérinaires qui seront à l’aise avec de telles évaluations. Certains cours sont offerts sur le sujet lors de la formation universitaire, et l’Ordre propose des cours en formation continue sur le sujet. Ce ne sera pas nécessairement possible de le faire chez tous les vétérinaires », précise-t-elle.

Déroulement d’une évaluation

Lorsqu’un chien doit subir une évaluation du degré de dangerosité, les médecins vétérinaires se basent sur une série de critères, ainsi que sur le rapport complet et détaillé de l’incident.

« Connaître tout le contexte dans lequel s’est passé l’incident est essentiel. L’évaluation est différente si le chien a mordu dans un contexte défensif ou offensif. Pour déterminer cela, il nous faut un maximum d’information », dit-elle.

En ce qui concerne les critères pris en considération, Dre Kilsdonk explique que la gravité de la morsure, la grosseur de la victime (humain ou animal), le contexte, la récidive, la séquence d’événement (l’animal a-t-il prévenu qu’il allait mordre?), la grosseur du chien et la capacité du propriétaire à prendre la responsabilité du comportement de son chien sont pris en compte dans l’analyse. À la suite de l’évaluation, le médecin vétérinaire peut assigner un degré faible, moyen ou élevé de dangerosité au chien.

Comme l’indique la présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, différentes mesures peuvent ensuite être recommandées. « Parfois, on recommande une médication. D’autre fois, les mesures peuvent être très restrictives. Par exemple, une approche de modification comportementale peut être très exigeante et efficace seulement sur le long terme  », explique-t-elle, en précisant que ce ne sont pas les médecins vétérinaires qui prendront la décision de procéder à une euthanasie.

Où sont les mesures de prévention ?

De façon générale, la loi 128 a été bien reçue dans le milieu des médecins vétérinaires. « Nous sommes content des mesures d’encadrement qui sont inclues dans cette loi. Nous saluons également les mesures visant un meilleur contrôle au niveau des éleveurs. Le milieu souhaitait également faire progresser l’idée d’un registre, et cela a été entendu », exprime Caroline Kilsdonk.

Toutefois, selon elle, il y a un grand manque au niveau de la prévention. « C’était pourtant l’un des principaux point que nous avons présenté lors des consultations. Une vaste campagne d’éducation est essentielle. Que l’on soit propriétaire d’un chien ou non, nous finissons tous par côtoyer des chiens dans notre quotidien. La prévention touche tout le monde, car le facteur humain n’est pas à négliger dans toute la question du comportement canin », conclut Dre Kilsdonk.

 

 

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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