Chaîne humaine à l’école Harwood

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Le prochain événement est prévu le 1er octobre. (Photo Myriam Delisle)
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Lili Marchand, mère engagée pour la cause. (Photo Myriam Delisle)

Le 1er septembre, parents, élèves et enseignants se sont réunis devant l’école Harwood à Vaudreuil-Dorion afin de faire valoir leur opinion en matière de financement des écoles publiques.

Le rassemblement à l’école primaire, une initiative de Lili Marchand, une maman engagée, a réuni près de 150 personnes entre 7 h 30 et 8 h mardi matin. Toutefois, le mouvement touche tout le Québec. En juin dernier, quelque 8000 parents avaient formé des chaînes humaines devant plusieurs écoles au Québec. En effet, le mouvement Je protège mon école publique prend de plus en plus d’ampleur, et c’est sans doute en raison des effets des compressions, lesquelles se font sentir même auprès des élèves.

Grâce à la médiatisation du mouvement sur les réseaux sociaux, Lili a saisi l’occasion de créer un rendez-vous similaire dans la région. « Pourquoi en banlieue on serait plus tranquilles que les autres? », s’est-elle demandée. Ainsi, elle a distribué des coupons en guise d’invitation à la chaîne humaine. « On est tous dans notre petite bulle, mais ce qui nous rejoint, c’est nos enfants », a-t-elle déclaré, agréablement surprise de la réponse positive des professeurs et parents présents. Et d’ajouter « Plus ça va, plus ils coupent, et plus nos enfants vont écoper. Tous nos services quand on va être vieux, ce sont eux qui seront là et je pense qu’il faut en prendre soin maintenant. »

Pour Lili, les coupures affectent directement sa fille, qui nécessite un encadrement pédagogique. Et tous les parents d’enfants dans la même situation devront trouver les fonds requis, alors que plusieurs frais reliés au milieu scolaire sont en hausse, pour aller chercher de l’aide à l’extérieur.

Soutien du syndicat

Véronique Lefebvre, présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil (SERV), s’est dite très heureuse de la participation de ces groupes. Dans la région, les trois écoles secondaires, soit la Cité-des-Jeunes, le Chêne-Bleu et l’école secondaire Soulanges, ont aussi démontré leur appui pour la cause grâce au regroupement Parents contre l’austérité.

« C’est significatif. Avec 350 millions en coupures cette année, et ce n’est pas la première année de coupures, on n’est plus capables de fonctionner », explique-t-elle.

« Il faut protéger les sommes dans nos conventions collectives. Quand on sort dans la rue, ce n’est pas juste pour le salaire, même si c’est très légitime compte tenu du recul de plus de 8% . C’est pour les enfants que nous le faisons », ajoute l’ancienne enseignante.

En effet, les enseignants travaillent énormément pour offrir le meilleur aux enfants.

Ainsi, il n’est pas rare que des professeurs paient de leur poche pour du matériel scolaire, selon Véronique. « Certains courent les ventes de garage en fin d’année scolaire pour se procurer des articles, des jeux… » Les éducateurs s’habituent à une certaine façon de faire et subitement, avec les manques de fonds, ils doivent s’adapter, changer de procédure ou fournir le matériel dont ils ont besoin.

Coupures abondantes

Plus concrètement, le gouvernement a coupé le service de francisation, donc les enfants qui n’ont plus le spécialiste éprouvent de la difficulté à suivre les cours avec les autres. Évidemment, ça alourdi la tâche de l’enseignant. De plus, Véronique confirme qu’un psychologue manque à l’appel dans une des écoles. « Quelqu’un est en congé de maternité et puisqu’il faut couper, elle n’a pas été remplacée. » Conséquemment, les délais sont prolongés, notamment dans les cas où un diagnostic est requis. La commission scolaire des Trois-Lacs fonctionne maintenant avec trois conseillers pédagogiques en moins, et doit se débrouiller avec un minimum d’heures de techniciens en éducation spécialisée. Et en matière d’orthopédagogues, les écoles seraient également sous le ratio acceptable, puisque le nombre d’élèves ne cesse de croître. « L’éducation, c’est rendu comme la santé. On est dans un tournant. Le gouvernement investit dans la bureaucratie mais oublie d’investir dans la classe directement. C’est pour ça qu’on continue à se battre. On va les [les parents] encourager à poursuivre », poursuit la présidente du SERV.

« Mon premier souhait, c’est que le gouvernement négocie de bonne foi. On ne peut pas couper dans l’avenir du Québec. »

Véronique tient aussi à rassurer les parents qui sont moins au fait de la situation. « Il n’y a aucune altération à notre travail. Les élèves sont notre priorité. Le 32 heures est fait. »

Selon elle, les élèves ont été accueillis en bonne et due forme pour la rentrée automnale. Même si, à l’école Harwood, la grande fête de la rentrée n’a pas eu lieu, les jeunes étaient ravis d’entamer la nouvelle année scolaire.

Les parents désireux d’en apprendre plus sur le mouvement peuvent suivre la page Facebook Je protège mon école publique.

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Myriam Delisle

Journaliste

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