Lutter contre la maltraitance des aînés

Entre 4 et 7 %, des aînés de la province sont victimes d’une forme d’abus. Ainsi, dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, entre 7000 et 11 000 aînés connaissent la maltraitance. Des organismes de la région souhaitent agir.

DSC_0346Le Grand Rassemblement des Aînés de Vaudreuil et Soulanges (G.R.A.V.E.S) et ses divers partenaires lançaient le 25 février le Plan d’action 2015-2017 contre la maltraitance et les abus envers les aînés de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, nommé le projet SAVA (Soutien aux aînés victimes d’abus).

L’objectif du SAVA n’est pas d’initier des projets, mais de soutenir les initiatives locales dans les 5 MRC du territoire, dont celle de Vaudreuil-Soulanges. Pour ce faire, l’équipe du SAVA encourage le travail intersectoriel entre les différents acteurs du milieu (organismes, corps policier, domaine de la santé), afin que chaque communauté puisse contrer les abus et l’intimidation.

Les différents types d’abus : – Maltraitance physique – Maltraitance émotionnelle – Maltraitance sexuelle – Maltraitance matérielle ou financière – Violation des droits de la personne – Négligence

Ainsi, le SAVA mène ses activités sur 5 volets : concertation et gouvernance, portrait du territoire, information-sensibilisation-promotion, formation et intervention. En mettant des ressources à la disposition des intervenants, le SAVA vise à outiller ses partenaires pour une meilleure gestion des cas d’abus.

Le SAVA s’adresse aux personnes de plus de 50 ans, bien que la société attribue plus fréquemment le titre d’aînés aux personnes de plus de 65 ans.

« Nous avons choisi d’inclure dans notre mandat la tranche d’âge 50-64 ans, dans une perspective de prévention. Plus tôt on agit pour éviter les situations d’abus, plus tôt les citoyens seront sensibilisés et sauront reconnaître les signes révélateurs », a laissé savoir Anne Laroche, chargée de projet du SAVA.

Des campagnes de promotion seront organisées dans les mois à venir pour démystifier la notion de maltraitance. Pour toutes questions sur le projet SAVA, ou pour mieux connaître les ressources dédiés aux aînés dans Vaudreuil-Soulanges, visitez le www.legrave.com ou composez le 450 424-0111.

Lorsque le geste devient criminel

La SQ participe étroitement aux tables de concertation sur l'abus aux aînés dans Vaudreuil-Soulanges.
La SQ participe étroitement aux tables de concertation sur l’abus aux aînés dans Vaudreuil-Soulanges.

Tracer la ligne entre l’intervention sociale et l’action policière, entre un geste nuisible pour la qualité de vie et un geste criminel, n’est pas toujours évident. C’est pourquoi la Sureté du Québec collabore avec les acteurs du milieu communautaire dans les situations de maltraitance envers les aînés, entre autres.

« Nous accordons une grande importance à faire partie des tables de concertation, pour agir dans le meilleur intérêt des citoyens dans des cas comme cela », laisse savoir Bruno Beaulieu, agent de relation avec la communauté dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges, pour la Sureté du Québec.

Collaboration directe

Dans Vaudreuil-Soulanges, la Sureté du Québec collabore avec le Groupe d’intervention violence aux aînés (GRIVA), pour sensibiliser la population et agir en cas de besoin.

En cas de besoin, on rejoint la Ligne Aide Abus Aînés au 1-888-489-ABUS (2287)

Lorsqu’un cas est signalé à un organisme ou au corps policier, ou observé par un professionnel de la santé, le GRIVA se rencontre pour établir une stratégie d’intervention. Une approche peut par exemple être réalisée lors d’un rendez-vous médical.

«Souvent, les aînés ne dénoncent pas la maltraitance, car elle est réalisée par un proche. La victime ne souhaite pas nécessairement porter plainte et amorcer une démarche juridique, mais simplement que le comportement abusif cesse. Ensemble, nous pouvons donc intervenir de différentes façons pour améliorer la qualité de vie de la personne », ajoute-t-il.

Et souvent, les aînés rencontrés par les intervenants n’évaluent pas la situation vécue comme abusive. « Dans les campagnes de sensibilisation, certains aînés sont surpris de voir qu’ils vivent au quotidien des situations d’abus. Par exemple, si un proche leur emprunte fréquemment de l’argent sans rembourser, ou qu’un aidant lui empoigne agressivement le bras en manquant de patience lors d’un déplacement, c’est de la maltraitance », détaille-t-il.

Les personnes coupables de maltraitance, membres de la famille ou non, sont bel et bien susceptibles de faire face à des accusations criminelles. « Selon le cas, ces personnes peuvent être accusées en bonne et due forme de fraude, de voie de fait, d’intimidation ou de harcèlement », précise le sergent Bruno Beaulieu.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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