Analphabétisme : un enjeu aussi régional

Le portrait avantageux de Vaudreuil-Soulanges cache d’autres enjeux comme l’analphabétisme fonctionnel.
Le portrait avantageux de Vaudreuil-Soulanges cache d’autres enjeux comme l’analphabétisme fonctionnel.

Société – L’organisme d’alphabétisation et de francisation COMQUAT souffle trente bougies. Même si le contexte a changé, les besoins en la matière demeurent présents.

« Le préjugé de l’assisté social qui ne sait pas lire ou écrire ne tient pas. La majorité des analphabètes occupent des emplois, ont des enfants et vivent normalement », explique Lise Cayer, directrice de l’organisme depuis bientôt 10 ans.

Elle souligne qu’avec l’évolution rapide des moyens de communication et l’informatisation des processus sur le marché du travail, une bonne connaissance du français écrit devient indispensable.
« Beaucoup des gens qui bénéficient de nos services d’alphabétisation occupent un emploi, mais doivent perfectionner leur capacité à lire et à écrire pour s’adapter au monde du travail. Je prends pour un exemple un machiniste à qui l’on remplace son outil de travail par une nouvelle machine qui fonctionne grâce à un ordinateur. S’il a du mal à lire, il ne pourra pas être efficace. On voit souvent le nombre d’accidents de travail augmenter dans des entreprises qui changent d’équipement; c’est un signe », indique la responsable.

Il y a aussi ces cas où certains désirent réintégrer le marché du travail après un congédiement sans avoir de diplôme. COMQUAT propose une préparation pour faciliter la reprise de la formation secondaire. Lise Cayer rappelle, de plus, l’exemple de ces mères d’enfants d’âge scolaire qui réalisent qu’elles ont du mal à aider leurs petits avec les devoirs et les leçons.

Pour s’assurer le meilleur taux de réussite possible, l’organisme communautaire favorise le travail en petits groupes et une approche personnalisée. Ses responsables lanceront prochainement de nouveaux ateliers pour faciliter, plus précisément, le retour sur le marché du travail. Ils proposent, de surcroît, des ateliers d’écriture et de conversation.

Une autre réalité

Le portrait de la région de Vaudreuil-Soulanges a beaucoup changé dans les dernières années avec l’arrivée de nouveaux arrivants. Ce phénomène a apporté de nouveaux défis et des nouvelles opportunités pour l’organisme COMQUAT.

Depuis 2007, elle offre un programme complet de francisation pour les immigrants qui choisissent de s’établir dans la région.
« C’est une réalité nouvelle. Nous avons dû adapter nos services, poursuit Lise Cayer. Certains immigrants parlent déjà bien le français, mais ils doivent s’habituer à l’accent québécois. »

D’une façon ou d’une autre, la mission de COMQUAT demeure la même; faciliter l’intégration à la société et au marché du travail. Pour en apprendre davantage sur les services, communiquez avec COMQUAT au 514 453-3632.

Jeunes et analphabètes

Selon certaines données, la moitié des Québécois adultes lisent difficilement. Cette réalité touche aussi les plus jeunes. « Un diplôme secondaire ne garantit pas que l’on sait lire », laisse tomber Sylvie Veilleux, directrice générale du Carrefour Jeunesse-Emploi de Vaudreuil-Soulanges. Elle voit au quotidien les conséquences de l’analphabétisme sur les moins de 30 ans.

« Certains sont capables de lire, mais ils ne sont pas en mesure de retenir ce qu’ils lisent. Ça devient complexe pour eux avec les consignes. C’est aussi difficile dans des tâches qui nécessitent un ordinateur », révèle la gestionnaire.

Pour elle, de jeunes analphabètes seront en mesure de fonctionner sans être tout à fait à l’aise avec l’écriture et la lecture, mais la situation peut se compliquer dans certains cas. « Si on prend l’exemple d’un jeune qui commence à travailler à 16 ans dans un emploi qui nécessite peu de lecture, tout va bien, explique Sylvie Veilleux. Mais s’il finit par perdre cet emploi et qu’il doit se replacer sur le marché du travail, ses limites deviennent plus flagrantes. »

Elle est consciente que bien des jeunes qui finissent à peine leur scolarité ne seront pas enclins à y retourner pour le français, mais elle argue que c’est un défi tout à fait réaliste.

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