Abolition des élections scolaires: «Ça sent l’improvisation», Francine St-Denis

Colette Frappier et Francine St-Denis déplorent le climat d’incertitude qui flotte dans les bureaux de la CSTL.
Colette Frappier et Francine St-Denis déplorent le climat d’incertitude qui flotte dans les bureaux de la CSTL.

Éducation – C’en est fini des élections scolaires. La décision semble définitive pour le ministre de l’Éducation François Blais. La présidente de la commission scolaire des Trois-Lacs (CSTL), Francine St-Denis déplore la prise de position ministérielle.

L’idée de voir cette démarche électorale disparaître existait dans les officines gouvernementales déjà à l’époque où Yves Bolduc occupait le poste de ministre de l’Éducation. La faible participation aux dernières élections scolaires (5%) semble avoir convaincu le gouvernement Couillard d’aller de l’avant avec leur abolition pure et simple pour la rentrée 2016.

Francine St-Denis préside la CSTL depuis le 2 novembre dernier, la date probable des dernières élections scolaires qu’aura connu le Québec. Elle se questionne sur la vision du gouvernement derrière l’abolition des élections scolaires. « Ça sent l’improvisation, laisse tomber la présidente. On ne peut pas prendre un virage comme ça sans auparavant consulter la population et les gens du milieu.»

La Fédération des commissions scolaires du Québec a été mise devant les faits accomplis lundi soir. « Nous nous attendions à voir évoluer le dossier des fusions des commissions scolaires avant de passer à autre chose. La question des élections est apparue comme ça. C’est un manque de respect que les commissaires aient appris cette décision par les médias », commente Francine St-Denis.

Elle voit aussi de l’improvisation dans les plans sur la taxation. Pour l’heure, la CSTL n’a eu aucune information sur les modifications aux taxes scolaires après la disparition des élections scolaires. Rappelons que le pouvoir de taxation d’une structure, dans les démocraties occidentales, est contrebalancé par une représentativité issue d’une élection comme c’est le cas pour les gouvernements et les municipalités.

Faible participation

Pour la présidente, le gouvernement et ses représentants aurait dû encourager la participation aux élections scolaires plutôt que de les abolir tout simplement. « Le conseil des commissaires s’occupe de s’assurer que tous les enfants sous son territoire aient accès à des services de qualité. C’est une responsabilité importante. Or, aux dernières élections, des figures publiques comme François Legault ont encouragé les électeurs à ne pas se prévaloir de leur droit de vote », se désole Francine St-Denis.

Les structures avant les élèves?

Pour sa part, Colette Frappier du Service du secrétariat général et des communications à la CSTL se désole du peu de place fait aux élèves dans les démarches gouvernementales.

« On parle beaucoup ces temps-ci de fusions, de structures et de réaménagement, mais on dirait que personne ne se questionne sur les retombées sur les élèves. Ce sont ces derniers qui sont notre priorité et rien de ce qui est annoncé ne montre un avantage pour eux. Il serait important de les replacer, ainsi que les services que l’on leur offre, au centre de considérations », conclut la porte-parole.

 

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